Le jour se levait sur Ligther, mais la lumière semblait plus pâle que d’ordinaire. Peut-être était-ce dans les esprits des Leger que s’étendait cette ombre nouvelle. Depuis les révélations de la veille, chaque membre de la famille avait changé de regard. La confiance était restée, mais elle s’était durcie, comme trempée dans l’acier. L’heure n’était plus à l’innocence.
Léo se tenait sur le toit de la maison, un casque audio sur les oreilles, les yeux fixés sur l’horizon. Il avait besoin de solitude pour penser, mais surtout pour se préparer. Car désormais, ce n’était plus une question de « s’ils reviennent », mais de « quand ».
Gabriel le rejoignit sans un mot. Il s’assit près de lui, les jambes croisées.
— T’arrives à réfléchir ici ? demanda-t-il après quelques secondes.
Léo sourit légèrement sans quitter des yeux les immeubles au loin.
— Ici, tout me paraît plus clair. Pas de murs, pas de mensonges. Juste le ciel.
Gabriel hocha la tête.
— Papa nous a tout dit hier soir. Mais j’ai l’impression qu’il y a encore des choses qu’on ignore.
— Il y en aura toujours, dit Léo. Mais il a commencé à nous faire confiance. C’est un début.
Le silence retomba, mais il n’était plus pesant. Il était complice.
Gabriel reprit :
— Tu crois qu’on pourra faire quelque chose, nous ? Contre ce "Consortium" ?
Léo le regarda enfin.
— On n’a peut-être pas leur argent, ni leur influence. Mais on a autre chose. L’avantage de connaître la vérité. Et l’envie de protéger les nôtres.
Ils échangèrent un regard déterminé. L’époque des doutes était terminée.
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Dans le salon, Jordan était assis devant une grande feuille blanche posée sur la table. Il traçait des cercles, des flèches, des noms. C’était son champ de bataille, et il commençait à y placer ses pions.
Elise entra, portant deux tasses de café. Elle en déposa une devant lui.
— Tu travailles déjà ?
— Je ne dors plus très bien, répondit-il sans lever les yeux.
Elle s’assit en face.
— Tu comptes les affronter de front ?
— Non. Pas encore. Il faut d’abord savoir qui est encore de notre côté. Et qui a changé de camp.
— Et les enfants ?
Jordan marqua une pause.
— Ils sont plus intelligents et plus courageux que je ne l’aurais cru. Mais je ne veux pas qu’ils s’enflamment trop vite. La guerre qu’on mène ne se gagne pas avec des poings. Elle se gagne avec des preuves. Des alliances. Des informations.
Elise fronça les sourcils.
— Et tu penses à quelqu’un ?
Jordan hocha lentement la tête.
— Il y a une personne. Un ancien partenaire. Il connaît bien les mouvements du Consortium… mais c’est un pari risqué.
— Comment il s’appelle ?
Jordan hésita, puis murmura :
— Elias Deran.
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Pendant ce temps, Fresh marchait seul dans les rues de Ligther. Il avait refusé l’invitation de Léo à rester une nuit de plus. Il avait besoin d’espace, de recul. Et surtout, de réponses.
Son téléphone vibra.
Message de son père :
“On doit parler. Ne dis rien à personne. Je t’attends à l’ancienne station-service, 11h.”
Fresh s’arrêta. Il lut le message plusieurs fois. Il n’avait pas entendu parler de son père depuis des semaines. C’était inhabituel… et inquiétant.
Il inspira profondément, puis accéléra le pas.
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Au lycée, Luna attendait devant les grilles. Elle avait les bras croisés, le regard inquiet. Quand elle vit Léo arriver, elle s’éclaircit la voix, nerveuse.
— Tu es en retard.
Léo haussa les épaules.
— J’avais besoin de réfléchir.
Elle s’approcha, l’air sérieux.
— J’ai fouillé dans les papiers de mon père cette nuit. J’ai trouvé des lettres, des documents… Certains parlent de transactions, d’achats de bâtiments autour du port. Je crois qu’il prépare quelque chose.
— Tu as pu les prendre en photo ?
Elle hocha la tête, puis sortit son téléphone. Léo regarda rapidement les clichés. Des noms. Des montants. Une carte de la ville.
— C’est énorme, souffla-t-il. Il faut que je montre ça à mon père.
— Attends… tu crois qu’il te croira si tu lui dis que ça vient de moi ?
Léo leva les yeux vers elle.
— Je lui dirai que c’est moi qui les ai trouvés. Je ne veux pas que tu sois mêlée à ça plus que nécessaire.
Luna lui saisit le bras.
— Non. Je veux être impliquée. S’ils préparent quelque chose contre ta famille, c’est aussi mon problème.
Ils se regardèrent en silence. Léo hocha doucement la tête.
— D’accord. Alors on fait ça ensemble.
Jordan Leger avait convoqué une réunion de famille improvisée dans le bureau du rez-de-chaussée. Les volets étaient tirés, les lumières tamisées. Le parfum de bois ciré se mêlait à l’odeur du café froid. Léo, Gabriel, Elise et lui étaient réunis autour de la grande table.
— Léo, commence, dit Jordan. Qu’est-ce que tu as découvert ?
Le jeune homme sortit son téléphone et projeta les photos de Luna sur l’écran du bureau. Les documents s’affichèrent : des plans, des listes d’investissements, des sigles codés que Jordan reconnaissait pour certains. Il observa les images avec un froncement de sourcils.
— Ce sont des acquisitions légales, mais très ciblées. Entrepôts, anciens docks, vieilles imprimeries… Des lieux parfaits pour faire transiter discrètement des marchandises ou pour organiser des réunions sans témoins.
— Donc, ce n’est pas juste un projet d’expansion ? demanda Gabriel.
— Non, répondit Jordan. C’est un déplacement stratégique. Ils essaient de prendre le contrôle de Ligther sans alerter les autorités. Un pas après l’autre.
Elise prit la parole à son tour.
— Il faut prévenir nos anciens contacts. Si Lucky tire les ficelles, il ne travaille probablement pas seul. Ce Consortium, tu penses qu’ils sont déjà infiltrés à la mairie ?
— Pas seulement à la mairie, répondit Jordan. Ils ont sûrement des relais dans la police, les médias… Peut-être même chez certains de nos anciens employés.
Léo serra les poings.
— On fait quoi maintenant ?
Jordan le fixa.
— Maintenant, on contre-attaque. Mais pas comme ils s’y attendent.
Il ouvrit un tiroir et en sortit une clé USB.
— Voici les premiers fichiers de notre base de données. Toutes nos anciennes transactions, nos anciens clients, nos anciens partenaires. Tu vas t’en servir pour repérer qui est resté loyal.
— Et s’ils ne le sont plus ? demanda Léo.
Jordan répondit sans détour :
— Alors ils deviennent nos ennemis.
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Pendant ce temps, Fresh se tenait devant l’ancienne station-service, les bras croisés, l’esprit embrouillé. L’endroit était désert, à moitié envahi par les herbes hautes. Des carcasses de voitures rouillées dormaient dans l’ombre des pompes abandonnées.
Une portière grinça. Un homme en costume sombre descendit d’une vieille berline. C’était lui. Son père.
— Fresh, dit-il simplement.
— Tu m’as fait venir ici, répondit le jeune homme, méfiant. Pourquoi ?
L’homme s’approcha, ses traits marqués par les années et par l’inquiétude.
— Parce que je devais te dire la vérité. Et je ne pouvais pas le faire ailleurs.
Fresh plissa les yeux.
— Quelle vérité ?
Le silence fut long. Puis son père souffla :
— J’ai travaillé pour eux, Fresh. Le Consortium. Pendant trois ans.
Le monde de Fresh s’écroula sous ses pieds.
— Tu plaisantes ?
— Je n’ai jamais voulu ça, dit-il rapidement. Mais ils m’ont coincé. Soit je collaborais, soit ils faisaient tomber l’entreprise. Et moi avec.
Fresh recula d’un pas.
— Et maintenant ?
— Maintenant, je veux réparer ce que j’ai fait. J’ai commencé à enregistrer des conversations, à collecter des preuves. Mais je suis surveillé. J’ai besoin de toi.
— Pourquoi moi ?
— Parce que tu es le seul à qui je peux encore faire confiance.
Fresh resta figé, le cœur battant.
— Et qu’est-ce que tu veux que je fasse ?
Son père sortit une petite enveloppe de sa veste.
— Apporte ça à Jordan Leger. Sans te faire repérer.
Fresh prit l’enveloppe. Il sentit que le papier à l’intérieur était épais, lourd. Un document important.
— Et après ?
Son père regarda autour de lui, nerveux.
— Après, je disparais. C’est la seule manière de vous protéger tous.
Fresh serra l’enveloppe contre lui, sans répondre.
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De retour chez les Leger, Léo s’était enfermé dans sa chambre. Il faisait défiler les fichiers sur l’écran de son ordinateur, essayant de faire des recoupements entre les entreprises ciblées par le Consortium et celles fondées ou financées autrefois par sa famille.
Un nom attira son attention : NOVA INDUSTRIES. Une ancienne filiale rachetée en partie par le groupe de son père, puis revendue à un mystérieux investisseur quelques mois plus tôt. Les nouveaux propriétaires étaient introuvables. Aucune photo. Aucune trace légale directe. Mais les initiales du dirigeant étaient visibles : L.D.
Léo fronça les sourcils. Ce n’était pas les initiales de Lucky.
— Luna Deran, murmura-t-il.
Il saisit son téléphone et composa son numéro.
— Allô ? Luna ?
— Oui, qu’est-ce qu’il y a ?
— Tu as dit que ton père travaillait pour plusieurs entreprises… Tu sais s’il est lié à Nova Industries ?
Luna eut un silence, puis répondit à voix basse :
— Je… Je crois que c’est lui qui l’a fondée. Pourquoi ?
Léo s’appuya contre le mur.
— Parce que je crois que ton père fait aussi partie du Consortium.
Le silence entre Léo et Luna était pesant. À l’autre bout du fil, elle semblait chercher ses mots.
— Tu crois que mon père… est dangereux ? demanda-t-elle.
Léo hésita, puis répondit franchement :
— Je crois que ton père est impliqué dans quelque chose de beaucoup plus gros que toi et moi. Et je pense qu’il te cache des choses.
Luna soupira, sa voix tremblante.
— Il a toujours été distant. Occupé. Je pensais que c’était normal… Mais depuis que je suis à Ligther, il m’appelle tous les jours. Il s’inquiète. Il insiste pour que je reste discrète, que je ne parle à personne de lui.
— Il sait que tu me vois, pas vrai ?
— Oui. Et il m’a dit de ne rien te dire.
Un long silence s’installa.
— Luna, il faut que tu sois honnête avec moi. Tu es en danger ?
— Je ne sais pas, Léo… J’ai l’impression qu’il me surveille. Même ici.
Léo sentit une vague de froid le parcourir.
— Écoute, on va trouver un moyen de t’aider. Mais pour ça, il faut que tu restes prudente. Et que tu ne lui dises rien sur cette conversation.
— Promis.
Léo raccrocha, le cœur battant. Il savait qu’il marchait sur un fil tendu. Luna était peut-être un pion malgré elle… ou pire : une pièce centrale qu’on avait placée dans sa vie pour l’espionner.
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Au même moment, Fresh traversait la ville à pied, l’enveloppe toujours dans sa poche. Il avait refusé de prendre sa moto. Trop visible. Il savait que s’il se faisait suivre, l'information qu’il transportait pourrait mettre en danger la famille Leger — et lui-même.
Il arriva devant la maison des Leger, essoufflé. Elise lui ouvrit.
— Fresh ? Tu as couru ?
— Je dois voir Jordan. C’est urgent.
Quelques secondes plus tard, Jordan l’accueillait dans le bureau.
— Qu’est-ce que tu as là ?
Fresh tendit l’enveloppe. Jordan l’ouvrit. À l’intérieur : des documents contractuels, des relevés bancaires, des courriels imprimés… tous liés à Nova Industries et à une société-écran du Consortium. Et au bas de chaque page, une signature.
— L. Deran, lut Jordan à voix haute. Ce nom m’est familier.
Fresh hocha la tête.
— C’est le père de Luna.
Jordan leva un sourcil.
— Intéressant. Très intéressant.
— Il m’a dit qu’il voulait réparer ses erreurs, ajouta Fresh. Mais qu’il devait disparaître ensuite.
Jordan ferma les yeux un instant, comme pour réfléchir.
— Tu as bien fait, Fresh. Ces documents peuvent nous donner un levier. Pas pour attaquer de front… mais pour négocier.
— Tu penses qu’on peut retourner la situation ?
— Pas encore. Mais on a une ouverture.
Il se leva, déterminé.
— Léo doit voir ça immédiatement.
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Le soir tomba sur Ligther. La maison des Leger baignait dans une lumière chaude, presque apaisante. Mais sous cette façade tranquille, l’agitation régnait. Autour de la table du salon, Jordan, Elise, Léo, Gabriel et Fresh étudiaient les documents.
Gabriel prit une page.
— Nova Industries a racheté plus de dix entrepôts en périphérie de la ville. Tous connectés par des voies secondaires, des rues oubliées…
— Des routes parfaites pour faire passer des camions, des matériaux, peut-être même des armes, ajouta Léo.
Jordan hocha la tête.
— Ils préparent quelque chose. Une opération. Et si Luna n’est pas au courant, elle est peut-être en danger.
Elise posa sa main sur celle de son mari.
— Il faut la protéger.
Léo acquiesça. Puis, en regardant les autres :
— Je crois qu’il est temps qu’on rassemble nos alliés.
Gabriel sourit légèrement.
— Tu parles de notre vieille équipe ? De ceux qui travaillaient pour papa à l’époque ?
— Oui. Ceux qui sont restés fidèles. Et ceux qu’on peut convaincre.
Fresh les regarda un à un.
— Vous comptez faire quoi, au juste ?
Jordan répondit calmement :
— On va reprendre ce qui nous appartient. Ligther n’est pas à vendre.
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À des kilomètres de là, dans un salon luxueux décoré de cuir noir et de verre, un homme d’apparence froide observait la ville depuis la baie vitrée.
L. Deran, téléphone en main.
— Ils ont trouvé les documents.
Une voix grave répondit à l’autre bout du fil :
— Cela fait partie du plan.
— Et la fille ?
— Elle doit rester proche du garçon. Il est la clef.
L’homme hocha la tête, le regard dur.
— Alors le jeu commence.
Le lendemain matin, la ville de Ligther s’éveillait lentement, comme si elle ignorait encore les tensions souterraines qui y couvaient. Les rues paraissaient calmes, mais une tempête se préparait.
Léo, assis dans la cuisine familiale, fixait son bol de céréales sans vraiment le voir. La conversation de la veille lui revenait sans cesse en mémoire : Luna, le Consortium, les documents de Deran… et ce sentiment grandissant qu’il n’était plus un simple étudiant, mais l’un des maillons d’un conflit bien plus vaste.
— Tu comptes aller en cours aujourd’hui ? demanda Gabriel, en se servant un verre de jus d’orange.
— J’y vais, ouais. Il faut que je parle à Luna.
Gabriel hocha la tête.
— Tu crois qu’elle est de notre côté ?
— Je ne sais pas. Je pense qu’elle est perdue au milieu de tout ça. Comme nous, au début.
— Alors tu comptes lui dire ce qu’on a appris ?
— Pas tout. Pas encore. Je veux la voir réagir.
Gabriel posa une main sur son épaule.
— Sois prudent, Léo. Cette fois, c’est plus qu’un simple jeu.
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À la faculté, Luna attendait devant le bâtiment principal, assise sur les marches, les yeux levés vers le ciel. Quand elle aperçut Léo arriver, elle se leva aussitôt.
— Je t’attendais, dit-elle, un peu nerveuse.
— Moi aussi, répondit-il avec un demi-sourire.
Ils marchèrent ensemble en silence jusqu’au fond de la cour, à l’écart des autres étudiants. Luna s’arrêta, le regard inquiet.
— Mon père m’a rappelée cette nuit. Il m’a demandé si je te faisais confiance.
Léo fronça les sourcils.
— Et tu lui as dit quoi ?
— Que oui. Que tu n’étais pas un danger.
— Tu crois qu’il te manipule ?
Elle baissa la tête.
— J’en sais rien. Tout est flou. Parfois, j’ai l’impression qu’il me protège. Et d’autres fois, qu’il se sert de moi.
Léo inspira profondément. Il sortit un petit dossier plié de son sac.
— Luna… ce que je vais te montrer ne vient pas de moi. Ce sont des documents signés de ton père. Je veux que tu les lises.
Elle ouvrit le dossier. À mesure qu’elle parcourait les pages, son visage se fermait. Les relevés bancaires, les montages financiers, les transactions illégales… tout y était.
— Je... je ne peux pas croire ça, murmura-t-elle.
— Moi non plus. Mais les preuves sont là.
Luna leva vers lui un regard mêlé de détresse et de colère.
— Pourquoi il ferait ça ? Pourquoi il me mentirait ?
Léo s’approcha doucement.
— Peut-être qu’il essaie de te protéger. Ou de garder le contrôle. Peut-être qu’il t’aime à sa manière. Mais s’il est impliqué avec le Consortium… alors on ne peut pas rester passifs.
Elle referma le dossier d’un geste brusque.
— Je veux l’aider, Léo. Pas le perdre.
— Alors aide-moi à découvrir ce qu’il prépare vraiment.
Elle hésita. Puis hocha la tête.
— D’accord. Je suis avec toi.
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À quelques rues de là, Jordan Leger s’entretenait discrètement avec un homme plus âgé, au visage buriné par les années.
— Tu sais pourquoi je suis venu te voir, Étienne ?
L’homme, ancien collaborateur de Jordan dans les premiers jours de son entreprise, tira une bouffée de sa cigarette.
— Parce que la guerre revient, et que tu as besoin de soldats.
Jordan esquissa un sourire.
— Je préfère dire : des hommes de confiance.
— Tu peux compter sur moi. Mais sache que ceux du Consortium ne sont pas comme avant. Ils ont changé. Plus discrets. Plus dangereux.
Jordan acquiesça.
— Je sais. C’est pour ça qu’on doit être plus malins.
Étienne tendit la main.
— Alors, à la guerre.
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Ce soir-là, dans la maison des Leger, la salle de séjour s’était transformée en quartier général. Autour de la table : Jordan, Elise, Léo, Gabriel, Fresh… et deux nouveaux venus : Étienne, et une femme d’environ quarante ans, énergique et vive, prénommée Cassia — ancienne responsable logistique de l’une des premières entreprises Leger.
— Voici l’équipe de base, déclara Jordan.
Cassia, bras croisés, lança :
— Et c’est quoi le plan ?
— On ne peut pas attaquer frontalement Nova Industries. Pas encore. Mais on peut saboter leurs préparatifs, comprendre leurs itinéraires, perturber leurs envois.
— Une guerre d’usure, conclut Étienne.
Léo ajouta :
— Et pour ça, on aura besoin d’un réseau. D’un vrai. Pas seulement des anciens. Des jeunes aussi. Des gens comme Fresh, comme nous.
Fresh haussa un sourcil, un sourire au coin des lèvres.
— Alors on joue les espions ?
— Non, dit Elise. On joue pour notre avenir.
Un silence se fit, solennel. Puis Jordan conclut :
— Le premier objectif : découvrir où se trouve leur centre opérationnel. Et pour ça, on va devoir bouger.
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Dans un bureau obscur de Nova Industries, un homme recevait un message sur son écran. Le visage impassible, il lut :
"Les Leger s’organisent. Et ils ont Luna. Protocole Z activé."
L’homme sourit, sinistre.
— Le piège se referme.