Chapitre 3 : LES PRÉPARATIFS DE LA GUERRE

506 Words
Le jeune roi Ongola‑Ekang se tenait devant la carte, entouré de ses généraux et de quelques conseillers de confiance. Les contours des royaumes ennemis et neutres étaient dessinés avec soin, mais il savait que la vraie bataille n'était pas sur le papier. Kolo Beti plissa les yeux. — Ton plan repose sur la loyauté de Nanga-Mbarga, dit-il lentement. Et je te rappelle qu’il est mercenaire. Sa loyauté se vend. Fuda Ewondo, toujours plus subtil, ajouta : — Mais sans ses forces, nous perdrions avant même de frapper. Ekang hocha la tête, déterminé. — Alors nous payons le prix. Nous les acceptons comme ils sont. Dans une tente spacieuse, éclairée par des torches vacillantes, Ekang et Nanga-Mbarga scellèrent l’accord. Les conditions étaient claires : soutien militaire complet de Nanga, paiement différé et territorial, aucun engagement spirituel ni moral exigé. Aux côtés de Mbarga, Tala Nanga, chef d’un groupe de mercenaires et d’espions, observait. Lâche et hypocrite, il gardait son sourire facile mais pouvait parfois se montrer loyal contre toute attente. Plus loin, Essimi Nanga, guerrier retraité et adepte du trafic d’armes et de sortilèges, hocha la tête silencieusement, déjà en train de planifier le rôle de sa magie et de ses armes dans la bataille. Même parmi le clan d’Ekang, tous n’étaient pas d’accord. — C’est une folie, s’exclama un jeune capitaine. Nous confions notre armée à des hommes qui n’ont aucun honneur ! Kolo Beti regarda Ekang avec gravité. — Cette alliance peut te coûter plus qu’une bataille. Rappelle-toi ce que les ancêtres disent : un serment sans cendre est un serment vide. Ekang serra les poings. La guerre était imminente, et il devait montrer qu’il était capable de décider malgré les doutes. Les armées se mirent en marche. Ce qui devait être une victoire facile se transforma rapidement en chaos. Les mercenaires de Nanga ne tinrent pas les positions comme prévu. Les flancs furent percés, et des villages alliés furent pris dans la mêlée. Dans le tumulte, une douleur plus personnelle frappa Ekang : son jeune frère, Ongola-Bulu, tombé au combat, fut emporté sous ses yeux. La panique menaçait de se répandre dans les rangs. Mais au moment où tout semblait perdu, un mouvement inattendu permit à l’armée d’Ekang de se regrouper et de fuir la défaite. Personne ne comprit sur le moment comment ils avaient été sauvés. Les murmures parlaient d’un mystérieux espion. Ekang, le visage couvert de boue et de sang, observa la fumée des villages en flammes et comprit la gravité de ses décisions. La guerre venait de commencer, et elle était déjà plus cruelle que prévu. Le lecteur apprendra dans les chapitres suivants que ce sauvetage fut orchestré par Tala Nanga, mais que cette aide apparente était un jeu complexe de loyauté et de manipulation. Fuda Ewondo, en rappelant cette première erreur, fera comprendre à Ekang comment la survie de son armée avait dépendu à la fois de sa stratégie et de la prudence cachée de ses alliés, plantant les graines de méfiance et de maturité du jeune roi.
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