La tension

1321 Words
— Mais c'est une boîte de nuit ! s'exclame Elisabeth, essayant d'empêcher son fils d'y aller. — Comment sais-tu ça, maman, alors que tu ne fréquentes pas ce genre d'endroits ? rétorque Nolan avec un sourire espiègle. — Je suis ta mère et j'ai vécu longtemps dans cette ville, Nolan. Tu ne peux pas partir là-bas ! Et tes amis qui t'ont appelé ? Je suis sûre qu'ils sont irresponsables et qu'ils vont te pousser à boire de l'alcool, dit-elle avec inquiétude. — Mais non, maman ! Ils ne sont pas comme ça ! Ils veulent juste que je participe à une expérience artistique ! Et personne ne peut me forcer à boire de l'alcool... insiste Nolan avec détermination. Elisabeth soupire, partagée entre la confiance qu'elle veut accorder à son fils et la peur des conséquences possibles. Elle sait qu'Aksel est dans les parages et qu'il est crucial d'éviter toute rencontre entre les deux jumeaux. — Écoute-moi bien, Nolan. Promets-moi que tu ne vas pas y aller. Je vais essayer de joindre ton père pour qu'il prenne une décision à ce sujet. C'est trop risqué pour toi d'aller là-bas ce soir. Nolan acquiesce lentement mais semble hésitant à abandonner ses plans. — D'accord, maman... mais je ne comprends pas pourquoi tout cela doit être si compliqué. Elisabeth lui prend doucement la main et lui dit — Je sais que tu es grand maintenant et que tu veux prendre tes propres décisions, mais parfois, il vaut mieux écouter les conseils des adultes. Fais-moi confiance. — Mais maman , je t'ai dit que je ne prendrai pas d'alcool.... — Non, Nolan, je dis que tu ne bougeras pas d'ici. Ils ne vont pas te dire que tu vas consommer de l'alcool, mais une fois dans l'ambiance, ils te pousseront à en prendre. Et puis, qui est ce musicien-philosophe que tu ne connais même pas ? Tu ne sais même pas de quoi il s'agit ! Et bientôt, les marchandises vont entrer en ville. Tu dois te reposer avant de reprendre le boulot, dit sa mère en s'énervant. La famille VEK est unie par le travail. Chacun est impliqué dans l'entreprise de leur père, même s'ils sont dispersés dans différentes villes. Elisabeth se fâche expressément, car elle sait que Nolan n'apprécie pas de la voir dans cet état. — Maman, ne trouves-tu pas que tu exagères ? Attends, je ne veux plus y aller. Tu es satisfaite maintenant ? dit-il en esquissant un sourire à sa mère. Sa mère le regarde, soulagée que son stratagème ait fonctionné. Elle le prend dans ses bras avec tendresse. — Merci, mon fils. Je t'aime énormément, dit-elle avec émotion. — Je t'aime aussi, maman. Bon, puisque tu ne veux pas que je sorte, je vais rentrer dans ma chambre et me concentrer sur mes livres, dit-il en lui donnant un bisou sur le front avant de monter les escaliers. — Bonne nuit, Nolan. Je t'aime, crie sa mère en souriant. — Je t'aime aussi, maman, répond-il en courant vers sa chambre. Après le départ de Nolan, la tension d'Élisabeth monte alors qu'elle compose le numéro de Jean, espérant qu’il saura gérer cette situation délicate avant qu'elle ne dégénère davantage. Elle sort son téléphone et appelle son mari * Début de l'appel * — Allô, ma prunelle des yeux, la femme la plus douce qui soit, dit Jean en décrochant le téléphone. — Sais-tu qu'Aksel est ici à Bruges ? dit Elisabeth sans prendre la peine de saluer son mari. — Quoi ? Comment est-ce possible ? Comment l'as-tu su ? Et Nolan ? s'inquiète Jean. — C'est l'agent qui me l'a dit. Pour Nolan, ne t'inquiète pas, j'ai géré. Mais dis-moi pourquoi Aksel est ici et pourquoi tu ne m'en as pas informée ? s'énerve Elisabeth. — Calme-toi, ma belle. Je vais m'en occuper. Envoie-moi juste l'endroit où il se trouve. Tu es l'épouse de Jean VEK ; tu n'as pas de raison de t'inquiéter, dit-il avant de raccrocher. * Fin de l'appel * Elisabeth envoie la localisation à son mari puis se dirige vers sa chambre pour dormir paisiblement, sachant qu'il gérera la situation. ~LA MAISON DE LOHR~ Mady arrive et observe sa tante Viviane et sa cousine Ilona. Elle se dit que ça risque de mal tourner si elles interprètent mal la situation. Elle se dépêche de leur parler. — Ce n'est pas ce que vous pensez ! dit-elle en tremblant légèrement. — Et qu'est-ce qu'on pense selon toi ? Que tu te prostitues et amènes tes amants ici chez moi ? s'écrie Viviane, furieuse. — Maman, elle est partie avec se taper cet homme en Mercedes ! Elle doit sûrement avoir de l'argent sur elle qu'il lui a donné après avoir couché avec elle ! ajoute Ilona avec un air accusateur. — Viens ici, je vais te fouiller ! dit Viviane en la tirant pour commencer à la fouiller. — Ma tante, je n'ai rien ! Vous vous faites seulement des idées. Il ne s'est rien passé entre lui et moi ! supplie Mady. — Elle n'a rien, Ilona. Je crois qu'elle dit la vérité, murmure Viviane à sa fille sans que Mady ne les entende. — Maman, tu ne peux pas la croire ! Elle ment. Regarde tout le mal qu'on lui a fait ! Elle est partie collaborer avec les criminels qui circulent actuellement dans le quartier pour qu'ils viennent nous faire du mal cette nuit. Et cet homme qui l'a amené est l'un d'eux. Cette fille est une vraie sorcière, maman ! Elle doit être corrigée ! lance Ilona avec une accusation virulente. — C'est faux ! Ma tante, comment peux-tu affirmer des choses que tu ne connais pas et que tu n'as pas vues , Ilona ? Pourquoi es-tu si cruelle ? demande Mady avec tristesse, ne comprenant pas pourquoi Ilona la traite ainsi. — Et tu oses répondre comme ça à ma fille ? Tu n'as pas honte ? Viens ici, tu vas voir ! Viviane tire Mady et l'entraîne à l'intérieur de la maison en la frappant fort. Ilona va chercher un bâton pour bien la corriger. — Ma tante, je n'ai rien fait ! C'est faux tout ça ! Vous vous faites seulement des idées… Mon oncle au secours… Oncle Antoine… dit Mady en pleurant alors que Viviane la frappe et qu'Ilona exacerbe encore la situation pour que Mady subisse davantage de violences. Par chance, Mady parvient à se libérer de l'emprise de sa tante et de sa cousine. Elle court vers la cuisine, ferme la porte derrière elle et s'effondre en pleurs, submergée par la douleur. — Ouvre cette porte, petite orpheline ! crie Viviane, se tenant devant la porte avec une détermination glaciale. — Non, ma tante, je suis désolée, mais je ne connais même pas cet homme ! Je suis innocente ! répond Mady, les larmes coulant sur ses joues, sa voix tremblante trahissant son désespoir. Viviane insiste un moment, mais face à l'absence de réponse de Mady, elle finit par se lasser et s'éloigne, laissant Mady seule, en larmes. — Mon Dieu, jusqu'à quand cela va-t-il durer ? s'écrie Mady dans un souffle de désespoir. Est-ce que tu m'as uniquement créée pour que je souffre ainsi ? N'as-tu aucune autre ambition pour moi ? Si c'est le cas, pourquoi ne pas en finir avec moi une bonne fois pour toutes ? J'en ai assez de cette douleur insupportable. Je veux mourir… dit-elle, le cœur lourd, alors qu'elle se laisse glisser au sol, son corps tremblant sous le poids de son chagrin. Mady serre ses bras autour de ses genoux, se perdant dans ses pensées sombres. La cuisine, qui aurait pu être un refuge, devient une prison silencieuse où résonnent ses pleurs étouffés. Elle se demande si quelqu'un entendra ses appels à l'aide ou si elle est condamnée à vivre cette souffrance seule, comme une ombre errante dans un monde qui semble lui être hostile.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD