L’imprudence

1294 Words
~MANOIR VEK 2~ Le Manoir VEK 2 est le deuxième domaine de Monsieur Jean VEK, situé dans la charmante ville de Bruges. C'est ici que vivent sa femme Elisabeth, ainsi que son fils cadet, Nolan VEK, l'un des jumeaux de la famille. Bien que Nolan et son frère Aksel partagent le même sang, ils sont aux antipodes l'un de l'autre. Si Aksel est considéré comme étant un petit diable, donc Nolan est vu comme un ange descendu des cieux. Nolan, respectueux et attentif, écoute sa mère avec dévotion, alors qu'Aksel, en revanche, semble ignorer les paroles de leur père. Cette dynamique familiale peut être comprise à travers le prisme des expériences de chacun. Aksel a grandi dans un monde à part, privé d'une enfance normale, volée par les exigences et les attentes de son père. En revanche, Nolan a eu la chance de grandir aux côtés de sa mère, recevant tout ce qu'un enfant peut désirer : attention, affection et tendresse. Il a ainsi pu savourer les joies de l'enfance, contrairement à Aksel. Physiquement, Nolan est grand et élancé, bien qu'il ne soit pas aussi musclé que son frère. Sa passion pour la littérature et la philosophie le distingue. Il trouve refuge dans les mots et les pensées des autres, passant parfois des journées entières enfermé dans sa chambre à dévorer livre après livre. Sa soif de connaissances est insatiable. Cependant, malgré son caractère doux et aimant, Nolan cache une facette plus sombre qui inquiète sa mère. Il adore son père, peut-être même plus que sa mère, tandis qu'Aksel éprouve une affection particulière pour leur mère. Cette dynamique parentale pourrait s'expliquer par le fait qu'ils ont été privés de la présence constante de l'autre parent, ce qui a renforcé leurs sentiments respectifs. Bien que Nolan soit souvent perçu comme le garçon idéal – tendre, beau, gentil, calme et intelligent – il possède un tempérament qui peut effrayer Elisabeth. Bien qu'il ne le réalise pas encore, il a hérité de certaines caractéristiques de son père. Lorsqu'il s'agit de défendre ce qui lui tient à cœur, Nolan peut devenir redoutable. Ce trait de caractère s'est manifesté dès son jeune âge. Un jour, Elisabeth a reçu un appel d'urgence de l'école lui annonçant que Nolan avait commis l'irréparable. Ne croyant pas à cette nouvelle, elle s'est rendue à l'école persuadée qu'il s'agissait d'une erreur. À son arrivée, on lui a révélé que son fils avait gravement blessé un camarade. Elle était incrédule ; comment un enfant de huit ans pouvait-il infliger une telle violence ? Cependant, lorsqu'elle a vu l'enfant victime des coups de Nolan, elle a commencé à comprendre l'ampleur de la situation. Interrogeant son fils sur ce qui avait pu le pousser à agir ainsi, elle a reçu une réponse qui l'a laissée sans voix : « Cet idiot a osé dire que mon père ne m'aime pas c'est pourquoi il ne vit pas avec nous ! Pourtant, c'est faux ! Papa m'aime ! Quand on touche à ce que j'aime, ça me met en colère. Je lui ai remis à sa place avec un petit coup ; il n'osera plus jamais parler mal de mon père. » Cette réponse d'un enfant de huit ans a plongé Elisabeth dans la confusion et l'inquiétude. Elle se demandait comment son fils avait pu développer une telle rage si tôt dans sa vie. La douleur était insupportable pour elle. Elle a dû payer des indemnités pour les blessures causées par Nolan ; l'enfant qu'il avait frappé était tombé dans le coma et avait nécessité trois mois de rééducation après avoir subi une fracture à la jambe droite. Depuis cet incident tragique, Elisabeth a décidé de limiter le temps que Jean passait avec Nolan. Elle craignait que leur relation ne soit la source des problèmes de son fils. Dans ses pensées tourmentées, elle s'interrogeait également sur Aksel, qui avait grandi sous l'influence directe de son mari. Elle s'inquiétait pour ses deux fils mais se sentait impuissante à affronter Jean ou à changer la dynamique familiale. La peur des conséquences pesait lourdement sur ses épaules, et elle redoutait que ses préoccupations ne retombent sur ses enfants. Voilà comment Elisabeth a essayé de corriger le comportement de son fils. Depuis cet incident, Nolan n'avait plus jamais commis d'acte de violence, et il était redevenu l'enfant sage et aimant de sa mère. Il est maintenant 20h à Bruges. Elisabeth, confortablement installée dans le salon en tenue de nuit, suit attentivement sa série préférée. Soudain, son téléphone sonne. C’est leur agent, qui se trouve également à Bruges. En effet, Jean, soucieux de préserver le secret sur la jumeauté de ses fils, a placé des personnes de confiance un peu partout. Leur mission est d'observer tout geste qui pourrait révéler l'existence de l'autre jumeau, et de prévenir soit Elisabeth si cela se passe à Bruges, soit Jean lui-même s'il s'agit de la ville de Lille. En voyant cet appel, Elisabeth ressent une inquiétude sourde. Elle craint qu'il ne s'agisse d'une mauvaise nouvelle. Elle jette un coup d'œil vers les escaliers pour s'assurer que Nolan n'est pas là avant de décrocher, afin qu'il ne puisse pas entendre ce qui va être dit. Heureusement, il n’y a personne, et elle répond. * Début de l'appel * — Allô ? dit Elisabeth en chuchotant. — Allô, madame Elisabeth. Je vous appelle simplement pour vous prévenir que la voiture Mercedes VEK vient d'entrer en ville. Je pense que c'est celle de votre fils Aksel, répond l'agent au téléphone. Le cœur d'Élisabeth s'emballe. Elle comprend immédiatement qu'Aksel n'a pas informé son père de sa présence à Bruges ; sinon, il l'aurait prévenu. — Envoyez-moi l'adresse où il se trouve, s'il vous plaît. Je dois parler à mon mari, dit-elle en chuchotant. — D'accord, madame. Je le fais tout de suite, répond l'agent. * Fin de l'appel * Elisabeth raccroche et se perd dans ses pensées. Que vient faire Aksel en ville ? À cette heure-ci ? Sait-il que je vis ici ? Comment a-t-il pu le découvrir ? Il ressemble tant à Nolan ; et si quelqu'un les confondait ? Il risquerait d'apprendre qu'il a un sosie et voudrait savoir où il se trouve. Quelle imprudence a commis Jean en le laissant venir à Bruges ? Ses pensées tourbillonnent lorsqu'elle reçoit un message contenant l'adresse. C'est une grande boîte de nuit, très réputée dans la région. Elle se dit : « Heureusement que Nolan ne fréquente pas ce genre d'endroits. Il y a peu de chances qu'il y ait quelqu'un là-bas pour le confondre avec Aksel. Mais ça reste risqué... Je dois prévenir leur père. C’est lui qui saura gérer cette situation. Il devait sûrement anticiper ce jour lorsqu'il a pris ses décisions. » Elle compose le numéro de son mari pour l'appeler quand soudain, Nolan descend les escaliers et elle arrête subitement. — Nolan, où vas-tu bien habillé comme ça ? demande Elisabeth en souriant à son fils. — Mais maman, tu exagères ! Je suis juste habillé simplement. Je vais à un endroit où on m’a dit qu’il y avait un musicien qui s'inspire de la philosophie. Mes amis m'ont conseillé d'aller assister à sa prestation ; peut-être que ça va m'intéresser, répond Nolan en continuant sa descente. — Un musicien ? Philosophie ? Je ne pense pas que cela puisse vraiment t'intéresser. Et où es-tu censé aller exactement ? demande Elisabeth, intriguée. — Maman, je ne connais même pas l'endroit ! Ils m'ont juste envoyé l'adresse, dit Nolan en montrant la localisation sur son téléphone à sa mère. Lorsqu'Elisabeth prend son téléphone et consulte l'adresse, elle est surprise de découvrir que c'est au même endroit où se trouve Aksel. Cela rend impossible la sortie de Nolan, car il y a de fortes chances qu'ils se croisent.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD