06.Ces femmes

2235 Words
Je rentre chez moi, en souriant bêtement.  J'ignore pourquoi cette femme peut facilement changer mon mood*. Arrivé au salon, je vois mes parents en train de discuter, j'avance pour les saluer. Moi : bonsoir papa, maman ! Maman : ah Bachir tu es là. Papa : bonsoir Bachir. Comment elle va ta sœur ? Moi : oui elle vous passe le salut. Maman : rejoins-nous. Moi : (en m'asseyant) j'ai l'impression que vous étiez en train de parler de quelque chose de très sérieux. Papa : oui Bachir, on était en train de parler de toi justement. Moi : ça me rappelle l'époque où j'étais au lycée quand je recevais une convocation. Maman : (en rigolant) tu nous as vraiment fatigué pendant cette période-là. Papa : mais il a grandi maintenant Moi : c'est vrai papa, mais s'il vous plait dites-moi qu'est ce qui se passe ? Papa : Bachir ta maman et moi on pense qu'il est temps que tu commences à prendre la relève Moi : c'est-à-dire papa ? Papa : tu sais Bachir, tu es mon fils ainé, ton frère est encore jeune et tu es devenu un adulte, tu es le seul sur qui je peux compter maintenant pour gérer mes affaires. Moi : sérieusement ? Dis-je tout excité. Papa : oui tu dois en être capable, on sera deux mais j'aimerai bien que tu commences à gérer certaines affaires, c'est pour tes frères et sœurs et toi. Maman : Bachir ton père doit pouvoir compter sur toi. Moi : je pense que j'en suis capable. Papa : c'est vrai que je t'observe depuis un certain temps et je vois que tu deviens de plus en plus responsable. Maman : mais je pense que seul le mariage pourrait t'aider à te ranger définitivement. Moi : quoi ? En sortant ce mot je ne peux même pas expliquer ce que je ressens au fond. Moi Bachir je n'ai vraiment pas ça en tête, je ne suis vraiment pas prêt. Papa : Oui ce serait vraiment mieux si tu te casais. Moi : mais je ne suis vraiment pas prêt. Papa : tu peux me dire ce qui te manque. Moi : Papa le mariage c'est pour toute la vie. Maman : c'est à nous que tu dis ça ? On est à 28 ans de mariage. Moi : je sais maman mais... Papa : Bachir tu peux me dire ce qui peut t'empêcher de te marier Moi : Papa je n'ai pas encore trouvé une personne avec qui j'ai envie de rester toute ma vie, et d'ailleurs je n'ai pas besoin d'une épouse pour être capable de gérer des affaires. Maman : Bachir tu baisses d'un ton, on sait ce de quoi on parle. Papa : tu es assez grande de toute façon, on te demande juste de nous présenter une femme, on acceptera ton choix. Le mariage change un homme. Maman : On t'a toujours connu avec Nancy. Elle serait la femme idéale pour toi. Alors là je commence vraiment à péter les plombs. Maman va profiter de cette situation pour encore me forcer Nancy. Papa : c'est qui ? Maman : la petite sœur de Nadia, Nancy BA tu la connais. Papa : ah oui bien sûr Nancy, je l'aime bien aussi. Je les laisse dans leur délire et moi je ne réponds même plus. Je sais que le dernier mot me reviendra.  A vrai dire, je ne pense vraiment pas que le mariage peut nous rendre plus responsable, soit on l'est, soit on l'est pas. Ils ont raison sur le fait qu'il est temps que je prenne les choses en main, après tout je suis le fils ainé et mon père ne peut faire confiance qu'en nous. Il a travaillé trop dur pour en arriver là. Moi : je suis trop fatigué là je peux monter me rafraichir un peu Papa : oui je comprends, allez vas-y on en reparlera. Moi : (en me levant) d'accord. Je monte prendre une douche, puis je m'allonge un peu pour me reposer en attendant le diner. C'est en utilisant mon téléphone que je me suis rappelé que Cherifa m'a donné son mail. Je décide de l'envoyer un mail. Je pense tout ce que je suis en train d'écrire. Moi : « Bonsoir mademoiselle Diallo, Suite à votre demande je compte bien vous donner le résultat de mon analyse, j'ai bien évidemment su vous cerner facilement. Je crois que vous avez tout simplement peur de vous attacher à quelqu'un. Je ne vois que deux raisons à cela soit vous avez déjà été blessé par quelqu'un en qui vous aviez confiance soit vous ne voulez pas que les gens découvrent qui vous êtes vraiment. Bachir Ndao. Cordialement, » J'appuie sur le bouton d'envoie sans hésiter, je dois saisir cette chance que j'ai pour m'approcher d'elle. Je pense que le destin a bien voulu que je rencontre Cherifa aujourd'hui au bord de la route. Je ne m'attendais pas trop à une réponse de sitôt mais j'en ai reçu une cinq minutes après ; une confirmation que je ne la laissais pas totalement indifférente. On ne consulte pas sa boite de mail à tout instant, si elle a lu mon message en si peu de temps c'est qu'elle l'attendait. « Bonsoir monsieur Ndao, J'avoue que je suis vraiment surprise par votre réponse. Vous n'avez pas tout à fait tort. Je peux reconnaître votre talent. Vous pouvez m'envoyer vos tarifs. Bien Cordialement, » Moi : « Je veux juste savoir quelle est la vraie raison à cela. Ça me suffirait comme honoraires. » Elle : « j'avoue que vous le méritez, on se voit demain ...... Bonne fin de soirée » Je n'arrive pas à le croire, comment la Cherifa que je connais peut-être aussi ouverte avec moi. Mais je ne vais pas continuer à me poser toutes ces questions, je suis bien comme ça. Je suis dans mes pensées quand j'entends mon téléphone sonner, c'est ma petite sœur adja. « Moi : (après avoir décroché) tu vis toujours ? Adja : oui mais pas pour longtemps, si tu me n’envoies pas de l'argent Moi : je savais que tu avais besoin de quelque chose Adja : allez s'il te plait envoie moi ça demain. Moi : ne t'inquiètes pas je vais t'envoyer ce dont tu as besoin. Adja : merci ! mon préféré. Moi : je ne suis pas influençable. Adja : non mais je suis sincère, sinon comment ça va là-bas. Moi : ça va tranquille, j'étais chez kiné tout à l'heure Adja : on a parlé au téléphone pendant longtemps, hier soir. Moi : ah oui ? Adja : oui et elle m'a parlé de toi Moi : concernant ? Adja : Nancy bien sûr ! Moi : encore ? J'entends son nom mille fois par jour. Adja : oui je sais que maman et kiné vont te mettre la pression. Moi : Nancy et moi savions très bien que s’est fini, alors pourquoi en faire tout un plat. La vie continue. Adja : ne t'inquiète pas, elles vont finir par accepter. Moi : et le comble, papa veut que je me marie. Adja : quoi ? dit-elle en rigolant. Moi : c’est la nouvelle du jour. Adja : je pense que tu es encore jeune Bachir. Moi : vraiment Adja je ne sais pas quoi penser, ou quoi faire en ce moment. Adja : personne ne peut rien te forcer de toute façon, ne t'en fais pas pour ça, je te conseille de prendre ton temps, le mariage ce n'est pas comme ça. Moi : tu as parfaitement raison, c'est pour ça que je t'aime. Adja : je sais haha, je t'aime aussi mais je dois te laisser. Moi : hum pourquoi maintenant ? Adja : je veux aller me faire à manger, j'ai cours demain matin. Moi : tu as raison je comprends, alors à demain. Adja : oui au revoir mon préféré. Moi : opportuniste, allez bye ! Prends soin de toi Je raccroche avant de descendre dîner, c'était du « laakh* » un plat que j'adore. Le lendemain matin comme d'habitude je pars au travail avec mon père. Arrivé avec un peu de retard, on retrouve Fatou à l'accueil mais Cherifa n'est pas là, j'aurai bien aimé voir son joli sourire dès le matin, encore plus après notre discussion d'hier.  Je ne sais pas ce qui m'arrive mais J'arrive à peine à me concentrer sur mon travail. Cela me rappelle vraiment quand j'étais plus jeune et qu'une fille me plaisait.  A l'heure de la pause je suis descendu le plus tôt possible pour pouvoir la rencontrer avant qu'elle ne parte. Je la retrouve en bas mais elle est en train de parler avec Karim. Je passe devant eux en leur saluant avant de sortir pour envoyer de l'argent à Adja. Je suis vraiment déçu, je voulais vraiment parler à Cherifa. C'est mieux que je sorte un peu. Je marche à peine deux minutes quand j'entends quelqu'un m'appeler. Je me retourne et à ma grande surprise, je vois Cherifa derrière moi. Elle : (en s'avançant vers moi) tu marches très vite dis donc. Moi : mais Cherifa qu'est-ce que tu fais dehors ? Elle : heu je voulais acheter un truc. Moi : hum ? dis-je en la regardant dans les yeux. Elle : ok je voulais juste te parler. Moi : ah super alors, tu vas m'accompagner. Je cherche une agence de transfert d'argent. Elle : ok allons-y, j'en connais une juste là. Moi : parfait alors, ma petite sœur qui me fatigue pour que je lui envoie de l'argent. Elle : ah tu as une petite sœur ? Moi : oui Adja, elle a un jumeau Mohamed, et j'ai une grande sœur aussi Kiné. Elle : ah c'est super ! Moi : et toi tu as des frères ou sœurs ? Elle : j'ai un petit frère, il est ma raison de vivre. Moi : c'est normal c'est la famille. Elle : oui il n'y a pas plus important. Moi : tu es venu en retard ce matin ? Elle : heu oui j'ai un peu tardé, (dit-elle hésitante) le taxi que j'avais pris était tombé en panne. Moi : ah d'accord je vois. Elle : voilà on est arrivée, (en me montrant la banque), je t'attends juste devant la porte. Moi : hum si je ressors d'ici s'il te plait répond à ma question d'hier. Elle : j'essayerai Moi : ok j'arrive. Je fais le transfert rapidement pour sortir et rejoindre Cherifa. Moi : alors ? Tu as eu le temps d'y réfléchir ? Elle : à vrai dire Bachir c'est les deux à la fois. Moi : je me perds là c'est-à-dire ? Elle : oui j'ai été blessée, et oui j'essaye de créer une façade pour cacher une partie de ma vie. Moi : tu ne devrais pas. Chacun est libre de se montrer comme il est en plus il ne faut pas laisser les blessures du passé nous hanter. Elle : facile à dire quand on n’a pas connu une vie comme la mienne. Moi : je n'ai absolument aucune idée de ce que tu vis ou de ce que tu as pu vivre, mais ce n'est pas une raison pour ne plus avoir confiance en personne. Elle : tu as peut-être raison (après un long silence) Bachir pourquoi ? Moi : Pardon ? Elle : pourquoi tu es si gentil ? Moi : gentil tu penses ? Elle : oui, tu es tout le temps attentionné envers les autres, tu remarques quand ils ne vont pas bien et tout. Moi : (en souriant) envers les autres ou envers toi ? Elle : je ne sais pas mais tu es comme ça avec moi. Moi : je ne suis pas comme ça avec tout le monde ? je suis de nature réservé, mais avec toi je ne sais pas pourquoi mais je sens qu'on peut bien s'entendre. Elle : j'avoue que ça fait plaisir d'entendre ça, j'espère au moins que tu ne seras pas déçu. Moi : si c'est le risque à prendre, je n'ai pas peur. Elle : c'est tant mieux alors. Moi : tu veux qu'on sorte une de ces quatre pour un after-work ? Elle : Bachir crois moi, ne vaut mieux pas. Moi : et pourquoi ? Elle : je ne peux pas me permettre de sortir comme je veux. Moi : ok je peux comprendre, on vit dans une de ces sociétés, mais s'il te plait penses y. Elle : ok Bachir, je vais voir Moi : je sais que c'est juste pour te débarrasser de moi. Elle rigole. Moi mais s'il te plait donne-moi ton numéro. Continuais-je. Je saurai te convaincre. Elle : d'accord je te l'envoie par mail alors et c'est juste professionnel n'oublie pas. Moi : (en rigolant) je ne vais pas oublier, ne t'inquiète pas, allez ! On va aller déjeuner maintenant, j'ai trop faim. On est allé déjeuner ensemble, tout en continuant de parler de tout et de rien avant de rejoindre nos bureaux. Je me rends compte de plus en plus que cette femme n'a pas eu une vie facile et qu'elle essaye de montrer qu'elle est forte.  Pendant toute la journée j'ai attendu son mail mais je n’ai rien reçu. Je réfléchis en même temps à quel endroit je peux bien l'inviter si jamais elle accepte mon invitation. Je pense qu'il faut demander conseil à Adja. Je compte aussi avoir une discussion avec papa et lui expliquer qu'il doit me laisser du temps pour choisir la femme avec qui je veux partager ma vie. Vers 18h, en rangeant mon bureau, pour rentrer à la maison, je reçois un texto de Papis qui me demande d'appeler Nancy parce qu'apparemment elle ne va pas bien. Je n'ai pas bien compris mais je m'inquiète vraiment. Heureusement qu'il m'a donné son numéro. J'ai essayé de l'appeler mais elle ne décroche pas. J'ai aussi essayer d'appeler Papis pour qu'il m'explique mais il ne décroche pas non plus. Il doit être à la salle de sport à cette heure-là. Je continuerai d'insister quand même, peut-être qu'elle a juste laissé son téléphone portable quelque part. Ou bien peut être qu'elle ne veut juste pas me répondre.
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