Elle sourit en me voyant. Je fais de même et elle s'est dirigée vers la sortie.
Elle est tout simplement magnifique.
Mme Ba : c'est bon Bachir, vous pouvez y aller.
Moi : d’accord merci dis-je en me levant.
Je vais ensuite dans le bureau de Mr Gueye et là je le trouve en train de fixer l'écran de son ordinateur.
Moi : Bonjour, apparemment tu n’as pas mal de boulot.
Mr Gueye : ah c'est toi Bachir, assieds-toi dit-il en en voyant.
Moi : (en m'asseyant) oui c'est moi, comment tu vas ?
Mr Gueye : je vais bien et toi ? J’espère que tu n'as pas attendu longtemps ?
Moi : non pas vraiment, mais dis-moi tonton ?
Mr Gueye : oui Bachir ?
Moi : c'est qui la femme qui vient de sortir ?
Il s'est mis à rigoler.
Mr Gueye : ah Bachir tu ne changeras jamais.
Moi : mais non, c'est juste que je n'ai jamais vu cette fille ici.
Mr Gueye : tu as raison, tu sais que l'une des filles à l'accueil a démissionné ?
Moi : non je ne savais pas et pourquoi ?
Mr Gueye : elle a décidé de rejoindre son mari en Italie
Moi : ah d'accord je vois
Mr Gueye : voilà et cette femme avait postulé pour la remplacer, j'ai commencé a chercher depuis un certain temps.
Moi : elle a été engagée ?
Mr Gueye : bon elle a été retenue, mais elle fera un essaie pendant un mois d'abord.
Moi : Un mois seulement ?
Mr Gueye : oui, elle va commencer lundi. Mais si elle fait bien son travail elle va signer un contrat.
Moi : cool en tout cas elle sera très accueillante, je dis ça je ne dis rien.
Mr Gueye : hum Bachir arrête de draguer de gauche à droite et trouve une épouse
Je ne peux m'empêcher de rigoler.
Moi : j'appréciais tout simplement, je suis devenu plus sérieux maintenant.
Mr Gueye : en tout cas tu as intérêt. Tu as des responsabilités maintenant, ton père veut prendre sa retraite et il a vraiment envie de tout te confier.
Moi : c'est vrai mais j'ai beaucoup changé, je ne sors plus pratiquement, l'envie n'y est pas. Je veux avoir une vie plus stable. Mais en ce qui concerne les femmes je n'ai pas encore trouvé quelqu'un qui me donne envie de me caser.
Mr Gueye : on ne peut pas trouver la femme parfaite tu sais ça ?
Moi : oui mais le mariage c'est pour tout une vie. Une fois mariée je veux être heureux et rendre ma femme heureuse. C'est ce qui rend un foyer stable pour le bien de tous y compris les enfants qui naîtront de cette union. Je ne veux pas faire souffrir mon épouse et pour ça il faut vraiment être un homme amoureux.
Mr Gueye : tu as raison, j'aime cette façon de penser. Ça me rassure quand même.
Moi : c'est uniquement pour ça que je ne veux pas me précipiter.
Mr Gueye : donc si je comprends bien, tu n'es pas amoureux en ce moment ?
Moi : En fait je suis très confus actuellement, mais c'est une longue histoire, on en reparlera à la maison un de ces quatre.
Mr Gueye : comme tu veux Bachir, alors comment ça se passe dans votre département ?
Moi : je suis venu en parti à cause de ça. Rien a changé.
En fait mon problème dans cette entreprise est que le chef de notre département n'a jamais voulu que je sois embauché. Il prétend que je suis là juste parce que mon père est propriétaire de l'entreprise, ce qui est peut-être vrai mais en tout j'ai toujours fait mes preuves. Je suis diplômé d'une bonne école et j'ai toutes les compétences pour le poste. Depuis que je suis embauché, ils n'ont vraiment rien à me reprocher, je prends mon travail très au sérieux.
Mr Gueye : tu peux tout me dire tu sais.
Moi : en fait je ne me sens vraiment pas à l'aise, j'essaye de fermer les yeux, mais au fond de moi ça ne va pas.
Mr Gueye : c'est quoi le problème exactement ? Demanda-t-il en me regardant dans les yeux.
Moi : j'ai l'impression d'être là juste pour être là, on ne me confie aucun projet. J'apprends certaines choses seulement pendant les réunions. Monsieur Diagne, le chef de département, ne me calcule même pas.
Mr Gueye : je te comprends Bachir, c'est trop dur tout ça mais je vais lui parler et s'il ne réagit pas je serai obligé d'en parler à ton père.
Moi : Pour qu'on me traite encore une fois de fils à Papa.
Mr Gueye : arrête avec ça tu veux ? Ils exagèrent en plus tu es là grâce à ton diplôme et tes compétences. Je me dois de régler ça au plus tôt.
Moi : je ne veux pas que Papa soit au courant, tu sais comment il est, il va péter les plombs et je ne veux pas être responsable d'un problème dans l'entreprise.
Mr Gueye : d'accord je comprends ton inquiétude mais je vais parler à monsieur Diagne. S'il continue comme ça, je ne vais pas te prévenir le jour où j'en parlerai à ton père me dit- il énervé.
Moi : je suis en train de chercher du travail dans d'autres entreprises.
Mr Gueye : Bachir ne prend aucune décision à la hâte. Tu sais quoi on en reparlera, je viendrai vous voir le week-end prochain. Maintenant il faut que tu rejoignes ton bureau, il ne faut pas donner aux gens une raison de te pointer du doigt.
Moi : d'accord tonton, j'y vais maintenant, merci pour tout dis j'en me levant
Mr Gueye : c'est normal Bachir, allez à toute a l'heure.
Je sors du bureau, pour retourner à mon travail.
A l'heure du déjeuner je décide d'aller manger avec Mme Ba, la secrétaire de Mr Gueye. C'est elle qui m'a proposé de partir avec elle. Arrivés au restaurant, on choisit une table avant de commander nos repas.
Mme Ba : alors Bachir ça va ? Je te sens un peu tendu ces derniers temps.
Moi : j'avoue que j'ai tellement de choses en tête en ce moment.
Mme Ba : ce n'est pas très grave j'espère.
Moi : non ne t'inquiètes pas, ça va passer.
Mme Ba : excuse-moi d'être aussi lourde.
Moi : mais non ça me fait plaisir que quelqu'un se soucie pour moi ici.
Mme Ba : tu sais j'en dois tellement à ton père.
Moi : comment ça ?
Mme Ba : Tu sais la vie n'est pas toujours rose, il y'avait un moment où j'avais vraiment besoin d'aide, il a été le seul à me tendre la main.
Moi : Ah oui ?
Mme Ba : oui je ne peux même pas tout te dire. En tout cas ton père est quelqu'un de très généreux. En tout cas il a été là pour moi. C'est pour cette raison que j'aimerai bien être là pour toi si tu as besoin de quelque chose.
Moi : c'est très gentil de ta part, merci vraiment.
Mme Ba : c'est normal, il est tellement présent pour ses employés, c'est quelqu'un de bien.
Moi : j'espère alors qu'un jour on dira ça de moi dis-je en rigolant.
Mme Ba : c'est bien possible, heu excuse-moi Bachir, dit-elle en prenant son téléphone qui vient de commencer à sonner.
Elle discute un peu avant de raccrocher. Apparemment elle doit rencontrer quelqu'un dans le restaurant.
Mme Ba : la nouvelle hôtesse d'accueil va nous rejoindre maintenant, je dois lui remettre quelques documents pour qu'elle puisse commencer lundi.
Moi : la femme que j'ai croisé dans votre département tout à l’heure ?
Mme Ba : exacte, elle sera notre collègue, oh elle arrive derrière toi dit-elle en levant son bras pour qu'elle nous vois.
Je me retourne et je la vois marcher vers nous. Elle a vraiment beaucoup de charisme cette femme, je vous assure.
Mme Ba : madame Ndiaye est là.
Quoi ? J'ai mal entendu je crois. Elle a bien dit madame, madame, madame Ndiaye.
Elle : (en arrivant à notre table) Bonjour !
Mme Ba : Bonjour dit-elle en lui tendant la main.
J'ai fait de même.
Moi : bonjour madame, asseyez-vous.
Ellle s'est alors assise à une des chaises libres.
Mme Ba : Bachir je te présente Mme Ndiaye, la nouvelle hôtesse et Madame ndiaye lui c'est Bachir, un informaticien de l'entreprise.
Moi: enchanté Madame.
Elle : le plaisir est partagé dit-elle avec ce sourire qui a failli m'hypnotiser ce matin.
Je dois me calmer. C'est la femme de quelqu'un.
Mme Ba : Voudrez-vous que je commande quelque chose pour vous ?
Mme Ndiaye : oh non je viens tout juste de déjeuner. Je prendrai quand même une tasse de thé.
Mme Ba : d’accord je vais aller t'en chercher. Je reviens dit-elle en se levant.
Mme Ndiaye : merci
Moi : Comment allez-vous madame ?
Mme Ndiaye : je vais bien et vous ?
Moi : ça va tranquille, on est très heureuse de vous avoir parmi nous.
Mme : c'est vraiment gentil, merci.
Je remarque qu'elle est vraiment timide et posée. Elle ne semble pas très bavarde.
Madame Ba arrive avec un plateau où il y'a trois tasses de thé. Elle le pose ensuite sur la table.
Mme Ba : voilà
Moi : merci beaucoup, voilà pour vous madame Ndiaye dis-je en lui remettant une tasse pendant que Madame Ba se rasseyait.
Mme Ndiaye : oh merci Bachir. Au fait vous pouvez m'appeler mademoiselle Diallo ou Cherifa tout court.
On la regarde bizarrement au lieu de répondre et elle sourit timidement en rajoutant « je suis récemment divorcée »
Mme Ba : je suis désolé ma chérie
Elle : ne vous inquiétez pas, vous ne saviez pas
Moi je suis vraiment étonné, d'abord c'était par le fait qu'elle soit déjà mariée, elle paraît si jeune et maintenant j'apprends qu'elle est divorcée.
Moi : alors vous commencez quand Cherifa ? Demandais-je pour détendre l'atmosphère.
Cherifa : la semaine prochaine normalement.
Moi : j'espère que vous vous plairez ici.
Cherifa : j'espère aussi.
Mme Ba : Ne vous inquiétez pas Cherifa.
Moi : on est tous très cool ici.
Cherifa : En tout cas j'ai déjà deux amis ici
Moi : moi je suis juste timide mais je suis très gentil
Mme Ba : ah ça tu jugeras par toi même
Cherifa : on verra alors.
Moi : Bon mesdames je pense qu'il est temps de partir, la pause touche à sa fin.
Mme Ba : tu as raison Bachir, Bon Cherifa voilà le dossier dit-elle en lui remettant un classeur qu'elle vient de sortir de son sac.
Cherifa : merci beaucoup madame Ba. Je vais vous laisser rejoindre vos bureaux maintenant.
Mme Ba : je t'en prie Cherifa.
Moi : Cherifa c'était un plaisir d'échanger avec vous
Cherifa : tout le plaisir est pour moi
Mme Ba : alors on se revoit lundi ?
Cherifa : exacte dit-elle en souriant
On est sorti tous ensemble avant que madame Ba et moi rejoignons nos bureaux. Cherifa elle, devait sortir pour prendre un taxi.
Arrivé dans mon bureau je vois un message de Papis sur mon téléphone :
« Boy on a pas eu le temps de discuter depuis samedi, mais on doit parler de ta relation avec Nancy »
Je décide de répondre plus tard. Je sais déjà ce qu'il allait me dire, ce que tout mon entourage me dit, d'officialiser ma relation avec Nancy. En tout cas elle a conquis le cœur de tout mon entourage. C'est normal d'ailleurs, elle a toujours été présente à mes côtés.
A l'heure de la descente, après avoir rangé mon bureau, je décide de rappeler Papis.
《 Papis : hello Bachir ?
Moi : boy j'ai vu ton message.
Papis : ne me fuis surtout pas.
Moi : mais non, écoute moi je suis libre maintenant, si tu veux je peux venir chez toi.
Papis : je suis chez Mamy actuellement et je n'ai pas de voiture, tu peux passer me prendre et on discutera en chemin.
Moi : ok on fait comme ça.
Papis : ça marche à toute à l'heure
Moi : oui j'arrive dans pas longtemps.
》
Je raccroche avant d'éteindre toutes les lampes et de sortir. Je file rapidement au parking pour prendre ma voiture. Je démarre pour direction liberté 6 extensions pour prendre Papis. Quand j'arrive devant la maison de Mamie, je les vois tous les deux devant la porte. Je me gare avant de descendre pour les saluer.
Mamie : ah ça c'est mon mari.
Moi : le seul et unique dis-je en lui faisant la bise.
Papis : tu dois te calmer là
Mamie : fais pas attention Bachir. Comment tu vas ?
Moi : je vais bien et toi ? Bon question bête, tu es avec ton chéri.
Mamie : oui ça va, j'étais trop contente de le voir.
Papis : bébé on doit partir maintenant. Bachir vient juste de terminer le boulot.
Mamie : oui je comprends il doit être fatigué vraiment.
Moi : oui trop même, en plus les lundis c'est toujours difficile.
Mamie : je vous laisse partir mais je pense que Ousmane et toi vous le deviez une visite.
Moi : oui bien sûr on va programmer ça.
Mamie : c'est cool alors, allez au revoir les gars.
Elle fait un dernier câlin à papi avant nous rejoignons la voiture.
Papis : alors c'était comment au bureau aujourd’hui ? Me demanda-t-il en attachant sa ceinture.
Moi : bon ça va, toujours le même problème mais il y'a des gens sympas quand même. Tu sais Je suis très content de vous voir comme ça Mamie et toi. Vous formez un très joli couple.
Papis : merci frère tu sais depuis tout ce temps mes sentiments n'ont pas changé. Elle est la femme de ma vie.
Moi : si seulement je pouvais être aussi sûr que toi, dis-je en démarrant la voiture.
Papis : je ne te le fais pas dire mais il faut vraiment que les choses changent.
Moi : vous me mettez la pression.
Papis : pourquoi tu as si peur de t'engager.
Moi : je ne pense pas que ça soit de la peur, du doute plutôt.
Papis : tu sais dans la vie il n'y a pas de risque zéro, en plus tu lui fais perdre son temps.
Moi : à qui ?
Papis : à Nancy bien sûr, elle espère qu'un jour tu vas venir vous allez officialiser, et elle attend toujours.
Moi : je sais mais...
Papis : il n'y a pas de mais, tu dois te décider. Si tu l'aimes et qu'elle te correspond bah fonce parce que je suis sûr qu'elle t'aime. Sinon tu la laisses passer à autre chose.
Moi : je ne sais pas si je veux passer le restant de mes jours avec elle. C'est ça la vérité.
Papis : à mon avis, avec tout ce que vous avez vécu ensemble, si tu en es toujours là c'est tout simplement parce que tu n'es pas un homme amoureux.
Cette phrase ne m'avait pas laissé indifférent, je trouvais son raisonnement totalement….