CHAPITRE 3

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CHAPITRE 3Genève, rue des Vollandes 29 Michael Kappeler dormait profondément quand une sonnerie le réveilla. Ce n’est pas possible, se dit-il, je n’ai tout de même pas mis mon réveil un dimanche matin ! Il se retourna pour faire taire l’objet de torture, mais rien n’y fit, le son continuait à retentir à travers la chambre. Il s’assit en grognant et regarda autour de lui. Une femme aux longs cheveux roux était endormie à ses côtés. Impossible de se rappeler de son nom. Sandrine… Sandra… Il ne se souvenait plus… Depuis que Jeanne n’avait plus donné signe de vie, il avait repris ses déambulations nocturnes. Cela lui évitait de trop réfléchir à sa misérable situation de célibataire. De toute façon, dormir seul dans un lit n’avait jamais été sa tasse de thé. Il se leva et décrocha le téléphone, bien déterminé à enguirlander la personne qui osait le déranger le jour du Seigneur. – Allô ? répondit-il brutalement. – Michael ? C’est moi, ta grand-mère. – Alice ? Bon sang, as-tu vu l’heure ? Il est à peine huit heures du matin. Ce n’est pas une heure pour téléphoner, répondit-il, irrité. – Je ne pouvais pas deviner que tu étais le genre de personne à rester au lit plus de la moitié de la journée. En ce qui me concerne, cela fait déjà une éternité que je suis levée… Mais c’est sans importance. Je t’appelle pour t’annoncer que Maurice Chappuis est mort, dit-elle d’un ton solennel. – … Maurice Chappuis ? Je ne le connais pas. – C’est normal, tu ne l’as jamais vu. – … – Michael, tu es là ? s’impatienta Alice. Il habitait aux Bonnes Espérances et il est mort hier soir. – Et alors ? s’exclama Michael en passant la main sur ses yeux. Il n’y comprenait rien et commençait à avoir froid. Il se sentait totalement ridicule, pendu au bout du fil en tenue d’Adam. – Ne sois pas si sec ! Tu t’es levé du pied gauche ou quoi ? Comme je viens de te le dire, ce pauvre Maurice est mort. Il a eu une crise cardiaque en regardant un match de tennis entre Federer et Nadal. Une vraie boucherie. Ce pauvre Federer n’est plus ce qu’il était. Il ne savait plus jouer et s’est fait battre à plate couture par l’Espagnol. – En quoi cela me concerne ? rétorqua Michael. – Et bien, cette histoire est très étrange. Je l’ai croisé par hasard dans les couloirs quelques heures avant sa mort. Quand je l’ai salué, il m’a agressée, m’accusant de lui avoir écrit une lettre en ajoutant qu’il ne craignait pas mes menaces. Sur le moment, trop surprise, je n’ai pas cherché à comprendre et j’ai continué mon chemin. Mais maintenant… Je suis certaine qu’une personne l’a aidé à mourir, si tu vois ce que je veux dire… De plus, il n’est pas le seul dans ce cas-là. Nous en sommes à deux décès en dix jours à peine. Le premier avait également eu un comportement v*****t la veille de son accident. Quelqu’un élimine discrètement les vieux de l’immeuble, j’en suis persuadée. Il faudrait se renseigner auprès de la police. Tu pourrais t’en charger. Ta petite amie n’est-elle pas inspectrice ? Elle est si adorable. – Ton histoire ne tient pas debout. Je ne vois vraiment pas en quoi c’est étrange qu’un petit vieux meure d’une crise cardiaque. Et puis je ne suis plus avec Jeanne et elle doit avoir suffisamment de travail sans que tu la déranges avec cette histoire. Va prendre un café chez Alfred et ne pense plus à cet homme. C’est la vie, et personne ne peut rien y faire. Je te souhaite une bonne journée. – Mais… Michael avait déjà raccroché et alla se recoucher au côté de la belle inconnue. Impossible de fermer l’œil. Sa grand-mère avait réussi à le réveiller pour de bon. C’était la première fois qu’elle l’appelait pour lui raconter une telle énormité. La solitude lui ferait-elle perdre la tête ? Une vague de culpabilité lui arriva en pleine face. Il ne prenait pas suffisamment le temps de lui rendre visite. Il se promit d’aller la trouver. En attendant, il avait mieux à faire… Décidément, le nom de cette fille lui échappait.
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