I-4

2705 Words
— Voyons ! Il doit y avoir moyen d’arranger cette affaire-là, dit Listel… Tu ne connais pas Girani, tu ne peux avoir d’animosité contre lui… Il y a certainement une erreur… On va s’expliquer… Tiens, voilà nos camarades qui reviennent. La porte s’était ouverte et Houchard rentrait avec un des convives. Ils étaient fort agités, mais ils souriaient. C’était de bon augure. — Eh bien ! s’écria Listel, où en êtes-vous par là ? — Nous en sommes à un arrangement… Ah ! Diable ! Ça n’a pas été tout droit. — Mais êtes-vous constitués comme témoins ? — Sans doute. — Alors il faut que nous restions seuls tous les quatre. Où allons-nous mettre Ploërné ? — Mais à quoi bon rester seuls, puisque, dans une minute, nous allons être obligés de rappeler le commandant pour lui soumettre l’accord que nous proposons, et dont l’acceptation par lui terminera amiablement l’affaire… Il n’y a eu que des paroles, point de voies de fait… Après un déjeuner d’amis, où on s’est un peu échauffé, rien d’irréparable… À ces mots : « rien d’irréparable », une lueur passa dans les yeux de Ploërné, et sa bouche se contracta plus douloureuse. Il ne parla point cependant, attendant la suite de la négociation. — Voilà à quoi nous sommes arrivés, reprit le major, après avoir raisonné beaucoup Girani qui était comme un fou en voyant les conséquences de son bavardage… Car il n’y a eu qu’un bavardage… Vous entendez, commandant… Notre convive nous a raconté un roman de sa façon… Les personnages sont vrais, mais l’intrigue est fausse. Il nous l’a déclaré… Il le déclarera devant vous… Il a, en effet, rencontré la jeune fille dont il s’agit… Il en a été amoureux, il a rôdé autour de sa maison, c’est encore vrai, mais il ne lui a jamais adressé la parole, il n’a jamais eu d’entrevue avec elle… Il s’est vanté… Il a pris son rêve pour la réalité… Il était gris, en somme, ce qui n’est pas un grand crime. Et vous avez été vraiment dur pour lui !… Ploërné interrompit son camarade par une violente protestation : — Vraiment ! Vous trouvez ? dit-il d’une voix enrouée par l’émotion. — Voyons ! Ne vous fâchez pas !… Nous reconnaissons tous nos torts, nous acceptons votre sortie, un peu vive, comme une punition de notre forfanterie, mais quand nous aurons fait toutes ces concessions, au moins vous consentirez bien, vous, à retirer les expressions outrageantes dont vous vous êtes servi ?… Le commandant resta silencieux et immobile. Il n’acquiesçait ni du geste, ni de la voix. Il semblait si peu disposé à accepter l’accommodement qui lui était proposé, que les quatre témoins se regardèrent pleins de trouble et d’inquiétude. — Voyons, Ploërné, dit Listel, tu ne peux pas refuser de terminer une affaire dans des conditions aussi avantageuses pour toi… Ou bien tu vas nous laisser croire que tu cherches à Girani une mauvaise querelle… Allons, tu acceptes… C’est entendu ?… Ploërné fit quelques pas d’un air irrésolu, puis s’arrêtant brusquement : — Nous étions une douzaine d’hommes ici. Il peut arriver que tous ne soient pas discrets et que l’affaire s’ébruite. Pour mettre mieux à couvert l’honneur de celle dont j’ai pris la défense, je veux une déclaration écrite. — Eh bien ! Nous prenons sur nous de te la promettre. Girani ira aussi loin que possible dans la voie des concessions. D’ailleurs il paraît avoir aussi à cœur que toi, de défendre la réputation de la personne dont il a si inconsidérément parlé. Ploërné devint plus pâle encore, à cette assurance de l’intérêt que son adversaire prenait, malgré tout, à celle qu’il avait compromise. Les deux témoins sortaient. Le commandant et ses deux amis restèrent seuls. — Tu vois, fit Listel, cela s’arrange à ta satisfaction… — Tout à fait ! murmura le commandant avec une âpre ironie. Ils se turent, attendant. La neige, au dehors, continuait à tomber. Dans la pièce voisine, au milieu du silence, des bruits de voix se faisaient entendre. Au bout de quelques minutes, la porte se rouvrit, et les témoins reparurent. Houchard, très grave, tenait à la main une feuille de papier. Il la tendit à Listel, qui la lut avec son camarade, puis la passa à Ploërné, qui la regarda d’un œil presque indifférent. — Maintenant que nous avons fait tout ce que vous avez voulu, Ploërné, nous attendons que vous fassiez à votre tour la concession exigée… Vous y consentez, n’est-ce pas ? Le commandant leva la tête, et, regardant les quatre témoins de cet air qui les avait déjà si fort troublés, il dit avec une tranquillité affectée : — Avant tout, je veux dire un mot à M. Girani. — Mais, mon cher, c’est tout ce qu’il y a de plus incorrect ! s’écria Listel. Nous avons déjà conduit l’affaire très irrégulièrement… — C’était pour le bien, insinua pacifiquement le docteur. Ne le regrettons pas. — Mais ce que vous réclamez maintenant… — C’est à prendre ou à laisser, dit Ploërné avec sa douceur inquiétante. — Nous allons donc demander au marquis s’il veut y consentir. La porte était restée entr’ouverte. Girani, qui sans doute écoutait, parut sur le seuil. Il s’avança vers le commandant avec une contenance fort digne. Du geste Ploërné l’amena dans l’embrasure de la fenêtre, et là, le dévorant du regard, tout son sang subitement remonté du cœur au visage : — Laquelle des deux avez-vous voulu désigner, dit-il d’une voix étouffée et tremblante… Laquelle des deux… Lydie ou Thérèse ? Le problème de sa vie allait, en une seconde, se résoudre. Il attendait la réponse de l’Italien, plein d’une anxiété affreuse. — Laquelle ? répéta-t-il sourdement. Oh ! Répondez ! Il y va, pour moi, de bien plus que la vie !… Le marquis hocha la tête soucieux ; puis, avec fermeté : — Je ne puis vous répondre. — Pourquoi ? — Parce que ce serait commettre, à votre instigation, une nouvelle indiscrétion cent fois plus grave que la première, car, maintenant, je sais devant qui je parle. — Ah ! Malheureux ! Vous ne comprenez donc pas le mal que vous me faites !… Prenez garde !… Sans répondre un seul mot, Girani s’était écarté. Les yeux étincelants, Ploërné l’avait suivi. — Eh bien ? demanda Houchard, avec l’espoir que les deux adversaires étaient réconciliés. — Eh bien ! s’écria Ploërné, j’ai pris connaissance de la déclaration de monsieur, j’ai eu avec lui une explication supplémentaire, et après avoir lu ce qu’il a écrit, entendu ce qu’il a dit, je déclare que, non content de s’être conduit comme un drôle, il se conduit maintenant comme un lâche ! — Monsieur ! fit Girani en s’élançant sur Ploërné. Mais le commandant avait été plus prompt et sa main levée venait de s’abattre sur le visage du marquis. Les quatre hommes s’étaient jetés entre les adversaires ; tous criaient : — Ploërné, vous êtes fou ! Messieurs, il ne sait ce qu’il fait !… Girani, éloignez-vous !… La voix de Ploërné domina le tumulte, très nette et très froide : — Je sais ce que je fais, messieurs, point d’équivoque. Nous ne sommes que des hommes ici. Donc pas de ménagements. Il ne s’agit plus que de se battre. Monsieur doit en avoir tout aussi envie que moi… Il y a des armes chez notre ami… Celles que vous voudrez. Mais séance tenante… Je pars demain, je n’ai pas le loisir de remettre cette affaire. Il paraissait aussi calme que quand il était entré dans le salon, avant le déjeuner. Listel l’avait emmené dans un coin, et très grave lui disait : — Qu’est-ce que tu préfères comme arme ? Qu’est-ce que tu tires le mieux ?… — C’est à lui que le choix appartient… Ce qu’il voudra, comme il voudra… Et, n’aie pas peur, je vais le tuer, aussi vrai qu’il n’y a qu’un Dieu ! — Fais bien attention… Il est de première force au pistolet ! — Tant mieux. Au moins je ne l’assassinerai pas ! Il regardait son ami avec une telle confiance, avec une telle certitude que celui-ci en restait épouvanté. D’un homme aussi brave que l’était Ploërné, aucune forfanterie ne pouvait être soupçonnée. Il y avait donc, dans l’assurance qu’il donnait de tuer son adversaire, une sorte de violence faite à la destinée, une domination des faits par la volonté, qui terrifiait. Et le lieutenant, qui avait cependant vu de sanglantes batailles, ne pouvait reprendre son sang-froid, demeurait inerte et tremblant devant son ami résolu et implacable. Le maître de la maison revenait, après quelques minutes de conversation avec les témoins de Girani. — Tout est décidé, fit-il. Le pistolet, à vingt-cinq pas, au visé… Trois balles tirées par chacun des adversaires… — C’est bien ! dit le commandant. — Il fait dehors un fichu temps, reprit le major. Si vous vouliez, j’ai derrière la maison un grand hangar, qui servait au précédent propriétaire de pressoir pour les olives… Il a bien trente mètres… Vous y seriez à couvert. — Où il vous plaira. Mais faisons vite ! — Il est enragé, ce Ploërné, dit tout bas Listel à son co-témoin. Tout à l’heure il m’a fait peur… Ça va être très sérieux, prépare d’avance ta trousse, des b****s et tout ce qu’il faut pour raccommoder un blessé. — Sacrebleu ! Et s’il y a mort d’homme ?… — Alors ce sera l’affaire des pompes funèbres !… Mais quelle responsabilité pour nous ! — Tout se passe correctement, n’est-ce pas ? — Autant qu’il est possible, dans une situation aussi anormale. — Tu prêtes tes pistolets ? — Ces messieurs les ont. — Aucun des adversaires ne les connaît ? — Aucun. On va tirer, à pile ou face, le choix des places et le droit de charger. Remplis toutes ces formalités, moi je reste avec Ploërné. Listel s’éloigna. Dans la pièce voisine, l’un des témoins de Girani attendait. Dans le salon, le marquis et le commandant n’étaient séparés que par la distance d’une fenêtre à l’autre, assistés chacun d’un de leurs amis. Assis devant une petite table, l’Italien écrivait. Penché, le front assombri, il se hâtait, et sa plume courait sans une hésitation. Il savait bien ce qu’il voulait dire. Il poudra l’encre fraîche, plia la feuille, la mit sous enveloppe, écrivit l’adresse : « Monsieur… monsieur… » Burel, qui regardait machinalement, ne put lire le nom. Puis il glissa la lettre sous une seconde enveloppe, et, se tournant vers le jeune officier : — S’il ne m’arrive rien, ou si je ne suis que blessé, vous me rendrez ce papier. Si je suis tué, vous la porterez au consulat d’Italie à Toulon, sans ouvrir la première enveloppe, sans regarder le nom du destinataire… Vous me le promettez sur l’honneur ? — Soyez tranquille, je vous le promets. Au même instant, Listel reparut et dit : — Messieurs, quand vous voudrez. D’un même mouvement les deux hommes s’avancèrent, Girani le premier, Ploërné ensuite avec le maître de la maison. Au bas de l’escalier, celui-ci passa devant pour montrer le chemin. On traversa le vestibule, une office, une petite cour, un bout de jardin, et on se trouva sous un bâtiment, portant sur quatre piliers de briques, formant un grand parallélogramme. Sur les quatre côtés, l’air libre et, sous le pied, un sol de terre battue. Dans un coin, du bois à brûler rangé, quelques bouteilles vides et des caisses. Rien qui pût servir de point de repère ou de guide pour le tir : un endroit préparé à souhait. Tout autour la neige tombait, et, dans le jardin déjà blanc, les arbres frissonnaient sous le souffle du vent. — As-tu quelques recommandations à me faire ? demanda Listel à Ploërné, en le menant à sa place, qui venait d’être marquée, après un mesurage scrupuleux de la distance. — Aucune autre que d’aller à mon hôtel, si je suis tué, et de prendre tous mes papiers, pour les porter au préfet maritime. Il les classera, gardera ce qui intéresse le service, et rendra le reste à ma famille. — Bien. Donne-moi la main, voici Burel qui t’apporte ton pistolet, moi je vais porter le sien à Girani. Le commandant pressa la main de son camarade, sans laisser paraître la moindre émotion. Il était ferme, froid, merveilleusement maître de ses nerfs. Il examinait le terrain avec un calme parfait, et venait de remarquer que, sur un massif de lauriers poudrés à frimas, son adversaire se détachait en noir, comme une véritable cible. Il prit le pistolet que lui tendait Burel, en releva le chien pour appuyer fortement la capsule, le mania deux fois, pour s’assurer qu’il était bien en main, puis, le serrant fortement, il abaissa le bout du canon vers la terre. — Tu sais, mon vieux, lui glissa Burel, je suis témoin de ton adversaire, mais je voudrais bien te revoir intact, tout à l’heure. Le commandant le regarda avec fermeté et répondit ces seuls mots, sorte de prière résignée du marin au moment d’aborder le danger : À Dieu vat ! Les témoins s’étaient rangés de chaque côté, et, dans l’espace libre, les adversaires se trouvaient en présence. Girani blême, Ploërné sombre. Tous deux très résolus. Listel, dans le silence, demanda : — Êtes-vous prêts, messieurs ? — Oui, répondirent les combattants, d’une seule voix. Il y eut un léger temps, puis le commandement : — Feu… un, deux, trois. Les deux pistolets se levèrent en même temps, une flamme jaillit de celui de l’Italien, et la casquette galonnée du commandant, enlevée par la balle, sauta à dix pas. Ploërné, nu-tête, les sourcils froncés, les lèvres serrées, le canon à la hauteur du visage, offrait l’aspect formidable d’un homme sûr de lui, et qui a réservé son feu. Il resta une seconde immobile, et on eût entendu battre le cœur des assistants, en proie à une angoisse horrible. Enfin une détonation retentit, et le marquis roula dans la poussière. Tous les témoins s’étaient précipités sur lui. Houchard les écarta du geste et, ouvrant la redingote et le gilet du blessé, il vit sur le plastron blanc, à la hauteur des côtes, un filet de sang qui suintait. Il écarta la chemise : un petit trou violacé étoilait le flanc du malheureux qui, la bouche déjà rouge, haletait avec effort. Le regard anxieusement fixé sur le médecin, il attendit son arrêt : — Ce ne sera rien, déclara Houchard. Mais sa physionomie démentait à ce point son langage que l’Italien baissa la tête avec un triste sourire et dit : — Merci, mon ami ; tout ce que je vous demande, c’est de ne pas me faire souffrir. Il eut une suffocation, puis ajouta : — Ah ! C’est un coup bien visé… Et voilà une marquise veuve ! Les témoins se rapprochaient de Houchard pour savoir ce qu’il augurait de son examen. — Fichu ! murmura entre ses dents le docteur. Il faudrait le transporter chez moi, dit-il plus haut, afin que je puisse le soigner comme il convient. Descendez-moi donc un matelas… Avec une échelle nous ferons une civière… — Non ! non ! râla Girani. Vous voyez bien que c’est fini… Par grâce, ne me torturez pas… Houchard dit à ses amis : — Alors un matelas seulement, pour qu’il soit mieux. Ploërné s’était détourné et adossé à un des piliers du hangar, la tête nue, il attendait. Listel revint auprès de lui. — Eh bien ? demanda le commandant. — Il n’en a pas pour une heure… Remontons, tu ne peux rester là. Ploërné fit quelques pas, le front penché. Il ramassa sa casquette à laquelle un lambeau d’étoffe était arraché. Mais il fut arrêté par Houchard, comme il allait quitter la place : — Il voudrait vous parler, avant de mourir, dit-il. Venez, vous ne devez pas lui refuser cette consolation suprême. Sans répondre, le commandant s’avança, seul. Girani, étendu sur des couvertures, le visage trempé d’une sueur glacée, la bouche rentrée, agonisait. — Que voulez-vous de moi, monsieur ? dit gravement Ploërné. — Que vous me tendiez la main, haleta le mourant. — Soit ! Mais avant, sachez ce que je n’ai pu vous déclarer devant tout le monde. De ces deux jeunes filles, sur lesquelles, indifféremment, peuvent se fixer les soupçons qu’a excités votre récit dans mon esprit, l’une est ma fiancée, et je l’aime de toutes les forces de mon âme… Mesurez l’étendue du mal que vous avez fait. Par grâce… vous voyez, c’est moi qui vous supplie… Ne me laissez pas dans l’horrible incertitude où je suis… Délivrez-moi de mon angoisse et parlez. Laquelle avez-vous voulu désigner : Thérèse… ou Lydie ?… Souhaitez-vous que je vous dise celle que j’aime ? Girani, de sa tête sur laquelle les ombres violettes de la mort s’étendaient déjà, répondit : non. — Voulez-vous donc me désespérer ? reprit Ploërné. Oh ! Ayez pitié ! Laquelle est pure ? Laquelle est indigne ? Ne me laissez pas les soupçonner toutes les deux… Ne m’obligez pas à les interroger, à les offenser ? Laquelle ? Lydie ou Thérèse ? Penché sur cet homme, qui mourait de sa main, le commandant semblait le vaincu, l’agonisant. Il fouillait du regard le visage décomposé de l’Italien, cherchant un indice, une preuve, une lueur de vérité. Girani eut un douloureux sourire, et, comme Ploërné le pressait une dernière fois, il murmura : — Je ne le dois pas ! Ses yeux tournèrent dans leur orbite, ses paupières s’ouvrirent plus grandes, comme s’il voyait soudain un spectacle inattendu. Il exhala un soupir profond et resta immobile. Il venait de mourir en emportant son secret. Le commandant se releva, aussi pâle que le mort. Et se tournant vers les assistants : — C’est fini ! Il alla à Listel, et, lui tendant sa casquette déchirée, avec un calme terrible : — Tiens, prends ma casquette et donne-moi la tienne. Il est nécessaire que j’aille chez l’amiral, car, demain matin, je veux partir. Il tendit la main à ses trois autres camarades : — Messieurs, dit-il, je vous ai été bien mauvais convive et je vous fais tristement finir la journée… Excusez-moi. Il lui fallait passer devant Girani, pour s’en aller. Il regarda encore celui qu’il avait tué, comme s’il espérait obtenir du mort ce que lui avait refusé le vivant. Étendu, les mains repliées sur la poitrine, ainsi que pour prier, le marquis, calme et moins pâle que pendant sa courte agonie, semblait sourire à son rêve éternel. Ploërné se courba lentement, fit un signe de croix, et s’éloigna. Une fois dans la maison, il endossa son manteau, boucla son sabre, puis sortant dans la rue, il murmura : — Ce que je n’ai pas su par lui, il faudra bien que je le sache par elles !
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