1er novembre 17 heures. Il pleut depuis ce matin, une pluie fine comme une poussière, qui tombe silencieusement. Le jour déjà prend congé. Je n’ai pas quitté la maison, j’ai ouvert un livre, dont je n’ai pas lu dix lignes. Tout l’après-midi j’ai rêvassé, écoutant les deux cloches de Sainte-Engrâce qui sans répit se renvoient les notes du glas. Chuintement des pneus des voitures sur l’asphalte, et piétinement parfois d’une troupe familiale qui, ses dévotions accomplies, fait un brin d’exercice sur la route d’Ascain. J’imagine la grand-place, les trois bistrots pris d’assaut, les hommes dans leur costume du dimanche qui boivent au milieu des cris et de la fumée. Ils ont salué leurs défunts, pendant quelques minutes ils ont participé à la fête des ombres. Ils s’en échappent à présent, très

