Chapter 2

378 Words
18 janvier – Extrait du Diario de Gerona : Attentat criminel à Gérone. Un industriel assassiné par un trio de terroristes. Deux d’entre eux sont abattus par la police. Il était 1 h 40, hier, quand une patrouille de la Guardia civil effectuant dans la vieille ville une ronde de routine remarqua l’attitude suspecte de deux individus qui sortaient d’un immeuble de l’avenue Del-Generalissimo. Dès l’arrivée sur place des policiers, les deux hommes ouvrirent le feu. Il s’ensuivit une brève fusillade, au cours de laquelle les malfaiteurs furent définitivement mis hors d’état de nuire. Il s’agirait de tueurs particulièrement dangereux, sans doute membres du groupe t********e ALMA, lui-même satellite de l’ETA. Une troisième personne, une femme, qui attendait ses complices de l’autre côté de l’avenue au volant d’une Alfa Romeo immatriculée en France, réussit à s’enfuir. Prise aussitôt en chasse, elle fut rattrapée un kilomètre avant Quart et neutralisée. Cette femme, dont l’identité n’a pas encore été divulguée, est activement interrogée à la caserne provinciale de la PA (policia armada). Les représentants de l’ordre devaient découvrir peu après, dans l’appartement qu’il occupait au 7 de l’avenue Del-Generalissimo, le corps du señor Felipe Luis Huertos Da Silva. Il avait été tué d’une balle en plein cœur. Le señor Da Silva ne résidait que depuis cinq mois à Gérone, où il était le représentant général pour la province des automobiles Mercedes, après avoir exercé durant plusieurs années des fonctions identiques à San Sebastian. Homme discret et courtois, le señor Da Silva vivait seul et menait une existence tranquille et laborieuse. On n’en est que plus révolté par ce lâche attentat, dont l’annonce a provoqué dans tous les milieux de la capitale une réprobation unanime. — Je me nomme Chantal Ragon. J’ai trente-quatre ans. Je suis de nationalité française… Je ne sais pas ce dont vous parlez… Oui, j’étais avec eux, mais je ne les connais même pas ! J’ignorais pourquoi ils se trouvaient à Gérone. Je vous jure que je ne les connaissais pas ! … Tortures… — Depuis quand faisais-tu partie du groupe ALMA ? Qui t’a conduite au traître Carlos ? Parle, ordure ! — Je n’ai vu Carlos qu’à trois reprises. La première fois c’était… je ne me rappelle pas… J’ai mal ! C’est le docteur Ramirez qui m’a adressée à lui… — Ramirez ? Tu as dit : Ramirez ? Qu’est-ce qu’il est pour toi ? — Un ami. — Tu couchais avec lui ? — C’est faux ! Un ami, c’est tout… Je suis mariée, regardez mon alliance ! Mon mari est Christian Ragon. Appelez-le, appelez-le vite ! Appelez les honnêtes gens ! Au secours ! Vous ne voyez pas ce qu’ils sont en train de me faire… … Tortures… Tortures… Tortures… — Continuez l’interrogatoire. Il faut qu’elle parle.
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