Tenant fermement le manche de ma valise le quai de la gare était à présent vide, attendant patiemment le comité d'accueil qui n'était visiblement pas là. Super... je me retrouvais dans l'endroit le plus perdu au monde, là où aucun humain ne veut y habiter, humain, non, Homme tout court. Personne ne veut côtoyer cette meute.
Ou alors les fous ?
J'allais devoir me débrouiller seule, encore une fois. Attrapant fermement ma valise à roulette, je fis de mon mieux pour la diriger mais autant dire les choses clairement, les roulettes ce n'est pas mon truc. Réhaussant mon long manteau framboise, malgré ça mes cheveux venaient m'agressaient mon visage, me forçant à les glisser derrière mes oreilles. Le vent était puissant, cherchant rapidement dans mon petit sac, j'en sortis un berret que je fixais sur ma tignasse maronnée.
Vous avez pensé que j'étais encore une de ses héroïnes blondes ? Bon je devais l'avouer, je les avais teints en blond pendant ma période du collègue au lycée, je me pensais magnifique ainsi. Jusqu'à ce que je comprenne que non, je ne ressemblais à rien. Ça ne m'allait pas, et maintenant j'avais retrouvé ma couleur d'origine et les avait laissés pousser sans jamais oser les raccourcir.
Maintenant je regrettais, des cheveux aussi longs, frottant le bas de mon dos et collant sur mes fesses sous la douche n'était clairement pas génialissime. Je me les couperais, me persuadais-je. Mais non, je ne le ferais pas. Glissant les mèches chatouillant mon visage derrière mon oreille, je levais d'un coup la main en voyant un taxi.
Je ne pensais pas qu'il y aurait encore du monde. Fixant autour de moi, la forêt était tout autour, donnant des airs sinistres, sauf pour un loup. Je n'y voyais qu'une liberté retrouvée, une envie de courir à quatre pattes. Pour autant, je sentais beaucoup d'odeurs, toute plus alléchante les unes que les autres. Un marché ? Depuis quand il y avait du monde ici ?
La main toujours levée, j'hélais le premier taxi qui passa vers la gare.
Celui-ci s'arrêta à mes pieds, un vieil homme en sortit, petit sourire collé à son visage, il ne semblait pas avoir peur des nouveaux arrivant. Il prit ma valise avant de m'ouvrir la porte pour que je m'engouffre.
- Merci, osais-je simplement dire.
Je ne comprenais pas, regardant un peu plus, j'observais plusieurs personnes attendre à l'arrêt de bus à la gauche de la station. Le vieil homme grisonnant rentra dans l'habitacle, se retournant vers moi.
- Je vous emmène où mademoiselle ?
- Le clan Whisper, osais-je exprimer.
Pas un seul tressaillement glissa sur son corps, il me souriait avant de faire partir la voiture. Où était les gens qui avaient peur de cette meute ? Non ce n'était pas logique du tout, et j'allais en profiter pour questionner ce pauvre homme.
- Nous allons entrer dans le centre ville, s'exprima-t-il avant moi. Nous avons une ville en plein développement...
- Excusez-moi de vous demander ça mais comment ça ?
Il prit un visage plus doux, comme s'il comprenait ma question, qu'il avait vécu l'avant et l'après. Que cette réussite fût produite de ces doigts et qu'il était fier de me le narrer.
- Depuis les élections de l'Alpha suprême, des humains ont commencés à emménager proche de la meute, puis d'autres loups ont rejoint, expliqua-t-il en montrant les rues blindées du centre. La meute a commencé par refuser pour finalement comprendre l'atout d'avoir plus de monde, de ne plus leur faire vivre un enfer. Depuis, nous accueillons à bras ouvert les nouvelles têtes.
- Black a accepté ça ?
- Oui, mademoiselle.
Je restais sur le cul. Me réinstallant au fond de mon siège en cuir. Passant une main sur mon visage pour tenter d'oublier toute ses informations. Où était passé le sadique, le terrifiant Alpha et pourquoi je n'étais pas au courant ? Mes informations sur lui étaient si peu fiable ? Je ne comprenais plus rien.
Alors qu'on s'éloignait de la civilisation, un grand chemin de terre nous accueillit, les arbres commencèrent à nous engloutir, jusqu'à forcer les feux de croisement du taxi. Il conduisit sans crainte, s'arrêtant d'un coup à un carrefour.
- Pourquoi s'arrête-t-on ?
Le stresse commençait à me prendre, je n'étais pas fan de ne pas savoir où j'étais, pourtant le vieil homme ne semblait pas perturbé alors qu'un coup sur la vitre me fit lâcher un petit cri de panique.
- Ne vous inquiétez pas mademoiselle !
Il tentait de me rassurer, mais ma louve ne l'était pas. Dans un lieu inconnu, une solitaire cherchait toujours une voie de secours, surtout dans un habitacle qui ne lui permettait pas de sentir autour d'elle. Il baissa sa vitre, laissant apparaître un homme-loup, reconnaissant l'odeur d'un Beta immédiatement.
- Salut Jean, cette jeune femme doit aller voir la meute, elle n'a pas de pass.
Le regard de l'homme se tourna vers moi, je vis instantanément le regard du loup, il m'étudia, essayant de savoir si j'étais une menace ou non.
Me fixant de haute en bas, surtout ma poitrine cacher par mon manteau que j'avais heureusement garder fermer. Il avait ce regard sinistre, des cheveux mi-long caressant ses pommettes hautes, des lèvres pinçaient, et un visage presque cadavérique. Il me fichait complètement la trouille.
- Sans pass, tu ne passeras pas ce barrage. Clama-t-il avec une voix beaucoup trop posée.
Je sursautais un peu, je n'aimais pas du tout cette voix qui n'annonçait rien de bon. Entrer dans une meute était toujours compliqué. Alors que je le regardais sans bouger, il souffla longuement en claquant des doigts pour tenter de me ramener sur terre.
Je tournais immédiatement mon regard vers mon sac, lui faisant signe d'attendre. Je crois que j'avais mi une enveloppe des Anciens dans la pochette. Fouillant, je sentis son impatience, je sortis tout, l'éparpillant sur le siège passager pour sortir pas mal de papier avant de trouver l'enveloppe cacheter. Je la tendis au loup qui me regarda en haussant un sourcil.
Il était rare d'avoir le seau des Anciens dans les mains, il devait me prendre pour une inspectrice, je lui sortis un petit sourire timide. Je ne savais pas pourquoi mais je sentais que je devais rester à ma place.
Il se recula alors quittant le taxi pour se poster à côté, la lumière d'une lampe torche éblouit sa stature, me laissant voir un homme grand et taillé dans la pierre. Il releva l'éclat de lumière sur ma fenêtre, je fus complètement éblouit, me forçant à fermer les yeux. Quand il relâcha la lumière dans ma direction, je rangeais tous mes papiers, remettant dans mon sac.
La porte à ma gauche s'ouvrit sur le loup qui entra. Celui-ci eu du mal à s'engouffrer par sa taille puissante. Il fit signe au chauffeur d'avancer.
- Nous n'avons pas été mi au courant qu'une nouvelle louve allait être intégrer notre meute.
Que ça m'étonne des vieux...
Sa voix me fit une fois de plus sursauter, elle avait cette froideur que je détestais, il se mit alors à sentir la voiture, avant de me sourire en coin. Il aimait la peur qui se glissait de mon corps. Il pensait que j'étais une louve soumise, et bien, j'allais lui laisser le croire.
Pourquoi ? Un jour je vous l'expliquerais, pour l'instant je gardais mon aura de dominante au fond de moi. C'était mieux ainsi.
Les arbres commencèrent enfin à se dégager, et d'un coup, la lumière nous éblouit tous. Non, surtout moi, en fait. Je plissais les yeux pour regarder mon nouveau chez-moi. Une mini-ville se montrait au grand jour. Nous continuions la route, passant à côté de plusieurs chalets dont des enfants jouer sur la zone d'herbe face à leur portillon. Des femmes semblaient les surveiller de loin, tandis qu'elle faisait le linge ou encore le ménage.
Voilà pourquoi je détestais les meutes, la place de la femme était encore dictée ici. Seul les plus puissante avait le droit de faire plus. Mais nous étions très peu. Et souvent nous nous cachions.
Après les maisons, nous trouvions des petites supérettes en tout genre, des restaurants mais aussi un petit parc d'entraînement des loups.
- Nous avons aussi une école pour nos enfants, m'expliqua la voix de mon voisin, me montrant son côté de fenêtre. Nous leur apprenons aussi à combattre.
- Logique...
Nous passions la petite ville pour laisser un long moment une rue sans rien, avant de passer une grille au pas. La voiture prenait tout son temps pour faire le tour d'une fontaine, me faisant comprendre en levant les yeux que le grand chalet devant moi était celui de l'Alpha.
Un frisson parcouru mon échine, je n'étais pas prête à le revoir, mais je n'avais pas d'autres choix. Le chauffeur sortit pour venir m'ouvrir, mais quand la porte fut ouverte, mon voisin la tenait. Je tournais mon regard sur le côté : il est très rapide.
Posant le pied sur le sol, j'entendis mon chauffeur sortir ma valise pour la donner à ce certain Jean. Il l'attrapa comme une brindille et me fit un signe pour le suivre.
Je me tournais alors vers mon chauffeur pour le payer.
- Merci encore ! Remerciais-je en lui tendant un billet supérieur à la somme, garder la monnaie.
- Bon courage, surtout.
Je coupais ma respiration pour sentir autour de moi, je le sentais. Son odeur était partout, son territoire. Ma louve rêvait de lui montrer sa façon de penser en la recouvrant de la sienne, l'écraser était son but. Mais au fond je savais qu'elle voulait seulement mélanger son odeur à la sienne.
Je la contenais parfaitement en souriant à Jean, il avait senti mon hésitation à bouger. Et je n'allais certainement pas montrer ma vraie nature à mes ennemis. Je lui emboitais le pas tandis qu'il m'ouvrit la grande porte d'entrée.
- Ne te perd pas, ici tu n'es pas connu, m'expliqua-t-il en commençant à marcher plus vite. Les solitaires ne sont pas appréciés.
- Pardon ? fis-je choquée.
Le mec me faisait comprendre que je pourrais me faire bouffer par des loups en colère si je ne lui collais pas les basques. Pourquoi je ne pouvais pas lui faire manger ma valise ?
Parce que tu veux devenir l'Alpha
Alors j'augmentais le pas, me laissant pas distancer, il me testait, il essayait de voir si j'allais me soumettre à lui. On monta deux étages sans que je puisse voir les tableaux, ni l'architecture qui avait l'air très marqué. J'avais juste vu le marbre sur le sol de l'entrée et maintenant je courrais presque derrière cette saleté de loup.
Il s'arrêta d'un coup, me laissant pas le temps de freiner, me prenant son dos en pleine tête.
- Bordel, prévenez quand vous vous arrêtez !
J'en avais fait tomber mon berret laissant mes cheveux filaient dans tous les sens, merci le Beta ! Massant mon front en grognant, je relevais la tête pour voir son regard fixait dans mes yeux bleus. Penchant la tête sur le côté, il semblait chercher quelque'chose, mais je ne lui laissais pas le temps.
Ou alors il n'arrivait pas à comprendre qu'une soumise Omega le regarde sans sourcillé ?
- On rentre ?
J'avais bien vu la grande porte en bois derrière lui, mais je devais l'avouer, ce que j'avais senti c'était l'odeur qui faisait frétiller mes hormones. Cette odeur puissante que j'avais sentit bien trop de fois. Le musc puissant de la forêt et de la cannelle que je raffolais plus que tout.
Black était derrière.
J'eus envie de ne plus avoir cet odorat super développé tandis que j'ouvrais ma veste. J'avais chaud avec cette marche rapide, je laissais alors voir mon pull sombre laissant voir en transparence juste la naissance de ma poitrine, un jean qui me collait à chaque centimètre de peau. J'aimais montrer mes jambes puissante, musclé par ma louve. J'étais assez fier de mon corps, surtout mes fesses rebondis, et seuls les jeans arrivaient à montrer ces formes gracieuses.
Adieu le cliché de la fille parfaite, je ne le suis pas, j'ai une poitrine que je déteste, beaucoup trop importante. Je n'ai pas de petits seins comme la plupart des jolies filles, non j'ai des formes, un ventre certes plat mais qui laisse voir une petite ligne de muscle. Merci la louve, car étant jeune, j'avais plus de bourlet qu'autre chose en plus d'avoir était une planche à pain. Même si j'ai toujours mes poignées d'amour sur les côtés.
Je laissais Jean finir de me regarder de haute en bas, frappant de manière rapide mon pied droit avec impatience.
Il se retourna d'un coup pour frapper à la porte, une voix grave répondit très rapidement tandis que je déglutissais fortement.
- Entrez !
Cette voix me rappeler tous mes mauvais souvenir tandis que le loup ouvrit la porte. Cette pièce n'était pas trop grande, mais mon regard se fixa sur le bureau en bois ciré. Il semblait avoir vécu des années, mais ce n'était pas la chose importante.
Black était devant moi, grattant de son stylo sur un papier qui semblait plus l'énervé qu'autre chose. Ses sourcils étaient froncés, laissant voir la ligne de ses rides, alors que sa mâchoire si carrée quant il était jeune n'était plus si douce. Elle était puissante, ses cheveux courts étaient en bataille, montrant qu'il galérait avec ces documents tandis qu'il s'énerva une fois de plus, maugréant dans sa petite barbe de quelques'jours qui me donnait envie d'y glisser mes doigts.
Ses cils étaient si long avant ? Il était tellement musclé, il avait grandi, je lui concédais, mais je ne pensais pas qu'il avait l'air si adulte, si dominant. Ma louve était clairement entrain de fondre, et moi j'étais aussi excitée qu'une puce.
Et Jean dût le sentir car il pouffa de rire. Le nombre de fille qui devait craquer en le voyant ne se compter plus. Et son rire me réveilla enfin, alors je pris mon courage entre mes mains, j'allais l'affronter, sur son terrain.
- Bonjour, Black.