GABRIEL L’église respirait dans un silence tendu, ponctué seulement par le craquement du bois et le froissement des vêtements des fidèles. J’avais monté les marches du chœur avec l’assurance mécanique d’un homme qui sait ce qu’on attend de lui. La soutane me pesait comme une cuirasse trop serrée ; j’y étouffais déjà, mais je me contraignis à paraître droit, digne. Devant moi, une mer de visages levés, attentifs, confiants. Des lèvres qui chuchotaient encore une prière, des yeux qui cherchaient dans les miens une certitude, une réponse. Ils étaient venus mendier une part de lumière — et moi, je n’étais plus que l’ombre d’un homme, rongé, déchiré. Je me signai, puis ouvris les Écritures. Les pages bruissèrent comme si elles avaient leur propre souffle, mais mes doigts tremblaient légèreme

