GABRIEL La porte claque derrière moi comme une condamnation. L’air plus frais de la sacristie me frappe, mais il me semble chargé de poussière et d’ombre, incapable d’apaiser l’incendie qui me consume. Je reste un instant figé contre le bois, les mains tremblantes, la respiration saccadée. De l’autre côté du mur, la nef gronde déjà : un bourdonnement confus de pas, de chuchotements, de prières avortées. Des voix inquiètes. Des soupçons. Je n’entends plus une communauté de fidèles, mais un tribunal en ébullition. Et pourtant, tout cela devient soudain lointain, presque irréel. Parce que Clémence entre. Elle quitte son banc sans un mot, traverse les regards étonnés, et me rejoint. Sa silhouette se découpe dans l’ombre de la sacristie. La porte se referme lentement derrière elle, comme po

