GABRIEL La nuit est avancée depuis longtemps lorsque je pousse la porte de mon appartement. Le bois grince, la serrure claque, et ce bruit résonne dans le silence comme un glas. Je reste un moment immobile, la main encore posée sur la poignée, incapable d’avancer. L’air de l’appartement est froid, figé, comme si tout ici attendait un jugement que je n’ai pas encore prononcé. Je dépose mes clés sur la petite table de l’entrée, et ce tintement métallique me paraît étrangement solennel. J’ôte mes chaussures, sans soin, les laissant choir comme deux témoins fatigués de ma fuite. Mais ce n’est pas un refuge que je retrouve. C’est une cellule nue, où mes murs me regardent comme des accusateurs silencieux. Je n’allume pas la lumière. L’ombre me protège, me cache, m’enveloppe d’un manteau qui r

