XXIII Le mariage de Hardress Gregan et d’Anne Chute fut différé quelque temps, en raison des malheurs de leurs vieux amis. Les remords et les incertitudes de Hardress commencèrent à affecter son esprit et sa santé, à un degré qui excita une grande alarme dans les deux familles. Ses manières avec Anne restaient les mêmes qu’avant qu’ils fussent fiancés : tantôt tendres, passionnées, pleines d’une affection ardente ; tantôt maussades, brèves, emportées et sombres. Ses sentiments à elle non plus n’avaient pas changé. Elle s’affligeait des peines fréquentes qu’il manifestait ; mais elle attribuait tout à une faiblesse de caractère naturelle ou acquise, et elle se fiait au temps et aux assiduités de son amabilité dévouée pour le guérir. Il n’avait rien fait, jusqu’à présent, pour se rendre ind

