1677Un jour se meurt lentement, il agonise alors que la nuit prend des forces pour sublimer le monde de sa robe noire. Je me souviens encore, j’ai douze ans. Je suis au château, dans ma chambre, je souffle la flamme de la bougie. La fumée disparaît par ma petite fenêtre en un tourbillon fantomatique et s’en va s’évaporer dans les airs. Pas un bruit pour déranger la quiétude de ce rendez-vous avec elle. Alors je reste à ma petite fenêtre, je regarde le spectacle de la nuit qui naît une fois encore pour le plaisir de mes sens. Et je la sens m’envelopper des ses douces caresses, et je la sens m’envahir de milles promesses. Et je me surprends de rendre à la nuit son sourire. Car je souris une fois de plus. Alors nous échangeons mille propos, elle me parle de mes rêves, je me confie à elle. Et elle sait tout de moi car elle est une partie de moi, je me fonds dans son éternité. Alors je m’endors serein, car elle m’a tenu la main, et alors qu’elle disparaît à nouveau, le terrible jour pointe à l’horizon. J’ai encore rêvé de ce grand bateau blanc qui m’emporte par delà les étoiles de la nuit. La nuit, je n’avais pas peur de l’ennui de la vie. Un ennui pourrissant mon âme et mes entrailles. Je tourne la tête, elle est là, elle gît si près de moi, moi qui écris, elle attend, elle m’attend.