Suite chapitre IX

5000 Words
récemment la silhouette à proximité d’un café.                               En dépit de la haine qu’elle portait à Emma, elle ne souhaitait pas vraiment sa mort. Elle priait jour et nuit pour qu’elle revînt le plus tôt possible et s’expliquer sur tout le mal qu’elle avait fait. Elle vivait au jour le jour sur l’espoir de la retrouver pour la mettre devant le fait accompli.               Dans l’espoir de surmonter cette situation de peur et d’angoisse qui commença à la hanter, il décida d’aller voir monsieur Abel, l’inspecteur principal de la brigade criminelle.              A son arrivée au poste de police, elle se présenta devant le préposé au service et demanda à voir l’inspecteur en question. Quand celui-ci l’avait reçue dans son bureau, il a été émerveillé de son courage et de sa fermeté de venir dénoncer ce genre de menaces criminelles. Et pour écouter sa version des choses, il lui posa la question de savoir exactement ce que cet homme voulait d’elle et quand est ce que il l’appelait. — Cet homme qui me perturbe la vie est pour moi un inconnu. Je ne l’ai jamais vu. Il prétend qu’il est soit disant le messager de ma sœur, disparu il y a longtemps. Vus n’êtes pas, monsieur l’inspecteur, sans savoir les circonstances indéterminées dans lesquelles  elle s’est fait effacer de la surface de la terre. Les appels que je reçois, au milieu de la nuit, de la part de cet individu sont menaçants.       —   Qu’est ce qu’il vous dit ? demanda-t-il.        —  Il m’ordonne de garder le secret sinon ma vie deviendra un enfer, explique-t-elle.        —  Comme quoi ? demanda-t-il.         —  De ne rien raconter ni au public ni au père et ses enfants de ce que je savais sur la vie antérieure de ma sœur.         —  Qu’est ce qu’elle a fait de si spécifique, ta sœur, pour que ça devienne un secret ? demanda-t-il.       —  Elle a fait des bêtises irréparables que personne ne devra savoir.        —  Pouvez vous me dire  de quel genre pour que vous soyez un peu clair ?        — Je ne peux rien vous dire en son absence, monsieur le commissaire.      —  Pourquoi ? dit-il.        —  Tout simplement parce que je ne suis pas venue vous voir pour vous raconter ses secrets. Mais, je suis là pour dénoncer cet inconnu qui n’en finit  pas de me perturber et de me rendre la vie difficile.      —  Avez-vous le numéro de téléphone de l’appelant ?       —  Non, son numéro est inconnu, dit-elle.  Je veux dire qu’il ne s’affiche pas sur mon téléphone lors des ses appels.      — Nous ne pouvons le localiser qu’à condition d’avoir la possibilité de tracer ses appels quand ils sont passés de son portable ou de son téléphone fixe. Je n’ai pas à t’expliquer tous les détails. Nous avons des spécialistes qui vont s’occuper de ce problème. Maintenant, tu vas dans ce bureau d’en face pour déposer ta déclaration.       —  Ok, merci monsieur l’inspecteur.              Le soir, après son retour à la maison, Alors qu’elle se préparait d’aller au lit et réfléchir aux résultats de sa visite au poste de commissariat, Layla vint de recevoir un nouvel appel. C’était la même voix de l’homme des cavernes qui retentit dans ses oreilles         —  Tu crois qu’en agissant de la sorte,  tu arriveras à trouver la solution ?        —  Qu’est ce que tu veux, espèce d’idiot ? dit-elle. Tu n’as plus rien à foutre que de chercher à me donner du fil à retordre ? Si tu es vraiment un bon rien, mon sixième sens ne mens pas de me le confirmer. Les types comme toi, ne doivent pas avoir droit de cité parce qu’en fait, ils  ne sont que des persona non grata là où ils sont. Tu ne crois pas au moins un instant que tu perdes ton temps à essayer de m’épouvanter ?        —  Ce matin, à la première heure,  je  t’ai vue de mes propres yeux entrer au poste de police. Je veux savoir ce que  tu faisais-tu là-bas ?       —  Tu ne vas rien savoir, espèce de minable. Celle que tu as vue n’est pas moi. C’est à fortiori quelqu’un qui me ressemble. La prochaine fois avant que ton acuité visuelle ne t’induise pas en erreur, je te conseille de te  servir d’une paire de jumelles.       —  Quoi que tu dises, dit-il, je ne crois pas un seul mot de ce que tu prétends. S’il s’avère que tu es allée à la police pour me dénoncer, je te couperai en mille morceaux.      — Tu n’es qu’un goujat qui offre ses services illicites et répréhensibles à vil prix, dit-elle. Toutes tes menaces vont se retourner contre toi et tu payeras le prix fort de tes scélératesses et ta méchanceté. Rends-toi compte que tu es en train de filer du mauvais coton. Dans ce genre de travail où tu t’enlises, ta perte sera  cruelle et cuisante en fin de compte.      —  J’en ai assez de ce genre de discours bidon, dit-il.             Quand Nora apporta une infusion de camomille, Layla parlait avec cet homme de caverne. Avant de frapper à la porte, elle tendit l’oreille  et écouta la dernière partie de la conversation. Elle avait presque tout compris, mais  en regardant le visage pâle et blême de la pseudo-maîtresse de maison, elle devint tellement confuse qu’elle lui demanda :       — Excusez, madame, ma curiosité. Ces derniers temps, je vous trouve obnubilée par je ne sais quels problèmes et je voudrais savoir ce qui vous perturbe. Je pense que ces coups de téléphones intermittents que tu reçois au milieu de la nuit peuvent être à l’origine de tes tracasseries. Le verre de camomille que tu prends chaque nuit au coucher, n’est qu’un antidote qui ne pourrait te calmer les nerfs que provisoirement.         —  Mes nerfs ne se calmeront que le jour où tu disparaîtras de ma vue, dit-elle. Quelle mouche t’a piquée, toi aussi, pour que tu viennes fourrer ton nez dans ce qui ne te regarde pas. Tu ne trouves pas que c’est impoli d’écouter aux portes les conversations des autres.        —  Je n’ai pas écouté vos conversations, madame, dit-elle, mais je les ai entendues au moment où je me suis approchée de votre chambre pour vous servir votre infusion.      —   Je n’ai pas besoin d’entendre tes excuses à la c*n, dit-elle. La prochaine fois, je laisserai exprès ma porte grande ouverte pour que tu entre et sortes sans problème. Mais quand tu vois qu’elle est fermée ne t’avise pas de l’approcher. Compris ?             La servante, qui ne savait quoi dire, resta silencieuse et demanda à Layla :      —  Est-ce que je peux me retirer madame ?     —  Oui, tu peux disposer, dit-elle. Vas dans ta chambre et n’y reviens pas me mettre la puce à l’oreille avec tes âneries.              Quand Nora sortit de la chambre, Layla replongea dans ses réflexions interminables. Elle se focalisa sur ces appels inconnus commandités par sa sœur qui craignait certainement le pire le jour où elle déciderait de refaire surface.              Mais celui qui lui posait problème, c’était cet inconnu qui n’en finissait pas de l’importuner sans que la police réussît à lui mettre le grappin dessus. Afin de le neutraliser une fois pour toute, elle se mit à envisager la manière la plus intelligente qui soit.               A l’issue de toutes ses réflexions, elle pensa à engager un détective privé pour localiser d’abord cet homme et ensuite sa sœur. En plus, elle avait cru bon de ménager son langage et d’essayer de se montrer comme une vraie collaboratrice qui ne dirait pas non.             N’étant pas en mesure d’agir seule, elle se tourna vers le jardinier qui accepta de l’aider volontiers, mais à condition qu’elle lui racontât les vrais raisons pour lesquelles elle avait besoin de tel service.               Layla, qui voulait garder secrètes les menaces de mort proférées par cet inconnu et la réapparition fugace de sa sœur,  ne voulait pas lui avouer quoi que ce soit. Elle l’obligea de l’accompagner sans lui donner la possibilité de mettre son grain de sel dans ses affaires.              N’étant pas à même de discuter les ordres des membres de la famille de Mateo, Bruno se plia au bon vouloir de Layla. Mais sa méfiance à son égard est devenue tellement intense qu’elle a pris le dessus sur le peu de confiance qu’il gardait en elle.              Faire des choses en catimini avec cette femme était toujours sa tasse de thé, mais les faire cette fois-ci aveuglément et sans savoir la finalité de ses actes, pensa-t-il, pourrait provoquer un scandale et le mettre dans de beaux draps.              En réfléchissant aux manigances démesurées de Layla qui cherchait à déstabiliser la vie de Mateo et celle de ses enfants, le jardinier bondit de colère et alla chercher la servante dans sa chambre pour évoquer avec elle le problème de ce qui était en train de se tramer dans cette maison.               Quand il frappa plusieurs fois à la porte sans recevoir de réponse, Nora qui a oublié de mettre la targette coulissante, était allongée presque nue sur son lit, et écoutait de la musique avec  les écouteurs aux oreilles.              En le voyant faire irruption dans sa chambre, elle cria à tue-tête comme un chat échaudé craignant l’eau froide.              Pour la rassurer, Bruno lui demanda :      —  Calme-toi, Nora, tu sais tout comme moi que je ne suis pas habitué à entrer dans ta chambre, mais je n’ai pas le choix.       —  Qu’est ce que tu veux, espèce d’intrus ? dit-elle. Tu m’as tellement effrayée que je suis restée désemparée. Je n’ai eu même pas le réflexe de me couvrir ce corps chétif et quasi décharné.       —  Tu te fous de ma gueule ? dit-il. Détrompe-toi, ma  jolie, tu as un corps de sirène.      —   N’exagère pas vieux crouton ! dit-elle. Nous sommes déjà dépassés par l’âge, toi et moi.       — Tu te trompes lourdement, ma belle, dit-il. Regarde-toi dans une grande glace et tu verras combien tu pourras être attirante si tu prends un tant soit peu soin de toi et que tu te laisses un peu de liberté pour être séduite.     —  Alors ça c’est nouveau, dit-elle. Je ne savais pas que tu me regardais autrement que je le pensais. Je ne sais pas de quel type d’homme tu es.     —  Je suis  l’homme irrésistible, mais pas en amour. Quand une femme me fascine avec son charme et sa beauté, je ne lui cache pas mes sentiments et je lui laisse toute la latitude de les admettre ou de les repousser.     —  Est-ce que tu es venu dans ma chambre uniquement pour me faire la cour ?      —  A vrai dire, non, dit-il. Ce n’est pas pour ça que je suis là.       —  Alors, fais-moi savoir, dit-elle, les raisons de ton intrusion dans ma chambre avant que je ne te refoule avec un coup de balai. Si madame Layla sait que tu entré dans ma chambre avec ou sans mon consentement, elle n’hésitera pas une seconde à nous passer un savon avant de nous envoyer balader.      — C’est justement à propos de cette dame désagréable que j’aimerais discuter avec toi si tu ne prends pas son parti.      —  Avec cette femme, je ne m’entends pas bien depuis le jour où j’ai cassé le pot de fleurs par mégarde, dit-elle. J’ai la certitude qu’elle me hait et c’est ce qu’elle sait faire, cette prétentieuse.        —  Alors dans ce cas, je peux me confier à toi et te demander de me dire si elle a vraiment des problèmes ces derniers jours.      —  Je crois qu’elle en a de gros, dit-elle.       —  Comment tu le savais ? demanda-t-il.       —  Je l’ai entendue parler  au  téléphone avec quelqu’un qui la menace de vengeance. C’est peut-être un inconnu engagé par sa sœur.      —  De quelle sœur tu veux parler ? demanda-t-il. Layla n’en avait qu’une seule qui a disparu sans laisser de traces. Elle s’appelle Emma que nous connaissons tous.         —  A la maison, dit-elle, tu entretenais une bonne relation avec elle ou je me trompe ?  Et même au marché des légumes, tu étais son conseiller parce que  tu t’y connais bien en matière de jardinage.        —  C’était ma patronne et ma relation avec elle n’était que purement professionnelle et point barre, dit-il sèchement. Pour être franc avec toi, je suis venu te voir spécialement pour le cas de Layla.       —  Tu veux entendre la vérité ? dit-elle.      —    Oui, c’est pour ça que je suis là, dit-il.       — Cette femme est devenue encore plus folle qu’elle ne l’était auparavant. Elle passe presque des nuits blanches à parler avec le diable et à soliloquer au sujet de sa sœur qu’elle n’a jamais aimée. Son interlocuteur inconnu lui joue sur les nerfs et à chaque appel reçu, elle devient insultante et toute en rogne. Et pour le remettre à sa place, elle ne riposta que par des grossièretés écœurantes.      —  Et tu crois que sa riposte par des insultes lui suffit pour se débarrasser de lui et échapper à ses embêtements répétés ? dit-il.             Pour arrêter ce dialogue qui paraissait interminable et infructueux, Nora resta silencieuse et ne répondit à ses questionnements qu’avec un certain détachement et indifférence.             Le jardinier qui remarqua le manque d’intérêt affiché en évidence par Nora, la supplia au final de se mettre à son service pour l’aider  à connaître les vraies intentions de Layla et le type de difficultés  auxquelles elle se trouvait confrontée.             La serveuse lui donna sa promesse, mais il le chassa de sa chambre avec       —  Sors tout de suite de ma chambre. Ta présence non motivée risque de nous attirer des ennuis avec cette harpie qui pourrait croire que nous sommes en train de mener une machination sournoise à son encontre.       —  Ne sois pas ridicule avec ce genre d’imagination, dit-il. Layla pourra penser à autre chose.      —   Sois explicite, dit-elle. Je ne sais pas où tu veux en venir.       — Un homme et une femme, dit-il, sont comme deux étoiles qui, quand elles se rencontrent, elles s’embrasent.       —  Que veux-tu dire ? demanda-t-elle naïvement.       —  Rien, dit-il. Ce n’est qu’un jeu de mot auquel je me livre parfois pour me souvenir de certaines choses qui restent indélébiles dans ma mémoire.      —  Tu veux dire de l’histoire ancien ?      —   Oui, tout-à fait, dit-il.      — Je ne suis pas née de la dernière pluie pour ne rien comprendre. Va-t-en, grand monstre !               En sortant de la chambre de la serveuse, le jardinier croisa Layla au bas de l’escalier. Sans lui laisser le temps de faire un pas de plus, il le stoppa à ses pieds et l’apostropha :      —  Je peux savoir ce que tu fais là à une heure tardive de la nuit ?        — J’ai entendu du bruit dans le jardin et j’ai fait un tour jusqu’ici pour voir si tout va bien.      — Tu n’étais pas par hasard dans la chambre de la servante ? Je viens d’entendre le claquement de sa porte qui s’enferme.      — Avant de dormir et de mettre la targette, Nora ferme toujours  sa porte crissant en la claquant. On dirait que c’est une femme agressive et violente qui ne s’y prend pas avec tact et dextérité en manipulant  les choses.      — Oui, c’est vrai, dit-elle. Je me rappelle toujours le pot de fleur qu’elle a cassé, il y a longtemps. C’est à cause de son manque d’adresse que je la déteste malgré moi. J’espère que cette haine se dissipera avec le temps et laissera place à des sentiments d’empathie et de compassion.     — Tu me surprends, madame, avec ce cœur qui s’attendrit brusquement pour Nora. J’espère qu’il en sera de même pour moi.     — Chacun de vous occupe la place qui lui échoit et moi j’essaye dans la mesure du possible de ne pas faire de distinction de quelque nature que ce soit  entre nos employés de maison.              Bruno profita de cet assouplissement de rigueur et d’intransigeance inattendu de Layla qui n’était à ses yeux qu’une femme rigide et inflexible, agressive et mal attentionnée.             Afin de lui tirer les vers du nez, il lui reposa la question de savoir comment est ce qu’elle avait tellement changé d’attitude envers lui qu’elle ne voulait  avouer les raisons qui l’avait poussée à engager un détective privée.               Et Layla de répondre :       —  Ne te fais pas de soucis à ce sujet, tu comprendras par toi-même, dit-elle. Maintenant, laisse-moi rentrer dans ma chambre et va te coucher dans la tienne.        —  Bonne nuit, madame, dit-il.        —  Tiens-toi prêt dès demain pour me tenir compagnie, ajouta-t-elle.        —   Tu peux compter sur moi, dit-il avant de s’en aller.               Le lendemain matin, à la première heure, Layla qui ne croyait pas un seul mot venant du jardinier, Alla chercher la servante. Celle-ci était tellement absorbée par le travail du ménage qu’elle ne s’est pas rendu compte de la présence de la maîtresse de maison qui la tira violemment par les cheveux en disant :       —  Alors, tu vas me dire maintenant et sans ambages ce que Bruno faisait dans ta chambre hier à une heure tardive de la nuit.       — Aïe ! Aïe ! cria-t-elle. Lâchez-moi, madame, vous me faîtes mal et vous risquez de m’arrachez tous mes cheveux. Qu’est ce qui vous prend ? Laissez-moi travailler. Je ne sais pas de quoi vous parlez.      — Tu fais l’innocente, espèce de menteuse ! hurla-t-elle. Ne m’oblige pas à te faire subir un traitement spécial.      —   Entre cet homme et moi, madame, il n’y a rien, dit-elle en avalant des couleuvres.       —  Si, tu étais en train de fricoter avec lui, dit-elle en lui tirant fort sur les cheveux. Je te rappelle, sale g***e, que tu es là uniquement pour travailler. Cette maison n’est pas réservée aux amourettes. Trouve-toi un autre endroit où il te sera permis de soulager ton obsession amoureuse de femme frustrée et anxieuse.       —  S’il vous plaît, madame, ne soyez pas si cruelle avec moi, dit-elle. Allons voir le jardinier pour tirer les choses au clair. Il te dira lui aussi la vérité.       —  Personne de vous deux ne possède la vérité. Ce que vous faites est formellement inadmissible et si mon beau frère en est mis au courant, il n’excusera pas vos actes et pourra même vous virer.      —  Madame, ayez la décence de me croire au moins une fois, dit-elle. Vous êtes en train de nous soupçonner de choses que nous n’avons jamais faites.      —  Reprends ton travail et cesse de raconter des histoires. Moi, dit-elle, je n’ai pas besoin de témoin oculaire  pour infirmer tes âneries. Cette fois-ci ce jardinier qui se prend pour un individu libertin et salace va m’entendre.              Profitant de ce qu’elle considéra comme étant une affaire de mœurs, Layla se tourna vers Bruno qui était en train de faire son travail habituel de jardinage.                En l’apercevant se diriger vers lui, il démarra la nouvelle machine et se mit à tendre le gazon. Il agira ainsi pour noyer le son de sa voix orageuse  dans le bruit du moteur.               Layla qui détestait ce genre de comportement qu’elle trouva banal et enfantin bondit de colère et alla même jusqu’arrêter le jardinier et couper  le contact.      —  Qu’est ce que tu fais, dit-il. Tu ne vois pas que c’est dangereux de mettre la main là où il ne fallait pas.       —  Arrête tes conneries ! dit-elle. Je suis venue te chercher pour aller voir le détective privé dont j’ai un besoin pressant. Alors, laisse ce travail et accompagne-moi tout de suite au cabaret les lys. Nous allons joindre l’utile à l’agréable afin de rencontrer cet homme et  récupérer le pistolet auprès de ce t********t avec qui j’ai déjà passé le marché                                                 X               Sophie vient de se remettre complètement de ses douleurs cervicales et ne portait plus de minerve. Son retour au travail a été encensé, d’une part, par certains employés et diabolisé, d’autre part,  par d’autres.              Son patron et sa fille Laura étaient les premières personnes à se réjouir de son rétablissement de cet accident d’automobile. En plus, à l’occasion de son retour à son poste, on lui avait organisé un pot auquel ont pris part tous les employés de la boîte.               A cette occasion, Mateo, qui appréciait tant sa secrétaire, avait pris la parole pour la haranguer en présence de ses collègues. En faisant le point sur son  ingéniosité, son esprit d’équipe et ses qualités humaines et professionnelles, il a invité tous les employés à s’inspirer de son talent et de son savoir-faire pour mener à bien leur travail au sein de cette entreprise.              A la fin de cet apéritif, qui n’a pas duré plus d’une demi-heure. Matéo, sa fille et Sophie  saluèrent les participants et se dirigèrent vers son bureau.             Sophie, qui avait le sourire béat aux lèvres, exprima sa grande satisfaction et remercia du fond du cœur le patron et sa fille de l‘attention et la considération valorisante qu’ils lui accordent.              De son côté, Laura, qui admirait fortement Sophie et appréciait sa façon d’être, se prononça ouvertement sur les sentiments de respect et d’amour qu’elle lui portait en disant :     —  Après ma mère, je t’avoue que tu es la seule personne  que j’adore voir aux côtés de mon père que ce soit au travail ou dans un endroit paradisiaque où vous méritez être tous les deux. Je pense que son goût aux affaires et encore moins à la vie s’apparente à tes choix et préférences raffinés.       —  C’est très gentil de ta part, chère Laura, dit-elle. Ton père est un homme réglo qui aime le travail et déteste la paresse. Depuis que je l’ai connu, il ne m’inspire que de la bonhomie et de la bienveillance, mais en matière d’amour, je ne peux rien lui arracher. Si jamais, il ressent des sentiments d’amour envers moi, je ne lui refuserai rien en retour. Moi, aussi, je voudrais avoir un ange gardien à mes côtés. Pour être franche avec vous, je vous avoue que mes parents m’ont évoqué récemment le problème du mariage. Ils ont insisté à ce que je ne gaspille pas encore mes jours à  patauger dans le célibat. Tes parents ont toutes les raisons du monde, dit Mateo, de discuter avec toi le sujet du mariage et moi en tant que père, j’abonde dans leur sens et je ne vois pas d’inconvénients à ce qu’une demoiselle, comme toi, qui a tous les atouts entre ses mains, choisisse de faire perdurer son célibat plutôt que d’opter pour un nouvelle étape qui changera le cours de sa vie et lui donnera la possibilité de trouver plus de stabilité et de confort moral.        —  Mon père a raison, chère Sophie, dit Laura. Elle voit en toi la femme idéale qui mérite avoir son pesant d’or. Je ne pense pas être encore plus expressive que je le suis maintenant. Dis-moi, est ce que mon père te plait jusqu’au au point de devenir ton mari ?       — A vrai dire, je suis très intriguée par cette question, dit Sophie. Ma réponse ne sera jamais négative si mon patron voit en moi une autre femme que sa secrétaire.       — D’après ce que je comprends, dit Laura, tu n’as aucune raison de le repousser le jour où il viendra demander ta main à tes parents ?       — Tu n’es pas à côté de la plaque dans tes supputations et ta question mérite une réponse positive, dit-elle.       — N’insiste pas ma fille, dit Mateo. Maintenant que les choses sont claires et nettes entre nous, je crois qu’il n’y a aucune raison de persister dans la procrastination. Le mieux pour nous, c’est de nous préparer à cet évènement qui ne doit être que festif et grandiose. Dès cet instant, vous allez sortir toutes les deux en ville. Momo, le chauffeur vous amènera là où vous serez les bienvenues. Ce jour est exceptionnel pour moi parce que c’est le point de départ d’une nouvelle vie et d’un nouveau parcours. Alors préparez-vous et faites-vous belles.     —  Et le travail, qu’est ce qui va le faire si nous nous absentons  toutes les deux pour je ne sais combien de temps ? dit Sophie qui a cette manie de ne rien laisser en instance.       — Le travail ne presse pas et ça peut attendre, dit Mateo.       —  Où devrons-nous aller, cher papa ? Tu nous surprends !        — Là où je t’ai fait la promesse de t’amener, dit-il. Un endroit où les femmes surtout préfèrent s’y rendre pendant leur balade en ville.       —  Je  suis bien dressé à te comprendre à demi.mot, papa, dit Laura. Je sais maintenant où tu veux en venir.       —   Alors, tant mieux, ma fille, dit-il.        —   Moi, je ne comprends rien de ce dont vous êtes en train de parler, dit Sophie.       —  Aussitôt que tu seras arrivée à cet endroit, tu comprendras mon intention.               Dès que Sophie et Laura, sortirent de son bureau pour se préparer à cette sortie, Mateo appela Momo qui vint prestement frapper à la porte et s’annoncer :       —   C’est Momo, patron.        —  Entre ! dit-il en le dévisageant de la tête aux pieds. Tu vas bien ?        —   Oui, patron, très bien, répondit-il. Que puis-je pour vous.        —  Prépare la voiture, dit-il, tu vas emmener Sophie et ma fille à la bijouterie du fils des Louis. Mais, en conduisant, fais attention à l’engorgement de la voie de circulation. Je ne supporte plus le fait que tu te comportes comme un chauffard impulsif.      —  Veuillez vous rassurer, patron, dit-il.  Depuis mon dernier accident,  je suis devenu de plus en plus vigilant et attentif.       — Tu as intérêt à être comme tel, dit-il. Reste à côté de la voiture et ne démarre pas avant je te donne le signal du départ.      —  Ok, patron, dit-il, avant de se retirer.            Profitant du fait de se retrouver seul au bureau, Mateo, appela Milo :      —  Allô, salut, cher ami. J’espère que tu es bien portant.      —  Quel plaisir d’entendre ta voix, dit Milo à l’autre bout du fils. Cela fait un bail que nous ne nous sommes pas vus. Est-ce que tu t’en rends compte ?       —  Oui, oui, les hommes d’affaires sont toujours occupés, dit Mateo et puisque nous en faisons partie, nous ne nous devons aucune excuse l’un à l’autre. Je t’ai appelé pour te mettre au courant de la visite de ma secrétaire Sophie et de ma fille Laura. Elles arriveront sous peu à votre joaillerie pour choisir quelques bijoux. J’aimerais bien que tu leur en proposes des bagues, des boucles d’oreilles, des bracelets, des colliers  ou que sait-on.       —  Rassure-toi, cher ami, dit Milo, je ferai de mon mieux pour qu’elles soient satisfaites. Je suis très content de les recevoir. C’est une occasion pour moi d’exprimer ma désolation à Sophie et lui  présenter toutes mes excuses de ne pas aller la voir à l’hôpital lors de son accident.      —  Ne te fais pas de soucis à ce sujet, dit Mateo, je lui ai expliqué que tu étais en voyage et que ce n’était pas possible de faire autrement pour la réconforter et être à son chevet. Et toi, tu la connais autant que moi. C’est une demoiselle compréhensive qui n’en veut à personne pour           
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD