L’appartement de la Joliette n’avait pas changé, mais l’air y était désormais imprégné d’une odeur de victoire froide. Halima marchait sur le parquet ciré, ses talons marquant le rythme d'une reconquête. Le fait que son casier soit redevenu vierge n'était pas seulement une réussite juridique ; c'était une renaissance sociale. Pour le monde, elle n'était plus une criminelle, mais une victime de l'incompétence administrative. Pourtant, il lui manquait une pièce maîtresse pour que son édifice soit indestructible. Il lui fallait Karim. Non pas par amour, mais pour sceller définitivement le secret de Moussa sous le sceau du mariage civil, rendant toute contestation future par Awa légalement impossible. *** Le lendemain, Halima se présenta au parloir des Baumettes. Elle ne portait pas le badg

