Chapitre 7

3271 Words
— « Non, jamais, jamais… » disait Hélène se parlant à haute voix, quand la femme de chambre l’eut quittée, et, sautant à bas de son lit, elle donna un tour de clef à chacune des deux portes. Alfred, qui demeurait dans le salon, assis devant le feu, entendit le bruit de cette clef tournant sur le pêne : « Elle a donc peur de moi ? » se demandait-il avec une singulière tristesse, et, pendant ce temps, Hélène, étendue dans son lit, se redisait à mivoix : « Jamais, jamais plus je ne serai à cet homme… » La réalité de sa situation venait de s’imposer à elle avec une évidence affreuse. Elle prévoyait la lutte quotidienne, la dispute de sa personne nuit par nuit, heure par heure. Si ce que l’on appelle la haute vie, avec des sorties de chaque soir, avec les facilités d’isolement d’un vaste hôtel, avec les plaisirs et les devoirs sociaux, permet à deux époux qui ne s’entendent guère de vivre à la fois l’un à côté de l’autre et séparés, il n’en va pas ainsi dans la bourgeoisie aisée. Le têteà-tête conjugal y est la règle, les sorties mondaines l’exception, le mari et la femme se rencontrent à chaque instant et dans tous les détails de l’existence. — « Mon Dieu, comment faire ? » se dit Hélène ; puis, courageusement : « Je trouverai… Il me sera si doux de lutter pour lui !… » Son âme s’exalta sous la pression de cette pensée, et soudain elle retrouva sur ses lèvres le goût des baisers d’Armand. Toutes les circonstances de leur entrevue se représentèrent, depuis l'angoisse de l'arrivée jusqu’à celle du départ… Ah ! quel adieu ! quelle dernière caresse donnée sur le seuil de la porte et avant de rentrer dans la vie !… Puis, quelle marche à travers la rue, toute brutalisée par le tumulte des passants, des voitures, des trains ! Armand était resté seul dans le petit appartement ; qu’avait-il pensé en présence du lit qu’elle avait voulu refaire ellemême, par une singulière pudeur, et elle disait avec sa grâce tendre : « Je vais être reconnaissante à ma belle-mère de ce quelle m’a forcée à me servir toute seule, étant petite ?… » Elle savait, par ouï-dire, que les hommes méprisent d’ordinaire les femmes quand ils n’ont plus rien à obtenir d’elles. Mais son Armand ne ressemblait pas aux autres, puisqu’il lui avait prodigué ses plus caressants baisers après leur commune extase. « J’étais là, » songeait-elle, « c’est quand je n’y ai plus été qu’il m’a jugée… Jugée ?… Comment ?… j'ai trompé pour lui, mais j’ai trompé… » Elle le revoyait alors si tendrement passionné qu’elle s’endormit avec un sourire sur cette image et sur cette idée : « Je le reverrai demain soir. » C’est au théâtre des Variétés qu’ils devaient passer ensemble cette seconde soirée dont les heures furent pour Hélène douces entre les douces, les seules vraiment ravissantes de ces tristes amours. Aussitôt réveillée, elle avait écrit à son amant une interminable lettre, et, à la minute où elle allait l’envoyer, elle avait reçu du jeune homme, infidèle pour une fois à ses principes, un petit billet presque câlin. L’émotion nerveuse de la veille avait perdu chez elle son acuité. Il lui en restait une plus vive susceptibilité du cœur, de quoi jouir des choses désirées avec plus de frémissement intime. Le hasard voulut qu’Alfred déjeunât hors de la maison, et, grâce à cette absence, les impressions cruelles de la veille ne se renouvelèrent point. Aussi, quand elle arriva devant la porte de la petite baignoire du théâtre, était-elle dans cet état délicieux de l’âme où l’on a en soi comme une voix qui chante. En ces moments-là tout fait caresse, comme en d’autres tout fait blessure… Il était neuf heures. Hélène se trouvait donc, debout, dans le couloir, et tandis que l’ouvreuse la débarrassait de son manteau, elle n’osait pas demander si déjà une personne était dans la loge. La porte s’ouvrit, son cœur battit, et elle aperçut Armand qui se levait pour la saluer. Comme elle l’aima de les avoir devancés, elle et son mari ! Une fois assise, et après quelques minutes, elle se hasarda enfin à le regarder. Il lui parut vaguement pâli, et elle s’en inquiéta un peu ; mais il avait ses yeux des bons jours, ceux qui lui réchauffaient toute l’âme, et non pas les autres, ceux dont le mystère l’épouvantait. Quelle pièce jouait-on sur la scène ?… Elle entendait la musique de l’orchestre, les voix des acteurs, les applaudissements ; mais l’intérêt de la comédie était pour elle de savoir si Alfred sortirait de la loge au prochain entr’acte. La toile tomba. Son heureux destin voulut qu’il y eut dans la salle une famille de leur connaissance. Son mari partit pour saluer les dames. Elle était seule avec son aimé, — seule, — et, tournée vers lui, elle lui demandait : — « Est-ce que tu m’aimes, aujourd’hui ? » Armand ne répondit pas, mais, sous le prétexte de ramasser sa lorgnette tombée à terre, il se baissa et lui prit le pied avec la main. A travers la soie, elle sentit cette étreinte qui la fit rougir et battre des paupières, comme incapable de supporter l’émotion qui l’envahissait. Par un geste rapide, elle saisit un bouquet, composé d’un brin de fougère et d'un peu de muguet, que le jeune homme portait à sa boutonnière, et elle glissa son larcin dans son corsage… Alfred revint, la toile se leva de nouveau, les scènes succédèrent aux scènes, les actes aux actes, elle ne savait rien d’autre sinon qu’elle était presque trop heureuse, et quand, le spectacle fini, Armand lui donna le bras pour regagner une voiture, elle s’appuya sur ce bras avec cette fusion absolue des mouvements, signe d’amour complet plus certain que tous les autres. Comme elle aurait voulu que ce fût lui qui prit place à côté d'elle ! Mais déjà il s'éloignait, elle le suivit d’un long regard à travers la foule. Puis la voiture se dégagea de l’embarras des alentours du théâtre. « Adieu, mon amour, » dit-elle en pensée, tandis que son mari lui prenait la main et lui disait tout haut : — « Tu es mieux, ce soir ? » — « Oui, » fit-elle en dégageant ses doigts, « mais c’est l’excitation du spectacle. J’ai tant besoin de repos… Voilà plus de cinq nuits que je ne dors pas. » Chazel comprit trop bien ce que signifiait cette réponse. Il demeurait muet dans le coin de la voiture. Hélène se taisait aussi. Mais un projet avait déjà mûri dans sa tête. Dès le lendemain, elle irait, conduite par Alfred lui-même, chez leur médecin dont c’était le jour de consultation. Elle entrerait seule dans le cabinet du docteur, à qui elle raconterait n’importe quels symptômes ; puis elle dirait que le médecin lui interdisait, jusqu’à nouvel ordre, tout rapport intime avec son mari. Elle connaissait trop la sorte de pudeur timide qui dominait Alfred pour ne pas savoir qu’il la plaindrait sans chercher à deviner le mystère de souffrance dont elle s’envelopperait. Soutenue par ce projet qui lui aurait tant répugné s’il n’avait dû assurer la sécurité de son bonheur, avec quelles délices elle se laissa envahir par le sommeil, — un de ces sommeils où il semble que l’on dorme avec de la clarté dans ses songes !… Nous dormons et quelque chose veille en nous, une portion heureuse de notre esprit qui ne cesse pas de sentir le bonheur que nous retrouverons demain sur notre oreiller. Ne savons-nous pas que nous apprendrons ce bonheur à nouveau rien qu’en ouvrant nos yeux ? Mais ni ce lendemain matin-là, ni les matins qui suivirent, durant ces quelques semaines de première ivresse qu’elle traversa, Hélène n’ouvrait les yeux tout de suite, lorsqu’elle se réveillait. Pendant plusieurs minutes, elle gardait ses paupières fermées afin que l’image d’Armand lui revint bien nette, bien complète, avant toute autre impression. Si le jour qui allait s’écouler était un jour ordinaire, c’est-à-dire sans visite fixée à la rue de Stockholm, elle se levait paresseusement. L’idée du rendez-vous n’étant pas là pour lui donner la fièvre, elle pouvait penser à son ami sans anxiété. La veille, avant de se coucher, elle lui avait commencé une lettre qu’elle terminait, sitôt levée, afin que le bonsoir et le bonjour se rencontrassent sur le même coin de papier, — symbole visible de la continuité de sa tendresse. Tantôt elle trouvait le moyen de faire porter cette lettre, tantôt elle la gardait sur elle, pliée en deux, sous son corsage, afin de la remettre elle-même. D’Armand elle n’attendait aucune réponse. Il lui avait expliqué pour quelles raisons de prudence il ne lui écrivait pas, et elle n’avait pas vu dans cette prudence le manque d’entraînement, le calcul politique de l’homme à bonnes fortunes qui prévoit les brouilles prochaines et ne veut laisser aucune arme entre les mains de sa future ennemie. Elle fermait cette lettre avec un cachet ou elle avait fait graver un serpent, en forme de S, parce que c’était par une S que commençait le nom de la rue, asile de ses meilleures minutes. Le rire avec lequel Armand avait accueilli cet enfantillage l’avait bien un peu peinée, mais elle s’était dit : « Les hommes n’ont pas la même façon d’aimer que nous. » Elle vaquait alors, sa chère besogne terminée, à tous les soins de son ménage, gaie et ne trouvant aucune tâche pénible. Elle était accompagnée dans tout son travail par cette phrase qu’elle se répétait tout bas: « Il m’aime, il m’aime… » Elle s’occupait surtout de son fils, qu’elle embrassait maintenant sans remords : « Non, cher petit, je ne t’ai rien pris, » lui disait-elle dans son cœur, et grâce au pouvoir de sophisme particulier aux passions heureuses, elle en arrivait à penser de même à l’endroit de son mari. Elle n’avait jamais fait que l’estimer, et elle l'estimait comme auparavant. Depuis que le prétexte d'un ordre du médecin l’avait affranchie de toute tentative odieuse de la part d’Alfred, elle étendait jusqu’à lui, ingénument, la joie dont elle avait l’âme comblée. Elle ne lui adressait plus aucune de ces réponses amères où se trahit, à propos des moindres détails, l’inconsciente rancune de la femme contre l’homme à qui elle appartient, et qui n’a pas su s’en faire aimer. Énonçait-il à table, comme autrefois, une idée qui ne fût pas la sienne, lui échappait-il un geste gauche, une maladroite interrogation, — elle n’avait pas en elle de quoi s’en irriter, toutes ses facultés se trouvant employées à calculer l’heure où Armand se trouverait auprès d’elle, et à se peindre le bonheur qu’elle en éprouverait. Cette heure sonnait, Armand était là. Elle se sentait si pleinement contente qu’elle ne songeait plus à l’observer. Il lui disait qu’il l’aimait, il le lui prouvait en lui sacrifiant sa vie mondaine, les théâtres, le club, et passant avec elle jusqu’à deux ou trois soirées par semaine. Quel intérêt aurait-il eu à lui mentir, et comment ne pas s’abandonner à cette divine félicité ? Quand arrivait le matin du jour choisi pour un de leurs rendez-vous, elle n'avait pas la force de surveiller sa maison. L’attente du bonheur la poignait, si forte qu’elle confinait à la souffrance. C'étaient, ces matins-là, comme la première fois, de longues rêveries, prostrée et fiévreuse au coin du feu, et une angoisse par le trop sentir qui se détendait en délices lorsqu’elle était rendue au petit appartement de la rue de Stockholm, toujours le même ; car, ayant dû, au troisième de leurs rendez-vous, en prendre un autre, quoique dans la même maison, elle avait supplié Armand de revenir à l’ancien, à celui qui avait été le témoin de sa première ivresse. Il avait fallu, pour cela, louer le logement, non plus à la journée, mais au mois. Armand s’en était d’abord défendu, soi-disant par raison ; en réalité, c’est qu’il savait par expérience combien un lieu de rendez-vous mobile et changé à chaque fois facilite les ruptures, et puis, — quoiqu’il fût généreux et riche, il trouvait, sans trop se l’avouer, que la différence était un peu forte, entre les vingt-cinq francs que Mme Palmyre demandait pour une aprèsmidi et les quatre cents que représentait une location mensuelle. Il avait cédé néanmoins, précisément parce qu’il y avait là un petit intérêt d’argent, et qu’il se trouvait mesquin d’y avoir seulement pensé. « Pour les six mois que ça durera… » s’était-il dit. Mais que la confiante Hélène avait été ravie de cette concession ! Qu’elle avait eu tôt fait de transformer l’appartement banal en un domaine personnel où elle avait apporté toutes sortes de mignons objets de femme, des mules où glisser ses pieds nus, une dentelle à jeter sur ses épaules frissonnantes, quelques étoffes à draper sur la table et le dos des fauteuils, un cadre où poser une photographie d’Armand. Elle ne s’était pas doutée que chacun de ces menus soins avait eu le double effet d’inquiéter de Querne sur la difficulté des séparations futures, et de lui prouver qu’il avait affaire à une personne expérimentée. Pareille à toutes les femmes romanesques, Hélène s’occupait de la délicatesse des voluptés communes à elle et à son ami, comme d'un souci de sentiment. Ce qui rend une femme de cet ordre parfaitement inintelligible à un libertin, c’est qu’il s’est habitué, lui, à séparer les choses du plaisir des choses du cœur, et à goûter ce plaisir dans des conditions avilissantes ; au lieu que la femme romanesque et qui aime, n’ayant connu le plaisir qu’associé à la plus noble exaltation, reporte sur ses jouissances le culte qu’elle a pour ses émotions morales. Hélène abordait avec une piété amoureuse, presque avec une idolâtrie mystique, tique, le monde des caresses folles et des embrassements. Cette piété s’attachait à l’homme qui lui avait appris à aimer, comme à un être au-dessus de toute discussion. Armand avait beau, après les premiers jours d’un abandon produit par la nouveauté de la possession physique, multiplier les traits de son égoïsme, sa maîtresse trouvait le moyen de l'en chérir davantage. S’il arrivait en retard à leur rendezvous de la rue de Stockholm, elle était si fière de l'avoir emporté à la joute intime des tendresses, qu’elle lui en était presque reconnaissante. Si, au dernier moment, et pour sa seule commodité, il changeait l’heure de ce rendez-vous, la douce femme éprouvait un plaisir encore à se sentir traitée par son maître adoré comme une esclave, comme une chose à lui, et dont il disposait au gré de son caprice. Étaitce payer trop cher l’extase qu’elle ressentait à à monter l'escalier de la maison, elle se souciait peu d'être regardée maintenant, — à entendre dans la serrure le grincement de la clef, sa clef, — car elle en avait une à elle : — à se promener dans ces trois pièces où résidait sa vie passionnée, et surtout à tenir Armand auprès d'elle, là, tout auprès ?… Le soir tombait. Les objets atour d'eux effaçaient leurs contours. Elle écoutait la rumeur lointaine de la ville, le fracas du chemin de fer voisin et, sous leurs fenêtres, des rondes de petites filles qui allaient chantant : « Il était une bergère… » Elle donnait alors à son aimé des baisers d'une tendresse telle qu'il lui demandait presque avec sollicitude « Qu'as-tu ? … » — « Mais je t'ai… » répondait-elle. Ah ! pourquoi la passion n'est-elle pas contagieuse ! Et quelle monstrueuse chose qu'entre deux amants l'un puisse tant sentir et l'autre si peu ! Si peu ? Et cependant le jeune homme, dans ces fins de rendez-vous, se laissait à parler à sa maîtresse comme s'il l'eût aimée à la folie. Etait-ce pour tromper avec des discours la sécheresse réelle de son cœur ? Etait-ce que la vibration de ses nerfs émus s'achevait en des phrases aussi tendres qu'il l'était peu lui-même ? Mentait-il ou ne mentait-il pas ? S'il avait eu moins de pouvoir d'analyse, il se fût cru amoureux d'Hélène, car il était envahi auprès d'elle par des passages du plus v*****t désir. Mais il savait qu'une fois loin de sa présence, il n'éprouverait plus qu'une courbature morale, une lassitude infinie, le sentiment de l’à quoi bon, et, pour tout dire, une reprise de cette torpeur de son âme que la fièvre des sens galvanisait sans la dissiper. Hélène, elle, buvait chaque parole sortie de la bouche d'Armand à ces minutes-là comme une liqueur qui lui permettrait de traverser avec ivresse l'espace qui la séparerait du prochain rendez-vous… Ce fut pourtant au cours d'une de ces causeries sur l' oreiller, lui accoudé sur son bras, elle couchée contre sa poitrine et le contemplant, que fut prononcée la première phrase de désenchantement, celle après quoi elle commença de voir son Armand, non plus à travers le mirage de son rêve, mais tel qu'il était, avec l'effrayante, la mortelle aridité de son âme. Ah ! comme je voudrais avoir un enfant de toi, » lui avait-elle murmuré au milieu d’une de ces contemplations, « un enfant qui eût ces yeux, » et elle leva la main pour toucher les paupières de son ami, « qui eût cette bouche, » et elle la frôla de ses doigts. « Comme je l’aimerais! » — « Je ne le souhaite pas, » répondit Armand, « je serais trop triste de le voir embrassant comme son père un autre que moi. » — « Mais ce ne serait pas ! » s’écria-t-elle. — « Il faudrait bien, » reprit-il. — « Je partirais avec toi, » fit-elle, « et j’y serais forcée. Comment Alfred me garderait-il, maintenant que je ne suis plus jamais à lui ?… » Tandis qu’elle prononçait cette phrase, il la regardait, tout en songeant : « Elle aussi !… Quel étrange besoin les pousse toutes à raconter qu’elles n’appartiennent plus à leur mari ?… » Et malgré lui, il eut son mauvais sourire, —- le sourire avec lequel il avait accueilli d’autres confidences analogues faites par d’autres bouches, et ce sourire avait toujours suffi pour que les femmes qui se l’étaient attiré n’y revinssent pas. Elles ont tant de facilité à changer de mensonge !… Mais Hélène, qui ne mentait pas, ne put supporter ni ce sourire ni le regard qui l’accompagnait. N’était-ce pas pour ne plus les voir qu’elle s’était donnée à son aimé ? C’était la première fois depuis lors qu’elle rencontrait la défiance dont elle avait tant souffert dans le début de sa liaison avec Armand, et, loyale comme elle était, si brave et si droite, elle insista : — « Tu ne me crois pas capable d’appartenir à deux hommes à la fois ?… dis que non, mon cher amour, que tu n’as pas cette opinion de moi… Du jour où je suis devenue ta maîtresse, je n’ai plus été la femme d’Alfred. » — « Je ne suis pas jaloux, » fit le jeune homme, « je sais que tu m’aimes. » — « Dis que tu n’es pas jaloux parce que tu es sûr que je ne suis qu’à toi. » — « Si tu le veux, je le dirai, » fit-il, un peu impatienté de son insistance, et surtout très peu soucieux des perspectives de paternité, de fuite et de drame que le soudain discours d’Hélène venait d’ouvrir devant lui ; et une telle ironie était empreinte dans ses paroles que la malheureuse femme s’interrompit. « Il ne me croit pas, » songeait-elle, « il ne me croit pas !… »
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