NICETTE
Devant ces aveux de ma mère, un lourd silence s’installe. Mon frère aîné prend la parole :
Mon frère : maman, et moi, alors, suis-je votre fils ?
Ma sœur renchérit.
Ma sœur : qu’en est-il de moi ?
Maman : vous êtes bien mes enfants !
Mon frère : dans ce cas, maman, es-tu sûr de notre paternité ?
Maman : ne vous inquiétez pas ; c’est bien votre père ;
Ma sœur : comment pouvais-tu te rendre complice de ces agissements maman ? Je suis déçue par ton comportement ;
Maman : ma fille, ton père me menaçait ;
Mon frère : ce n’est pas une raison !
Maman : je ne voulais pas aller en prison ; vous étiez encore petits ; mais à présent, vous êtes grands et même si l’on m’arrête, ce n’est plus grave ;
Mon frère : je n’y comprends rien ; pourquoi devrait-on t’arrêter ?
Maman : j’ai commis un crime involontaire peu après la naissance de ta sœur ; ton père détient les preuves contre moi.
Suite à cette discussion entre ma mère, ma sœur et mon frère, je suis complètement embrouillée ! C’est encore quelle histoire ça ! Mauricio intervient.
Mauricio : Madame, vomissez tout ; n’oubliez rien ; c’est l’heure de la vérité qui a sonné dans votre cœur ;
Maman (sanglotant) : peu après la naissance de ma fille, nous avons été sollicités par son cousin pour habiter chez eux ; en effet, il déménageait pour la France avec sa famille ; en attendant de vendre la maison, il nous avait proposé d’y habiter. Il y avait une caméra dans la maison mais je ne le savais pas. J’avais une petite fille avec moi pour m’aider pour mes tâches ménagères ; elle ne faisait que faire des bêtises ; un jour, étant en colère parce qu’elle a mis le biberon du bébé dans la bouche, je l’ai frappé au point où elle est décédée dans mes mains. J’avais tellement peur que dès que mon mari est arrivé, je lui ai menti ; je lui ai dit que la petite est décédée des suites d’une crise ; quelques jours après, il m’a interpelé en lui disant que je l’ai trompé ; la caméra avait tout enregistré ; depuis ce jour, il me menace que si je ne lui obéis pas, il allait me dénoncer à la police. C’est pour cela que je ne pouvais rien dire quant il a tué la mère adoptive de Nicette et quand il a changé l’acte de naissance. C’est aussi pour cela que je l’ai supporté quand il voulait qu’elle épouse Marcos de force. Je n’avais pas le choix mais aujourd’hui, j’ai compris que l’on a de paix que lorsqu’on assume ses erreurs et qu’on les paie ; je suis prête à payer pour le crime involontaire que j’avais commis depuis des années.
J’étais abasourdie ; quelle histoire de fous ! Pour la première fois, je suis heureuse que ces gens ne soient pas mes parents biologiques ; j’avais juste compassion de ma mère adoptive malgré tout car elle ne m’a pas maltraité ; mais mon père, lui, était plus sévère envers moi qu’envers ses enfants. Après les propos de ma mère, le climat dans le salon est devenu très lourd ; ma sœur a fondu en larmes. Mon faux père, pris de honte, s’est fait tout petit ; il fuyait nos regards. Mauricio pousse un grand soupir.
MIREINE
Je devance Hospice et je me rends chez ma belle-mère plus tôt comme elle me l’a demandé.
Moi : je suis là, maman ;
Clémence : Mireine, je t’ai fait appel au sujet de ce qui s’est passé avec Adjokè ; dis-moi, qu’en penses-tu ?
Moi : mais maman, c’est clair ; le vrai visage d’Adjokè a été révélé ; cela veut dire tout simplement que c’est l’argent son problème ; en réalité, elle n’aime pas Mario ;
Clémence : est-ce que tu as cherché à lui parler ?
Moi : non ; elle est venue me voir mais je lui ai demandé de s’en aller ;
Clémence : et pourtant, ces derniers temps, vous étiez plutôt très amies !
Moi : tu m’as demandé de l’accepter ; je n’ai fait que t’obéir ;
Clémence : et c’est toujours par obéissance que tu lui rendais visite ? Pour me montrer que tu l’as accepté, tu n’avais pas besoin d’en faire une amie !
Moi : maman, je ne comprends pas ; où veux-tu en venir ?
Clémence : pour ne rien te cacher, j’aurais aimé discuter avec elle aujourd’hui ; mais pour l’instant, je ne peux pas ; que t’a-t-elle dit quand elle est venue te voir ?
Moi : que veux-tu qu’elle dise ? Qu’elle est innocente alors que les images sont bien réelles !
Clémence : ce qui est certain, on dit que le mensonge prend l’ascenseur ; mais la vérité qui prend les escaliers finit toujours par arriver à la même destination ; qu’elle soit coupable ou innocente, nous finirons par le savoir.
Les propos de ma belle-mère me mettent mal à l’aise mais je fais l’effort de rester naturelle. Elle poursuit :
Clémence : je vais voyager tout à l’heure ; Mireine, je te demande de faire des enquêtes ; discrètement ; même si Adjokè est coupable, je veux savoir qui a pris les photos ou mieux qui a voulu la couler.
Ça c’est le comble ! Ma belle-mère sans le savoir est en train de déranger gravement ma conscience. Il n’est de témoin aussi redoutable, d’accusateur aussi puissant, que la conscience qui réside en nous , je viens de réaliser que si la conscience ne nous empêche pas nécessairement de commettre un péché, elle nous empêche d’en jouir en paix.
CLAIRE
Madame Vanessa s’est enfin pointée ici, Dieu seul sait pourquoi. Elle s’est adressée à moi sur un ton impétueux mais je me suis défendue ; dès que je l’ai vu entrer dans la maison de sa belle-mère, je suis restée sereine ; je l’ai salué poliment mais elle a voulu déraper et je l’ai recadré ; je n’ai aucune intention de rivaliser avec elle mais je ne suis plus son employée pour qu’elle me traite comme une serpillère. J’ai déjà un immeuble que je gère ; mon futur bébé ne manquera de rien du côté de son père ; c’est déjà assez pour moi ; je n’en attendais pas autant de la vie ! J’attendrai que mon bébé grandisse puis je débuterai une nouvelle vie ; je n’ai pas la moindre prétention de m’incruster dans son foyer ; mais je n’accepterai pas qu’elle me manque de respect.
Mes pensées s’envolent vers Adjokè. Je l’appelle encore une fois sans suite ; son numéro ne passe pas depuis deux jours ; elle ne s’est pas connectée sur w******p non plus ; ce n’est pas de ses habitudes ; je me rends chez elle mais il n’y avait personne. Je m’inquiète ; j’en parlerai à Madame Monique à son retour.
Depuis trois jours, il y a du monde à la maison ; la mère de Charly a accueilli Nicette, une amie de sa nièce de même que Godgiven, le frère de son fiancé à la maison ; Godgiven est là pour deux semaines ; Nicette y restera, le temps de trouver son propre appartement. Elle paraît gentille et j’aime bien sa façon d’être. Elle me taquine sur ma grossesse m’appelant affectueusement « maman de jumeaux ».
J’apprécie également Godgiven qui aime bien me parler de Dieu ; je l’ai même surnommé Pastor ; juste pour rire. Avec eux à la maison, je me sens moins seule quand je reviens du magasin. Toutefois, je ne peux m’empêcher de me demander ce qui se passe chez Charly et sa femme car elle lui parlera sûrement de moi. Comment réagira-t-il ? Lui dirait-il la vérité ? Si seulement la mère de Charly était là, elle pourrait me renseigner car je ne discute pas de ces questions avec lui. J’avais eu envie de l’appeler pour l’informer de l’arrivée de Vanessa mais j’ai préféré ne pas la déranger ; de toute façon, le weekend n’est pas bien loin ; elle sera de retour sous peu.
ADJOKE
Grâce à Dieu, je n’ai pas eu grand-chose quand la voiture m’a cogné ; mon bref séjour à l’hôpital a servi à faire tous les examens pour vérifier si tout va bien, si je n’ai pas d’hémorragie interne et si je n’ai rien de cassé. Madame Yvonne est venue me voir pour me chercher car je sors de l’hôpital ; je lui indique chez moi. Elle m’y dépose.
Yvonne : tu as un bel appartement.
Moi : merci Madame Yvonne ; merci pour tout ;
Yvonne : je ne sais pas ce que tu as exactement ; je lis assez de tristesse dans tes yeux ; si un jour, le besoin te prend de parler, appelle-moi ;
Moi : merci beaucoup.
Après le départ de Madame Yvonne, je m’allonge sur mon lit. Je n’arrive pas à dormir. Mario est présent dans ma tête. Comme j’aimerais le voir ! Je me mets à regarder les photos où nous sommes ensemble, et ça me fait du bien, je souris dans un premier temps, puis je m’effondre. Je me suis mise à pleurer et cela a duré des heures. Je l’entends encore me traiter de p**e et ses mots me percent le cœur. Je voudrais disparaître, pouvoir oublier cette douleur que je ressens en me disant que je ne le reverrai plus jamais, qu'il ne m'aimera plus, qu'il en aimera peut-être une autre. Et mes sanglots s’accélèrent, ma douleur me hante ; je hurle et je crie ; mais personne n'est là pour m'écouter, pour me consoler, pour me prendre dans ses bras et me réconforter. Je suis seule. Mireine aussi m’a lâché. Mes pensées s’envolent vers l’inconnu qui m’avait abordé un soir en me parlant de Dieu qui fait éviter les pièges ; était-ce alors un signe, un message divin pour me montrer que je suis trop confiante ? Je me souviens des mots d’Yvonne lors de sa première visite ; elle disait entre autres que la prière et le recueillement peuvent apprivoiser la souffrance. Pour une première fois, je décide de parler à Dieu. Je me suis mise à genoux pour prier quand j’entends sonner. Je me relève pour aller ouvrir : c’est Chris. Je le salue mais il ne me répond pas.
CHRIS
Mario a voyagé avec nos parents ; notre père ne lui a pas laissé le choix ; il fera un mois à Kinshasa avant de rentrer. Jusque-là, quand je lui parle au téléphone, je sens qu’il est encore sous le choc. C’est normal ; il avait mis tout son espoir en cette fille. Pour lui, c’était la femme idéale. Malgré mes mises en garde, il était trop confiant. Apparemment, mon expérience avec Murielle ne lui a pas servi de leçon.
Il parait que la traînée est hospitalisée ; c’était Hospice qui a reçu le coup de fil ; nous en avons discuté et nous avons conclu que soit, c’est un coup monté pour nous attendrir, soit l’argent de Mario qui lui échappe lui a tellement fait si mal qu’elle s’est retrouvée à l’hôpital ! J’ai attendu qu’elle soit de retour puis je suis allé la voir. Lorsqu’elle m’ouvre, je remarque que son regard est terne et ses yeux rouges, signe qu’elle a beaucoup pleuré ; je la comprends : perdre le fils d’un milliardaire lui a fait mal. Dès qu’elle me voit, elle me salue.
Moi (ignorant sa salutation) : tu dois dégager de cet appartement ;
Adjokè : Chris, j’étais souffrante ; je viens de sortir d’hôpital ; donne-moi encore deux jours ;
Moi : pas de pitié pour toi ; tu sors aujourd’hui ;
Adjokè (suppliante) : Chris, je te jure que je suis innocente ; je ne sais pas comment ces photos se sont faites mais je n’ai rien à me reprocher ; crois-moi ; je ne suis pas une p**e ; jamais, je n’ai trompé ton frère ;
Moi : on ne triche pas avec un Mavula ; on finit toujours par se faire prendre ! Maintenant, parque tes affaires et donne-moi les clés de l’appartement ;
Adjokè : je t’en prie, donne-moi deux jours de plus ; je ne sais où aller ;
Moi : va chez ton amant ; c’est simple ; puisque tu le préfères à Mario !
Adjokè : je ne le connais même pas, ce gars !
Moi : tu ne le connais pas ? Tu t’es donc retrouvée dans ses bras par magie ? Ne me pousse pas à faire ce que je ne voudrais pas ; j’attends ; si dans une heure, je n’ai pas les clés, je reviens changer la serrure et tu n’auras plus accès à l’appartement. Je ne plaisante pas.
Adjokè me suppliait en pleurant mais j’ai décidé de ne pas avoir de pitié pour elle ; ce sont des larmes de crocodile[1]. Je n’y cèderai pas.
MURIELLE
C’est Godgiven et Mauricio qui ont accompagné Nicette à Cotonou ; étant donc dans la ville, il a cherché à me rencontrer ; il faut dire que depuis mon retour de Douala, nous sommes restés en contact permanent ; nous échangeons beaucoup par message. Sadler et moi sommes en contact mais rien de plus ; il est bien mon style d’homme mais quand je suis avec lui, il y a quelque chose qui me dérange. Je trouve une excuse pour refuser sa proposition chaque fois qu’il m’invite chez lui.
Je reçois Godgiven chez moi à la maison. Au moins, lui, je lui fais confiance.
Godgiven (me faisant la bise) : comment vas-tu Murielle ?
Moi (souriant) : je vais bien ; bienvenu chez moi ; plutôt chez mes parents ;
Godgiven : c’est très joli par ici ; tu fais sans doute partie de la haute société ;
Moi : c’est mon père qui aimait les belles maisons ;
Godgiven : il avait donc du goût ; ça se ressent d’ailleurs dans tout ce qu’il faisait apparemment ;
Moi : tu ne connais pas mon père ; comment peux-tu parler de ses réalisations ?
Godgiven : j’ai en face de moi son chef d’œuvre.
Cette métaphore de Godgiven me fait rougir ; c’est sa façon à lui de me faire des compliments sur ma beauté. Je l’en remercie.
Moi : je comprends ce que tu veux dire ; merci pour le compliment ;
Godgiven : tu es belle Murielle ; et j’aime bien tes manières ;
Moi : ne te trompe pas ; je ne suis pas une sainte et tu le sais ; je t’ai d’ailleurs raconté mon passé ; j’étais infidèle dans mon mariage ; j’ai également déçu ta Lala ;
Godgiven : le passé est un phare, non un port ; ça fait plus de deux mois que nous sommes en contact permanent par appel et messages ; j’imagine à peu près ce que tu es à présent ; la Bible dit « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles [2]». N’est-ce pas le type qui volait ? C’est ancien. N’est-ce pas la femme qui se prostituait ? C’est ancien. En fait, nous devons remarquer une transformation en nous ; s’il n’y a pas de transformation, c’est de la pure religion et cela veut dire que nous ne connaissons pas réellement Dieu. Murielle, sois en paix avec ton passé, tout ton passé ; un esprit surchargé de passé est toujours en peine ; ne laisse pas les ombres d’hier obscurcir la lumière de demain ; tu es devenue une meilleure version de toi-même et c’est le plus important ; tu ne seras plus infidèle dans un mariage et tu ne décevras plus tes amies ; c’est ce qui compte ;
Moi : merci Godgiven ; tes propos me motivent à continuer dans le bon sens ; j’ai du plaisir à discuter avec toi ;
Godgiven : le plaisir est partagé ; je t’encourage vivement à t’investir dans la connaissance de Dieu, le dispensateur de tout bien ;
Murielle : ta foi m’épate ; comment fais-tu pour tenir et ne pas succomber ? Je parle notamment de la chasteté dont tu m’avais parlé ;
Godgiven : c’est psychologique ; tout dépend de la façon dont on prend les choses ; c’est l’Esprit qui vivifie. La chair ne sert de rien[3].” vivre dans la chasteté n’est pas un exploit ; c’est normal pour un enfant de Dieu ; personnellement, après avoir été dominé par des passions charnelles, après avoir goûté aux rapports sexuels lorsque je ne connaissais pas encore le Seigneur, il était inimaginable pour moi en tant qu’homme de m’abstenir jusqu’à mon mariage ; même lorsque je me suis converti, je trouvais que c’était seulement réservé à des catégories de personnes, les chrétiens très avancés, les plus saints ; un jour, j’ai écouté une prédication qui a totalement révolutionné mon système de pensée et m’a permis de comprendre ma véritable identité divine ; j’ai compris qu’en vérité, le poisson ne fait pas d’efforts pour nager car c’est sa nature ; il se déploie naturellement dans l’eau ; il rend gloire à Dieu dans cet état ; par contre, pour le poisson, vivre en dehors de l’eau est un exploit car il n’a pas été conçu pour ça ; la réalité est qu’à chaque fois que nous péchons, nous sortons de notre environnement naturel et nous en subissons les conséquences d’une manière ou d’une autre. Quand j’ai compris cette puissante révélation, ma vie a changé ; malgré mes faiblesses et mon passé, j’ai reçu la force et la grâce de vivre dans la chasteté ; cela ne fait pas de moi un meilleur homme ; Dieu seul sait les défauts sur lesquels je travaille et les combats que j’ai mené jusqu’à présent ; mais ceci confirme que l’abstinence sexuelle est possible ; je sais que ce n’est pas évident, même pour ceux qui sont sincères dans leur marche avec Dieu ; mais c’est possible et c’est ce qui est recommandé ; Murielle, peu importe ton passé ; tu peux revenir à ta véritable nature en Christ ;
Moi : je te prendrai comme guide alors ;
Godgiven : le Saint-Esprit est le meilleur guide ; le meilleur coach ; je ne sais pas si tu es comme moi, mais parfois je me réveille le cœur joyeux, tout va bien et je suis prête à mordre dans la vie à pleines dents. Je crois en Dieu et je suis persuadée qu'il va accomplir des choses extraordinaires dans ma vie ; Dieu est mon bouclier, mon protecteur et mon abondant pourvoyeur ; grâce à lui, je suis à la hauteur de toute situation ;
Moi : moi, parfois, je me réveille aussi me demandant exactement ce que Dieu est en train de faire. Ne comprend-il pas qu'il lui faut intervenir immédiatement dans la situation actuelle du monde et dans ma vie personnelle ? Pourquoi laisse-t-il passer tant d’injustice et de cruauté ? Et tout de suite, le doute m'envahit. Adieu la foi et la gratitude !
Godgiven : tu penses que la vie est injuste et cruelle ; mais laisse Dieu en dehors ; bien sûr, nous sommes à même de constater tous les jours des injustices de toutes sortes, mais la vie elle ? Le plus grand cadeau que tu aies pu recevoir, c’est la vie. Et tu l’as. Qu’en fais-tu ? Si elle te semble injuste et cruelle c’est à toi de la rendre plus juste, et plus douce. Ça dépend uniquement de toi ; notre relation avec notre Créateur semble fonctionner comme des montagnes russes avec des hauts et des bats qui se succèdent sans grands efforts apparents. Nul n’est parfait et nul n’a l’obligation de l’être. Murielle, fais confiance à Dieu quotidiennement ; fais un effort délibéré de remplir ton esprit de pensées de reconnaissance et de foi ; ce n’est pas facile ; c'est pourquoi c'est un défi. Mais il faut rester positif et persévérer ; sache qu’il y a dans la persévérance une force qui finit par obliger le destin. Et puis, cesse définitivement de t’accuser ; une fois que tu as assumé tes erreurs, la paix t’est accordée ;
Moi : c’est effectif ; mais ma paix n’est pas totale car le principal offensé ne m’a toujours pas pardonné ; cela me met mal à l’aise ;
Godgiven : si Dieu t’a pardonné, peu importe le reste ; toutefois, je te comprends ; il faut continuer à prier pour ça ; je ne peux te dire quand ça viendra, mais assurément, un jour, ce miracle se produira.
Je discute avec Godgiven pendant un moment puis il demande à s’en aller ; peu après, son départ, on m’annonce une visite.
A ma grande surprise, c’est Marcos qui est là. Je lui fais signe de s’asseoir.
Marcos : bonjour Murielle ; comment vas-tu ?
Moi : je vais bien ;
Marcos : je suis venu te voir pour que nous discutons au sujet de notre avenir ?
Moi (surprise) : notre avenir ? Quel avenir ?
Marcos : beaucoup de choses se sont passées ; mais l’eau a coulé sous les ponts[4] ; ce temps m’a permis de réfléchir et de me rendre compte que c’est le destin qui nous a lié ;
Moi : nous ! Nous qui ?
Marcos : toi et moi ; nous nous sommes toujours aimés et autant l’admettre ; Murielle, je propose que nous fassions table rase du passé ; que nous nous mettons ensemble afin d’élever notre enfant, le fruit de notre amour.
Je n’en croyais pas mes oreilles ! Cette symphonie sonne mal !
[1] L'expression larmes de crocodile est une formule désignant une manifestation émotionnelle fausse, non-sincère ou hypocrite afin de tromper.
[2] 2 Corinthiens 5 v 17.
[3] Bible : Jean 6 v 63 ;
[4] Expression signifiant qu’il y a longtemps.
À suivre