Pourquoi est-ce qu'elle me montrait ça ? Je n'en avais aucune idée. Était ce son médecin le responsable de sa mort ? Comment cela pourrait-il être vrai quand on sait qu'il ne lui avait même pas accordé du temps pour comprendre sa maladie.
Je voyais cet homme dont je n'avais pas oublié le visage malgré les années passées. J'essayais de lui demander ce qui se passe, pourquoi elle me montrait ça, ce que cela signifiait. Mais elle se contentait de pleurer à chaude larme.
Et comme j'avais le regard sur elle, je sentis sur mon avant-bras un picotement et quand je tourne rapidement ma tête pour voir, je le vois se redresser, le docteur. Il venait de m'injecter quelque chose dans mon corps. Le temps de me demander ce que s'était, j'avais déjà commencé à suffoquer, puis cette terrible douleur à la poitrine. À côté de moi, j'entendais toujours les pleurs de ma sœur. Et subitement, c'est le calme plat. Je suis dans l'obscurité totale, et puis j'ouvre mes yeux. C'est le matin.
- WILLIAM : Quel rêve !
M'étais-je dit en me redressant du lit.
- Mais qu'est-ce que cela peut vouloir dire ?
Ma réponse, telle que je l'interprétais allait me parvenir dans les prochains jours. Et ce, grâce à mon père.
Alors, deux jours plus tard, j'étais assis au salon quand deux dames entrent chez nous. Tout le monde était sorti, donc j'étais seul.
- Bonjour
- WILLIAM : Oui bonjour. Vous cherchez quelqu'un ?
- Euh... On vient voir William.
Vous imaginez ma surprise. Deux dames qui me cherchaient pourtant moi, j'étais certain de ne les avoir jamais croisés nulle part. Puis je demande :
- WILLIAM : Il y a un problème ?
- Oui... Euh... En fait, non. C'est le vieux du garage qui nous a indiqué ici. J'ai ma fille ci qui est malade et il m'a dit que son fils William peut nous aider.
Je ne saurai vous décrire avec exactitude le sentiment que j’eus au fond de moi en pensant à mon père. Un élan de confiance, comme si on m'ouvrait une porte que j'avais perdu l'espoir de franchir un jour. À ce moment une seule phrase venue dans ma tête.
Alors mon père a encore confiance en moi.
J'ai fini par comprendre ces derniers mots lors de notre conversation il y avait quelques jours.
Je pris le cas de cette femme très au sérieux en application pour la consultation tout ce que j'avais appris à l'école. C'était une telle joie de pouvoir enfin aider des gens et leur apporter des réponses sur leurs santés. Ça avait été mon rêve et enfin, je commençais à le vivre. Même si mes patients manquaient de moyens, je m'arrangerais toujours à leur offrir le meilleur des services.
La nuit tombée de ce jour où j'avais reçu mes premiers patients sans que cela soit un stage où habituellement, nous sommes sous la supervision d'un enseignant. Ce jour-là, j'étais fière de moi.
Lorsque mon père était rentré, je ne manquais pas de lui exprimer à quel point ce qu'il avait fait m'avait aidé à reprendre confiance en moi.
- WILLIAM : Vraiment papa, merci pour ça.
- PAPA : Huhum ! Okay. Sinon, tu as pu leur apporter ton aide ? Parce qu'elles m'ont dit au garage qu'elles sortaient déjà comme ça de l'hôpital.
- WILLIAM : Oui oui... Ça a été très facile.
Mon père était concentré à lire une revue, puis il se redresse et me regarde.
- PAPA : Donc mon fils, tu étais alors prêt à mettre aux oubliettes tout ce que tu as appris pour venir me forcer à te mettre dans mon garage ? Tu as voulu tracer ta propre voie, tu l'as fait, et maintenant, tu dois la suivre coûte que vaille. Est-ce que je me suis fait comprendre ?
- WILLIAM : Oui pa'a !
- PAPA : Okay... Je viens là d'accomplir mon devoir de père donc ne me remercie pas.
Puis, il reprit sa position initiale pour continuer sa lecture. Quant à moi, j'étais allé sur la tombe de ma sœur afin de lui dire merci. Car je croyais avoir compris le rêve qu'elle m'avait fait faire.
Depuis le temps que j'étais rentré, j'avais reçu les appels de mes deux amis de toujours, tous les deux vivaient pleinement leur amour qui aurait dû être vécu depuis. Mais comme on dit, il vaut mieux tard que jamais.
Quant à moi, je recevais fréquemment des messages et appel d'Erica. Ses appels, je ne prenais jamais, mais ses messages, je n'avais répondu qu'une seule fois. J'avais quand même été avec elle pendant 3 ans et le jour où j'avais le plus besoin d'assistance, qu'avait-elle fait à part contribuer à ce que je me sentes encore plus réduis. Je n'étais tout simplement pas prêt à lui parler de nouveau.
Pour l'instant présent, je me contentais de ce que mon père et ma défunte sœur m'avaient aidé à obtenir. Une chance d'exercer malgré tout, le métier de mes rêves... Mais je ne me doutais pas de ce qui allait bientôt arriver et qui par ailleurs allait me faire connaître dans tout le pays.