Peur d'échouer... Encore.

1379 Words
Je n'avais pas vraiment eu le temps d'y penser quand déjà un patient venait me voir. Mais, je vous avoue que même quand je recevais et les autres après lui, à un moment donné, je me perdais dans cette réflexion. Ou devrais-je plutôt dire cette pensée, car, je m'imaginais déjà en service dans un grand hôpital. Dans ma tête, j'avais déjà accepté. Mais, la seule chose qui me retenait encore était de décevoir une seconde fois mon père et d'abandonner ma famille une nouvelle fois pour rien. J'avais peur d'un nouvel échec. Le soir venu, je décide de rentrer chez mes parents, ce que j'ai omis de vous dire est que je dormais également dans mon petit centre de santé. Mais, ce soir-là, j'arrivais chez mes parents. Mais, malheureusement à l'heure où j'étais arrivé à la maison, papa lui n'était pas présent. Alors c'est ma mère qui m'accueillit - MAMA : Ekié ! C'est comment ? Tu es venu ? - WILLIAM : Oui mama. Papa n'est pas là ? - MAMA : Il est... Il est sorti tout à l'heure avec un de ses amis qu'il appelle toujours frère là. Pourquoi ? - WILLIAM : J'avais envie de lui faire part de quelques choses là. Et oui, mon père et moi nous nous parlions maintenant comme avant. Il venait même souvent dans mon petit centre de santé et l'on passait du temps ensemble. J'avais enfin retrouvé mon père et il me regardait avec fierté. Après les avoir déçus une première fois, tout ce qui comptait à mes yeux maintenant, était qu'ils soient fiers de moi, fiers de leur fils. - MAMA : Okay. Ce qui est sûr, il va rentrer, mais, comme tu es ici en plus la nuit, si l'on te cherche alors là-bas ? - WILLIAM : Ah ! Même si qui me cherche là-bas. Il saura automatiquement que je suis ici de toute façon. - MAMA : Ah ! C'est aussi vrai. Comme tu ne veux pas de femme là (elle soupir). Sinon comment ça se passe ? - WILLIAM : Très bien mama... Vraiment très bien. - MAMA : Tu es vraiment un grand docteur mon fils. - WILLIAM : Tu sais mama, je ne suis pas vraiment docteur hein... Puisque je n'ai pas eu de diplôme. - MAMA : Ahka ! Vraiment, ça ce sont les choses de la télé... Dans tout le quartier ici, on te connait comme un très grand docteur. Tu leur as déjà beaucoup apporté. En plus, tu soignes même mieux qu'à l'hôpital qui est là-bas hein. N'est-ce pas quand j'étais au marché là, mon ami Jackie dont la fille était malade, tu te souviens ? - WILLIAM : Oui sa fille va bien aujourd'hui non, ou bien, elle est encore malade ? - MAMA : Oui, elle va bien... Mais, quand elle était tombée malade, je lui avais dit qu'elle doit venir te voir... Elle avait refusé que tu sors de nulle part et tu viens dire que tu soignes les gens ? Elle avait préféré aller à l'hôpital, puis elle était encore venue ici pour me prêter l'argent que les frais médicaux sont en train de la dépasser... - WILLIAM : Je comprends... Mais tu sais mama... Moi, je ne suis pas équipé pour traiter toutes les maladies... Certains de mes patients, je les redirige souvent même là-bas. - MAMA : En tout cas, ce que moi, j'essaie de te dire, c'est que tu aurais pu soigner son enfant, sans qu'elle est à venir prendre mon argent ici. - WILLIAM : Ahahahaha ! Donc mama, c'est pour ton argent tout le bavardage ci ? - MAMA : Comment je peux lui dire que toi mon fils, tu es un grand docteur... Elle me dit que tu sors de nulle part. Si c'était elle-même qui était malade, je ne lui aurais même rien donné. - WILLIAM : Je comprends mama... Mais, tu sais dans ces hôpitaux... Il y a des employés qu'il faut payer et donc l'hôpital doit faire entrer de l'argent... C'est pourquoi... - MAMA : La santé n'a pas de prix. Toi aussi, tu es un grand médecin est ce que l'argent que tu demandes est beaucoup comme ça. Ma mère était absolument convaincue que moi, j'étais un très grand médecin, avec un grand cœur, mais moi, je me voyais comme un misérable médecin. J'avais fini par me convaincre avec tout le temps qui avait passé depuis mon retour, que je n'avais certainement eu aucun mérite. D'ailleurs sur certains de mes patients, je n'osais me prononcer sur leurs maladies même si j'avais dans mon fond intérieur la sensation de pouvoir les apporter une aide ou même un début. Je me contentais de très vite ignorer cette sensation et leur dire tout simplement : « ce cas ne relève pas de ma compétence, aller plutôt à l'hôpital de district ». Ma mère et moi nous conversions, mais, je savais qu'à un moment, elle allait chercher à savoir ce dont je voulais parler à mon père. WILLIAM : Papa est sorti depuis ? - MAMA : Ah ! Là n'est même le souci. Tu connais ton père. Quand il sort comme ça avec ses frères, il rentre très difficilement sobre. Quand il va traverser cette porte, ça sera pour directement aller se coucher et dormir. - WILLIAM : Oui oui... Ça je sais. Au même moment ma mère se leva et alla dans sa cuisine afin de me servir à manger. Cinq minutes plus tard, elle revint avec un plat très chargé. - WILLIAM : Ekié Mama ! - MAMA : Je sais qu'où tu es tu n'as pas de femme... Donc profite bien de ma cuisine. En plus, le hasard a fait que je cuisine aujourd'hui le plat que tu as toujours aimé. Bon appétit ! - WILLIAM : Merci mama. Installé devant moi pendant que j'étais en train de manger, elle me dit maintenant : - MAMA : Alors, c'est quoi que tu voulais dire à ton père ? Ou bien c'est une affaire entre vous ? - WILLIAM : Pas une affaire entre nous. Juste que je tenais à lui faire part de quelque choses afin d'avoir son point de vue avant de prendre une décision. En fait, j'aurais même voulu vous faire part de ça à tous les deux. - MAMA : Dans ce cas, de quoi s'agit-il ? - WILLIAM : Bon, aujourd'hui un homme un peu mystérieux est venu me voir - MAMAN : Ahan ! Il voulait donc quoi ? - WILLIAM : Au départ j'ai cru que c'était un patient, sauf que non... Il me connaissait et il m'a fait une proposition, ce qui d'ailleurs m'a amené ici. - MAMA : Je comprends. Et, c'était quoi cette proposition ? - WILLIAM : Eh bien mama... Tu sais pourquoi j'étais parti de la maison. Tu sais aussi pourquoi j'étais revenu, dans quelles conditions et le climat qui a régné ici durant plusieurs mois. Que ça se reproduise est actuellement ma plus grande peur. - MAMA : Hum - WILLIAM : Donc le monsieur en question, m'a proposé, une opportunité d'enfin concrétiser mon rêve... Celui d'arborer cette magnifique blouse blanche en tant que médecin réputé. - MAMA : Ah bon ?! Mais c'est magnifique ! Tu pourras ouvrir un grand hôpital ici après non. - WILLIAM : Je ne sais pas encore, mais si c'est faisable, je le ferais très sûrement. - MAMA : Et qu'elle est le problème alors ? - WILLIAM : En fait... Là, j'ai peur mama, j'ai peur d'échouer encore, une seconde fois. Je ne veux plus prendre le risque de vous décevoir parce que je veux suivre mon rêve. Rien ne me dit que cette fois sera la bonne... - MAMA : Oui... je te comprends mon fils. Mais, est-ce qu'il ne faut pas quand même que tu essaies ? - WILLIAM : Essayer mama, ça je l'ai déjà fait... Et, le résultat a failli me coûter ma place dans cette famille. En plus, ce monsieur roulait dans une terrible Range Rovers ces véhicules ne sont pas à la portée du premier venu. Je ne pense pas que cela va être gratuit. Ma mère voulue encore parler, mais ce fut mon père qui entra au même moment.
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