La fatigue commence à se faire ressentir au bout de trois jours, non-stop, entre les préparatifs du mariage et mes affaires, je n'avais pas eus une minute à moi seul. Donc pouvoir me relaxer enfin, c'est un vrai bonheur. L'avion vient de décoller donc nous serons à Florence dans maximum quatre heures. Je vais pouvoir retrouver ma propriété et être enfin chez moi, il va falloir que je règle quelques affaires en rentrant, car pendant mon absence Diego Ferrari, a essayé et je dis bien essayé de vendre de la drogue sur mon territoire. Cette espèce d'e****é !
Apparemment il n'a pas que l'avertissement que je lui avais donné la dernière fois était une chance pour lui. Mais bon, il s'en rendra compte bientôt.
Un bruit sur ma droite me fait ouvrir les yeux, Giulia, ma femme depuis seulement quelques heures, se lève de son siège. Elle essaye de marcher tout en se raccrochant à tous ce qu'elle trouve. Qu'est-ce qu'elle fout ?
-Ça va?
Giulia arrête de bouger et se tourne vers moi, son teint est livide.
-Non, je...
Elle tombe sur la banquette qui est derrière elle, je me lève à mon tour.
-Tu as mangé un truc qui ta fais mal ? Demandé-je.
Elle secoue la tête doucement puis soupire, je m'accroupis donc devant elle pour essayer de comprendre ce qui lui arrive. Ce n'est pas prévu qu'elle meurt, du moins, pas avec moi et ni à cause de moi. Les relations que nous entretenons maintenant avec la mafia de Giulian sont très importante pour mes affaires et les siennes.
-Je suis malade dans l'avion, je ne supporte pas le prendre.
Je la regarde estomaquer, alors comme ça, la princesse de la mafia de Naples, ne supporte pas l'avion.
-Je vais vomir...
Ça phrase me tire de mes pensées instantanément, hors de question que je reçoive du vomi de partout sur moi. Je me relève et la prend dans mes bras comme une jeune mariée, ce qui est le cas. Dès que nous sommes dans les toilettes, je la pose parterre. Elle se met à genoux devant la cuvette et ne met pas longtemps à gerber, super ! Je me penche et prends du papier et lui en tends quand elle en a besoin. Je suis peut-être un e****é, mais j'ai des limites et si ma mère me voyait en train de laisser Giulia seule dans un moment pareille, elle m'en ferait voir de toutes les couleurs.
Quand je suis sûr que tout est sortis, je tire la chiasse d'eau et l'aide à se relever, elle ne tient à peine sur ses jambes, mais quand j'essaye de l'aider, elle me repousse.
-Je peux le faire toute seule, dit-elle tout en ronchonnant.
Si elle tient à ce démerdé, soit.
Je sors de la pièce et me rassois dans mon siège, je l'entends pester au sujet de je ne sais quoi. Elle revient et s'assoie sur son fauteuil tout en buvant un verre d'eau. Quand j'ai vu cette fille pour la première fois, je me suis dit que ça allait être facile avec elle, elle n'avait pas l'air prise de tête et très obéissante, mais ça s'était avant de voir la vraie elle. Elle me lançait des mauvais regards et j'en passe. Mais ce qui n'a pas changé, c'est quel est toujours aussi belle, cette femme dégage quelque chose d'ensorcelant.
Son regard se pose sur moi puis elle fronce les sourcils.
-J'ai quelque chose sur le visage ? Dit-elle sèchement.
-Non, mais la moindre des choses et de dire merci.
-Merci.
Giulia tourne son regard vers le verre qu'elle tient entre ses mains, elle le contemple comme si c'était un objet rare. Cette femme va être très divertissante à mon goût et ça ne me déplaît pas tant que ça. Si on doit rester marié pour la vie il faut mieux qu'il y est du divertissement entre nous. Et si elle veut qu'on b***e, je ne serais pas contre non plus. En attendant j'irai voir ailleurs, mais elle non, je n'aime pas partager ce qui est à moi.
Je me cale dans mon siège de façon à pouvoir me reposer avant qu'on atterrisse.
La voix Giulia me fait sursauter, je regarde autour de moi et constate que nous sommes encore dans l'avion.
-Quoi?!
-On va atterrir, il faut que tu t'attaches.
Elle se retourne et s'attache sans un mot, d'accord, elle est de mauvaise humeur comme hier soir.
Je ne m'attarde pas plus et m'attache à mon tour. Quand nous avons enfin atterris, j'enlève la ceinture et me lève. Giulia est toujours assise et elle sert tellement fort l'accoudoir que ses phalanges sont blanches. Je m'approche d'elle et lui dis d'une voix douce pour ne pas lui faire peur :
-C'est fini, nous pouvons sortir.
Elle cligne des paupières puis semble revenir à elle peut à peu, donc je sors le premier. Mes hommes sont là ainsi que Mattia, mes bar droits dans l'organisation. Il a ma vie entre ses mains et je lui accorde toute ma confiance. C'est aussi mon plus vieil ami, nous avons gravi les échelons ensemble dans l'organisation.
Nous nous serrons la main en souriant.
-Ça fait du bien de se retrouver chez soi.
-Je ne te le fais pas dire, ça fait à peine quelques jours que j'étais parti et ma ville m'a manqué.
-Tu m'étonnes, où est ta femme ?
Quand je lui ai parlé du pacte que mon père et celui de Giulia avait pris, il m'avait soutenue. Malgré qu'il ne voit pas du bon œil tout cela, il ne dit rien. Il sait que c'est pour les affaires et ça fera de la compagnie à sa femme, Maria.
-Elle arrive, elle n'aime pas l'avion.
Il fronce les sourcils donc je lui précise :
-Elle a été malade.
Il hoche la tête et son regard se porte derrière moi, je me tourne et vois Giulia, les mains dans les poches de sa veste.
-On y va, dis-je.
Je me dirige vers le quatre-quatre et ouvre sa portière, elle s'assoit directement sans poser de questions. Je referme la porte et m'adresse à Mattia:
-On se voit à la propriété.
Il hoche la tête et se dirige vers une autre voiture. Je monte dans la mienne et attache ma ceinture. Le chauffeur se met en route et suis les voitures de devant.
-Pourquoi autant de voitures ?
Mon regard se porte sur Giulia, elle me regarde avec incompréhension.
-Je préfère être en sécurité et je suis très paranoïaque, si tu veux savoir.
-D'accord, mais ça ne fait pas quand même beaucoup ?
-Il faut mieux prévenir que guérir.
Elle ne pose aucune autre question et se tourne vers la vitre pour pouvoir contempler la beauté de Florence. Il faudra qu'on parle de son projet d'ouvrir sa boutique, je ne suis pas contre mais il faut que j'instaure des règles et je me demande comment elle va les prendre.