Chapitre 19
26 aout – appartement Léna et David
Léna Jeanne Gueye
Aujourd’hui comme de nombreux jours depuis un moment, je me réveille avec l’amour de ma vie à mes coté. Honnêtement, je ne sais pas comment on n’a fait pour ne pas se faire attraper jusqu’à présent. J’espère que cela va durer encore longtemps. Mais ce qui aurais été parfait, cela serais de pouvoir être avec lui, être sa femme, devant la loi et devant Dieu, sans que personne ne s’y oppose. Ni sa famille, ni la mienne. Malheureusement, cela semble être impossible.
Et dire qu’aujourd’hui encore je dois travailler avec son père, je ne devrais pas le dire mais ce vieux m’énerve ! Je ne souhaite à personne d’avoir un beau-père, ou même un père comme cela.
- A quoi tu penses ? me demande David en se réveillant
- Au fait que je dois travailler avec ton père : l’homme qui me déteste le plus au monde
Je me souffle bruyamment et les larmes commençais à remplir mes yeux.
- Pourquoi il refuse notre union ? Quelle raison valable peut-il avoir ?
David me prend dans ces bras et me fait un bisou dans le front.
- Un jour ou l’autre on va se marier, je te le promets. Avec ou sans nos familles. On fait déjà croire à tous nos voisins qu’on l’est, il dit avec un rire
Je souris et décide de me lever avec une séance de câlin. Je me suis douché et préparé très rapidement. David à proposer de me déposer mais je lui ai dit qu’il ne fallait pas jouer avec le feu. A tout moment, on va croiser son père et tous nos problèmes vont recommencer.
J’ai pris un taxi, je devrais songer à investir dans une voiture. J’ai assez d’économie pour me le permettre.
Arrivée à mon lieu de travail, j’ai pris un grand souffle avant de prendre les escaliers. Je me suis installer dans le bureau en attendant les autres personnes avec qui je travailler :
Le père de David, qui s’occupe avec son entreprise des rénovations du terrain, Kader, l’assistant du maire, et Moussa qui s’occupe de tout l’aspect légale.
J’ai dû attendre une quinzaine de minute avant que le groupe soit au complet.
Nous avons commencé à discuter du projet, à chaque fois que je parlais monsieur François Martin se permettait de me couper la parole.
- Bon pour les rénovations du terrain, je pense qu’on peut commencer dans deux semaines. Le plus important c’est d’arranger le bâtiment central le reste…
- C’est moi qui m’occupe des rénovations, je sais comment m’y prendre, cela fait des années que c’est bon métier, me conne le vieux thon
Je souffle lourdement et continue de parler.
- Je pense avoir trouver une bonne designer intérieure, en plus de cela elle a une entreprise publicitaire, donc elle pourra nous… je commence encore une fois
- Il est un peu trop tôt pour parler de publicité encore, le projet démarre dans deux semaines, nous devons nous occuper de l’aspect physique brute du terrain pour l’instant
Je grince des dent et souris avant de continuer de parler.
- Dans ce cas, je pense que l’idée du terrain de basket on devrais le laisser le coté, il y a un terrain pas trop loin on pourrait prendre une partie du budget et remplacer les paniers au lieu de faire un en intérieur, il y aura plus de place dans la cours et…
- Dit moi Moussa tu as pu
Là c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. J’ai frappé ma main sur ta table créant un bruit fort. Tous les yeux été rivé sur moi.
- C’est quoi votre problème avec moi ? Vous n’aimez pas travailler avec les personnes noires ? ou encore les femmes noires plus précisément ? Si c’est le cas pourquoi être venu aux Sénégal ? pourquoi être venu en Afrique noir ? Vous avez clairement un problème avec moi, la seule femme noire de cette pièce. Depuis tout à l’heure vous me coupez la parole, un vrai comportement mysogynoir
Il me regarde surpris, clairement il ne s’attendais pas à ce que ces mots sortes de ma bouche.
- Vous savez très bien que mon problème ne vient pas du fait que vous soyez noir ou une femme.
- Donc vous avouez avoir un problème avec moi ?
Pendant quelque temps, nous étions en train de se défier du regard. Soudainement, il sourit.
- Calmez-vous et reprenons la réunion
- Vous insinuez que je suis agressive ? Stéréotype parfait pour parler des femmes noires, j’ironise encore une fois
Encore une fois, son visage retourne vers la neutralité. Mais je voulais bien qu’il essayer de contenu sa colère. Il tenait fermement un stylo qu’il a fini par casser en deux.
Le bruit du style cassé, brisa le silence qu’il y avait encore une fois dans la pièce.
- Euh…Je pense que c’est mieux d’arrêter la réunion ici, on finira une autre fois
- Je pense aussi. Mais la prochaine fois monsieur Martin, cela ne sera pas la peine de vous présenter. Je vais parler au maire, nous trouverons un autre prestataire pour les rénovations
J’ai pris mon sac et je suis sortie de la pièce en furie. J’étais tellement en colère, cette homme m’énerver de plus en plus. Je ne pourrais plus supporter de travailler avec lui. Je pense que la prochaine fois que je le verrais, je vais lui planter mon stylo dans l’œil droit. J’ai besoin de me défouler, je pense que je vais aller voir ma cousine Mame Binta, elle sait toujours quoi dire pour me calmer.
Je descendais tranquillement les escaliers en imaginant milles et une façons de tuer ces ingrats. J’ouvrais la porte pour sortir lorsque je sens qu’on me tient fermement par le bras, je me retourne pour faire face à la personne qui ose me faire cela.
- Que ce soit la première et la dernière fois que tu me parle ainsi, petite vaurienne sinon tu vas le regretter amèrement
- Ne t’en fait pas, à partir d’aujourd’hui vous n’aurais plus à me parler tout court. Je vais de ce pas parler au maire pour mettre un terme à cette collaboration
Il se mit à sourire avant de me dire :
- Tu peux tenter ta chance, mais je connais déjà la réponse du maire
- Donc vous l’avez corrompu ? c’est bien ça
- Loin de là, si ton projet est viable aujourd’hui c’est grâce à moi. Je compte financer 60% du projet la mairie ne finance que 40%.
- Dans ce cas je trouverais un autre investisseur, un qui s’intéresse au bien être des jeunes
Je me retourne pour ouvrir la porte mais il continue à parler.
- C’est moi qui ai convaincu le maire de faire ce projet, sans moi ta réponse aurait été un gros non.
Je me retourne pour lui faire face.
- J’étais au courant pour ce projet, j’ai dit au maire d’accepte et j’ai proposé de rénover le terrain et payer pour 60% des charges
- Et tout ceci par la bonté de ton cœur d’ironise
- Tout ceci pour que tu laisses mon fils
- Vous pensez vraiment que l’amour que je porte pour votre fils a un prix ?
- S’il y a bien une chose que j’ai appris durant mes 60 ans sur cette terre c’est que tout a un prix
Je me suis tu pendant un moment, je regardais le sol en essayant de retenir mes larmes.
- Dans ce cas…je trouverais un nouvel investisseur
- Recherche un nouveau terrain aussi tant que tu y seras, il dit en sortant
Comment ça un nouveau terrain ? Je me suis mise à courir derrière lui pour le rattrapé.
- Comment ça rechercher un nouveau terrain ?
- Ce terrain m’appartient, je t’ai dit que sans-moi ton projet ne serait pas viable, j’ai posé toutes les cartes. Je dépenserais des millions s’il le faut pour que ton projet fonctionne, et j’en ferais même d’autre si c’est que tu veux. Tout ce que je te demande en retour c’est de laisser mon fils
- Pourquoi ? cette fois ci je ne pouvais pas retenir mes larmes
- Pourquoi quoi ? il demande confus
- Pourquoi tu ne veux pas de cette union ? tu n’as même pas cherché à me connaitre, ni moi, ni ma famille. Pourquoi ! criais-je
- Léna…Je te connais mieux que tu ne le pense