Chapitre 14 : Le Collier

819 Words
(Point de Vue : Kaiden) Le calme était revenu dans le chalet. Une paix domestique que j'avais construite de mes mains, en éliminant les éléments perturbateurs. Maïra était assise sur le tapis du salon, devant le feu. Elle ne lisait pas. Elle ne bougeait pas. Elle fixait les flammes, hypnotisée. Depuis l'incident du chasseur, elle avait changé. Quelque chose s'était brisé en elle — ou plutôt, quelque chose s'était ouvert. Elle avait cessé de lutter. Elle avait accepté sa place dans l'écosystème. Je l'observais depuis la cuisine, un verre de vin rouge à la main. Elle était belle. Tragique, mais belle. Elle portait le grand pull en cachemire que je lui avais donné. Elle avait l'air si petite dedans. Si vulnérable. J'avais envie de la récompenser. Un animal qui apprend à ne pas mordre mérite une friandise. Une femme qui apprend à ne pas fuir mérite un bijou. Je posai mon verre et pris la petite boîte en velours noir que je gardais dans ma poche depuis 730 jours. Je m'approchai d'elle. Mes pas feutrés sur le tapis ne la firent même pas sursauter. Elle savait que j'étais là. Elle sentait ma présence comme on sent un changement de pression atmosphérique. — Maïra. Elle tourna lentement la tête vers moi. Ses yeux verts étaient voilés, comme s'il y avait une vitre entre elle et le monde. — Oui ? Je m'assis à côté d'elle, en tailleur. Je tendis la main et caressai sa joue. Elle ferma les yeux, penchant légèrement la tête vers ma paume. Un geste de soumission inconscient qui fit affluer le sang dans mes veines. — Tu as été très sage ces derniers jours. Tu as compris que je ne voulais que ton bien. Elle ne répondit pas. Le silence était son nouveau langage. — J'ai quelque chose pour toi, continuai-je en sortant la boîte noire. Elle ouvrit les yeux et regarda l'écrin. Une lueur de méfiance passa dans son regard, vite remplacée par de l'apathie. — Qu'est-ce que c'est ? — Un cadeau. Ouvre. Elle prit la boîte avec des doigts hésitants. Elle souleva le couvercle. À l'intérieur, sur le velours blanc, reposait un collier. C'était une pièce magnifique. Une b***e d'or blanc rigide, incrustée d'une rivière de petits diamants. C'était élégant, raffiné, et incroyablement cher. Mais ce n'était pas un collier ordinaire. C'était un ras-de-cou. Rigide. Étroit. Et il n'y avait pas de fermoir classique. Juste une petite serrure discrète à l'arrière. Maïra le fixa sans un mot. Elle avait compris. Elle n'était pas idiote. Ce n'était pas un bijou. C'était une étiquette. Maïra : Il est... très beau, murmura-t-elle, polie par terreur. — Je l'ai acheté il y a deux ans, dis-je en sortant le collier de la boîte. Le lendemain de notre rencontre dans la rue. J'ai vu ton cou, si fin, si blanc... et j'ai su qu'il manquait quelque chose. J'ai su qu'il avait besoin d'être habillé. D'être marqué. Je vis un frisson la parcourir. Savoir que je planifiais ce moment depuis deux ans devait être vertigineux pour elle. — Tourne-toi. Elle obéit. Elle pivota, me présentant son dos. Elle releva ses lourds cheveux blonds, dégageant sa nuque fragile. La ligne de ses vertèbres était une invitation. J'avais envie de la mordre. Je posai le métal froid contre sa peau chaude. Elle retint son souffle. Je refermai le collier autour de son cou. Il était parfaitement ajusté. Serré, mais pas étouffant. Juste assez pour qu'elle le sente à chaque déglutition, à chaque respiration. Une présence constante. Clic. Le bruit du mécanisme de verrouillage fut minuscule, mais dans le silence du chalet, il sonna comme une porte de prison. Je sortis la petite clé argentée de la serrure et la mis dans ma poche. — Voilà, chuchotai-je en embrassant sa nuque, juste au-dessus du métal. Elle porta la main à sa gorge, effleurant les diamants froids. — Je... je ne peux pas l'enlever ? demanda-t-elle faiblement. — Non. C'est le principe, mon ange. Tu es à moi. Et maintenant, même si tu te retrouvais nue au milieu de la forêt, n'importe qui te verrait saurait que tu appartiens à quelqu'un. Que tu es une propriété privée. Je la fis pivoter pour qu'elle me fasse face. Le collier brillait sous la lueur du feu. Il mettait en valeur la pâleur de sa peau et la noirceur de ses cernes. Il la rendait encore plus objet, encore plus précieuse. C'était obscène. C'était parfait. Maïra : Merci, Kaiden, ordonnai-je doucement. Elle baissa les yeux, une larme solitaire roulant sur sa joue pour venir s'écraser sur les diamants. — Merci... Kaiden. Je souris. — De rien. Maintenant, enlève ce pull. Je veux voir comment il rend sur le reste de ta peau. Elle se figea une seconde. Juste une seconde. Puis ses mains attrapèrent le bas de son pull. Elle avait abandonné. Mon jouet était enfin déballé, étiqueté et prêt à être utilisé.
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