Chapitre 6

669 Words
-POV Jurde- Quelle peste. Un démon. Un ange. Je ne saurais le qualifier. Un peu des deux sans doute. Toute la soirée je n'ai fait que m'inquiéter pour cet hétéro de pacotille, et mon amabilité s'en est ressentie. J'ai moins vendu, et la soirée sans Timothée, ce n'était vraiment pas ça. Et moi qui l'ai mis en congé maladie. Je dois vraiment être à coté de la plaque. -Vas-y, ronchonne Mimi en m'arrachant le torchon des mains. Tu n'es vraiment bon à rien ce soir, je vais fermer. Va donc voir comment il va… Je devrais sans doute penser à virer un tel insolent, mais l'androgyne est vraiment doué, ce serait du gâchis ; alors je me contente d'hocher la tête et me dirige aussi lentement que je le peux dans ma chambre. Mon petit blessé est toujours là, et je profite de son inconscience pour m'assoir près de lui. Oui il dort, pas de doute là-dessus, le petit ronflement en atteste. Avec un peu de chance je n'aurais pas loupé le meilleur morceau. Monsieur parle durant son sommeil. Et je trouve ça chou comme pas possible. En attendant je réfléchis. Pourquoi suis-je là à m'occuper d'un être insupportable toute la journée durant ? Pourquoi suis-je toujours ainsi à ma soucier d'un mec aussi borné et fermé ? Timothée choisit ce moment pour se tourner sur le côté et sa bouche s'entrouvre. Je retiens mon souffle. Serait-ce le moment ? -Jurde, soupire l'être magnifique dans son sommeil. Tu n'es qu'un connard. Aïe, ça je le sais déjà, il le dit presque toutes les nuits. D'ailleurs vu toutes les saloperies qu'il me sort une fois dans les vapes, j'aurais dû le virer depuis belle lurette. -Jurde, murmure encore la créature, où es-tu ? Non… non (son souffle s'accélère) ne pars pas… ne me laisse pas seul… Jurde… Timothée soupire de bien être en prononçant mon nom et mon cœur fait malgré moi un triple salto dans ma poitrine. Adorable. Hétéro à 200%, ça ? Timothée tourne une fois de plus sur le côté. -Jurde… tes bras… chaud… Je comprends, et décide que ce soir je ne lutterai pas. Chaque soir l'homme me demande d'être près de lui, et chaque soir je me retiens. Au début je m'en amusais, puis est venu la frustration. Alors cette fois j'enlève mes chaussures, et après vérification qu'il dort bien, je m'allonge près de lui. Presque aussitôt il vient se coller à moi et ses bras m'enlacent. Mon cœur cogne anormalement contre ma poitrine et je l'étreins moi aussi. -Jurde, soupire Timothée, ne me laisse plus avec ces tarés. -D'accord Tim. Je m'approche de lui et lui embrasse le front avant de lui caresser le visage. L'être semble apprécier, contrairement à lorsqu'il est éveillé. -J'aime bien…, murmure Tim… il soupire tristement. Une vraie lavette… Peut-être. Je ne sais pas si aimer les caresses d'un autre homme fait de vous une lavette. Je suis mal placé pour en juger et Timothée en semble si convaincu… mais j'aime la lavette que devient la peste une fois le soir venu. Un ange. Mon ange venu comme un défi que j'accepte. Autant je déteste le démon du jour, mais pour l'ange, je le veux… -Je te veux, murmuré-je d'ailleurs à son oreille. Je t'aime mon ange… Le petit être se serre plus fort contre moi et je me demande s'il comprend ce que je lui dis, si une partie même minuscule, saisit que je viens de lui dévoiler mes sentiments. Peut-être. Enfin, c'est ce que j'espère. -Moi aussi, marmonne l'ange. Pff…. tafiole. Je le caresse encore, et ainsi dans les bras de cette épreuve personnifiée, je m'endors empli d'un bien-être éphémère. Inutile de préciser qu'à son réveil, le principe du « lui contre moi » a mis le démon hors de lui. Un véritable c*****e. La prochaine fois, je me lèverai avant que le monstre ne se réveille.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD