Je me sens remarquablement bien aujourd'hui.
Notez-le « remarquablement ». J'y ai recouru dans l'unique mesure où dire « merveilleusement » l'aurait moyennement fait, étant donné mes problèmes restants.
La dépression de ma sœur n'est pas encore vraiment finie après tout, de même que sa sortie de l'hôpital n'est prévue que pour dans une semaine. Le jour du bac pour être précis.
Donc non, je ne me sens pas non plus dans un état d'hébétude total. Je me sens juste bien, avec une légère touche de surpuissance typiquement propre au mal dominant qui a su vaincre l'ennemi malfaisant.
En revanche, je ne saurais déterminer la raison exacte de ce bien-être si grisant.
Serait-ce le résultat de ma grandiose réussite sur Jensen, de mon retour au rang de mâle magnifique autant qu'incomparable ? Hmm, sans aucun doute…
Mais peut-être est-ce également dû à cette satiété sexuelle qui me tourne la tête. Peut-être est-ce ce week-end de déchéance charnelle, associé à mes ébats guerriers avec Jensen qui m'ont revigoré, et soulagé d'un poids depuis trop de temps accumulé.
Peut-être. Je m'en fous. Seul le résultat compte après tout, et ma conclusion est simple : b****z votre prochain, qu'est-ce que ça fait du bien !
…
-Donc Heden est d'accord pour te laisser passer le BAC à sa place ?
Je regarde Cindy assise à côté de moi sur l'un des bancs du lycée, m'agace de son air clairement éberlué.
-À te voir, fis-je remarquer, on pourrait presque croire qu'il s'agit d'une mauvaise chose.
Cindy fait la grimace.
-Désolée. Mais c'est juste que je ne me suis jamais faite à l'idée que tu ne sois plus un attardé-psychopathe- abruti incapable de résoudre un problème de niveau cinquième. Tu sais, ça laisse des traces ce genre de choses.
…
Mouais, face à ce genre d'insulte, je me félicite de mon exceptionnelle maturité. Inutile de s'énerver, n'est-ce pas ? Et puis, ce n'est pas comme si elle avait spécialement tort… snif.
-Mais bon, poursuit posément Cindy, je suppose qu'Heden n'avait pas vraiment le choix de toute façon. Étant donné que les exams sont la semaine prochaine, il semble évident qu'elle n'aurait pas été prête en temps et en heure.
-Et l'idée qu'Heden ait reconnu mon exceptionnelle intelligence, de même que l'augmentation significative de mes notes ne t'a en rien effleurée ?
-Pff, laisse-moi rire. L'idée même de te confier mon destin scolaire me donne envie de vom...
-Cindy, grogné-je, ne pousse pas le bouchon trop loin.
Cindy secoue la tête, visiblement admirative.
-Heden est une brave parmi les braves… Non, vraiment, sa foi en l'être humain est admirable.
Exaspéré, je lui passe un bras autour du coup pour l'agripper avec violence.
-Tu l'auras cherché !
-Non, s'écrit-elle en couinant, pas les chev…
Trop tard.
Avec une cruauté foudroyante, je m'emploie à l'ébouriffer à un point proche du c*****e, et au sang, je préfère les broussailles que deviennent ses cheveux bouclés.
… oui, bon, j'avoue, niveau cruauté, j'ai déjà fait mieux, mais ici, il ne faudrait pas trop l'abimer. On ne sait jamais, cette amie pourrait toujours m'être utile par la suite.
Cindy se débat encore un moment, et hilare, je continue tandis qu'elle se montre généreuse en insultes et damnations bien peu réalistes à mon encontre.
Cependant, je cesse mon manège en voyant passer celui que j'attendais.
-Espèce d'abruti, fulmine encore Cindy en se redressant, une main sur sa tête pour aplatir en vain l'ensemble. Tu sais combien de temps je mets à les coiffer devant la glace ? Triple dégénéré ! Gratin de couille de tortue farcie à la merde… raclure de…
Je lui mets une main sur la bouche, coupant court son glorieux répertoire un peu trop étaillé depuis peu, et me concentre sur la venue du nouvel arrivant.
Cindy suit mon regard, et ses yeux s'écarquillent.
-Oh… souffle-t-elle en repoussant ma main, c'est vrai… (Elle soupire) ça aussi je n'en reviens toujours pas. Le monde est vraiment trop injuste, je...
Je lui remets la main sur la bouche, la foudroie d'un air d'avertissement. Puis, avide, je scrute à nouveau toute trace qui prouverait ma glorieuse victoire sur l'ennemi.
Je cherche le désespoir chez Jensen, l'anéantissement psychologique, la honte ultime de s'être fait souiller…
Rien.
J'observe encore, inspecte d'un œil expert ce visage parfait et souriant qui salue sa b***e, décortique la forme de ses muscles tandis qu'il sert des mains, étudie sa posture décontractée lorsqu'il zieute alentour et pour finir, j'en tombe dénue lorsque j'aperçois sa satisfaction en m'apercevant.
Insensé. Grotesque.
Je ne détourne pas le regard et le laisse détourner la tête pour continuer de converser gaiment avec sa b***e de groupies. p****n, ce mec est un extraterrestre. Comment peut-il se comporter comme si de rien n'était ? Et comment peut-il me chercher dans la foule, et se montrer « rassuré » de me trouver ? Il croit quoi ? Que j'aurais fugué, éperdu de l'avoir fait souffrir ?
Putain, mais dans son cul, je veux qu'il souffre !
Snif, si le victimisé se la pête après la bataille, ce n'est décidément plus drôle du tout…
Je voulais des larmes, de la honte, voire même de la haine de sa part (ça m'aurait prouvé qu'il souffre) et je ne récolte qu'une indifférence cordiale.
… devrais-je recommencer le traitement de choc d'hier ?
Hmm, aussi tentant que soit l'idée, je doute que le résultat soit au rendez-vous. Sans l'effet de surprise, il risquerait de s'habituer à ce que je le monnaye en bonne prostituée qu'il semble être.
…
Et puis merde, je laisse tomber. Je suis convaincu qu'il souffre, et cette pensée rassurante est amplement suffisante pour me complaire.
-Tu sais, souligne Cindy en me dévisageant, tu as une tête à faire peur Lain…
Je lui jette un coup d'œil furieux, elle lève les mains sur ses cheveux en signe de trêve.
-C'est bon, c'est bon. Je ne dis plus rien. Inutile de s'énerver.
Elle me fait la moue, les mains toujours dressées en barrière inviolable sur sa crinière, avant de redevenir la fouine qu'elle fait si bien.
-Alors, tu comptes faire quoi maintenant ? Tu vas lui parler ? Lui montrer que tu le domines ? Hein ? Hein, dis ?
Je lui jette à peine un regard, puis, après un dernier coup d'œil déçu à un Jensen bien trop épanoui à mon goût, je me détourne de la scène.
-Tss, gamine, marmonné-je bougon. J'y vais, ne m'attends pas.
-Bah, Lain ? Qu'est-ce que tu fous ?
Malgré ses appels, je ne me retourne pas. La suite de mon plan est aussi simple que diabolique, mais je décide qu'une chieuse pareille ne mérite pas de la connaitre : je vais bosser, tout simplement !
Oui oui je sais, ça manque de piquant, d'action. Pour être franc, ça manque également de folie, du côté sexy et indomptable qui me caractérise d'ordinaire si bien.
Mais c'est ce qu'il y a de mieux à faire.
Je considère que l'histoire « Jensen » est finie. Je me le suis fait, et aussi bon cela fut-il, cette histoire est dorénavant achevée. À présent, il ne me reste plus qu'à finir cette semaine de merde, avoir un Bac, et je pourrai dire adieu à tout ça, revenir à ma vie d'avant, celle où je suis le mieux.
Plus qu'une semaine donc. Si je reste sage, que pourrait-il bien m'arriver de mal ?
-oOo-
Je ne suis que concentration. Oui, un grandiose et sublime mélange de sexe ET de concentration, uni sous la même bannière afin de servir ma gloire à venir.
Il me faut ce p****n de bac. Ce n'est pas si compliqué à avoir n'est-ce pas ? Il me le faut, il me le faut et il me le faut. Donc je l'aurais, c'est aussi simple que ça.
Mu par cette motivation de Winner des études, je me plonge dans mes annales, tente de résoudre le problème « basique » selon les termes de Cindy. Et puis si elle y arrive, pourquoi pas moi ?
Seulement, tandis que Je me plonge dans l'étude avec l'énergie du désespoir, j'en viens très rapidement à m'agripper les cheveux, exaspéré face à mes lacunes. p****n, mais d'où ça vient ce « 69 » ?
La porte de la bibliothèque s'ouvre, je lève à peine les yeux tant je m'acharne à saisir les hiéroglyphes devant ma feuille. Moi qui pensais avoir tout saisi, c'est quelque peu frustrant de se rendre compte combien je suis bon à nib, à quelques jours seulement de la date fatidique…
Quelqu'un éternue, je le foudroie du regard pour l'avertir. C'est une bibliothèque ici, b***e d'ignares, on ne se laisse pas aller à tout va.
L'énergumène me lance un pauvre regard apeuré, avant d'éternuer à nouveau dans son mouchoir, les yeux gonflés et le nez enflé par ce qui semblerait être une nuisance maladive appelé « rhume » dans nos contrés.
Argh…..
Aussi sec je m'empare de mes affaires et tant qu'il me reste une chance d'échapper à l'hécatombe maladive à venir, je me précipite à l'autre bout de la pièce. Serait-ce suffisant pour survivre ? Ai-je mis suffisamment de distance ? Pas sûr…
Peut-être faudrait-il que je songe à quitter la pièce…
J'y songe, mais avant que je ne décide de quitter ce lieu d'immondice et de déchéance miasmatique, la porte s'ouvre à nouveau, pour laisser passer une nuisance bien plus inquiétante encore.
Pff, à se demander quand ce débile se décidera à comprendre qu'il ne faut pas se rendre sur un territoire conquis par l'adversaire. Tant qu'il y est, il va me dire que c'est à moi de fuir ? Hein ?
Qu'il dégage, je dois me laisser porter par l'amour et la foi des études, sans parasite aucun.
Le cloporte en question, nul autre que Jensen, regarde là où je me trouvais quelques instants plus tôt, et je trouve son expression étrange. Un mélange de… oh et puis merde, non je n'ai pas envie de dire ces conneries aussi mièvres à voix haute.
Autant est-il qu'il jette un coup d'œil alentour, avant que ses yeux noirs hypnotiques ne croisent les miens et qu'un sourire de connard en puissance ne s'esquisse sur ses lèvres sublimes.
Connard va. N'approche pas. Tu es censé baisser la queue.
…
Argh, devrais-je le lui expliquer ? Sans doute, puisqu'il ne se gêne pas pour s'approcher, comme pour m'inviter à mieux lui apprendre sa leçon du jour.
Décidé à ne rien céder, je le fixe tandis qu'il s'approche, et le lacère lorsqu'il tente de saisir la chaise.
-Tu crois faire quoi là ? grogné-je froidement.
L'intéressé m'adresse un coup d'œil innocent.
-Ça ne se voit pas ? Je pose mes fesses afin d'étudier.
-Oui et bah va poser tes fesses à une autre table. Je suis certain que tu étudieras tout aussi bien…
Il hausse nonchalamment les épaules de l'air de celui qui s'en moque totalement, avant de s'asseoir avec un sourire, tout en me scrutant.
Ouh le sale con !
Agacé, je décide de faire comme s'il n'était pas là.
Sauf que mon mépris clairement affiché ne fait pas fuir l'individu, qui ouvre tranquillement son sac (en soupirant), avant de sortir ses feuilles (bruyamment), puis en sortant sa trousse (en sifflotant) puis en balançant sur sa chaise (en claquant la langue).
Dois-je rappeler qu'en ce temple du savoir miteux des intellectuels tout puissants, je refuse qu'on se mouche, gratte, tousse, pète, rote et autres déflagrations auditives hautement nuisibles ? Mouais, c'est bien ce qu'il me semblait.
Ce mec me cherche.
Je lui lance un regard meurtrier, puis retourne à mon problème mathématique insoluble. S'il continue comme ça, je le v***e dans un coin, et il ne servira à rien de pleurer une fois la chose faite.
Sauf que…
-Ça ne te dérange pas de t'être fait humilier hier ? lancé-je exaspéré par sa présence.
À l'étincelle réjouie qui s'allume dans le regard de ce détraqué, je réalise qu'il me faisait chier dans l'unique but que je lui pose cette question. Complètement détraqué je vous dis…
-Eh bien, commence-t-il, je dois admettre que me faire traiter comme une c***n au rabais par un partenaire sexuel de l'autre sexe m'a quelque peu perturbé… pour ne pas dire contrarié.
Je le scrute tandis qu'il me sourit, cherche à percer les mystères de ce visage de connard en puissance. Est-ce lui qui sait mieux jouer, ou moi qui me ramolli au jeu des devinettes, mais je n'y comprends décidemment plus rien. Qu'est-ce qu'il cherche au juste ?
-Mais bon, tu étais plutôt bon, conclut-il, il semblerait que j'ai mérité ma punition, donc je vais faire comme si de rien n'était…
-Pardon ?
-…Comment va Heden ? lâche-t-il en changeant abruptement de sujet.
-…Mal.
Mon ton froid et légèrement plus catastrophiste que de rigueur lui enlève enfin ce sourire à le zigouiller sur place, ce qui me réjouit au plus haut point.
Jensen me lorgne de son air connard agacé, avant qu'une ombre ne vienne s'ajouter, aussi subtile que stupéfiante : celle de la culpabilité.
-C'est-à-dire ? me demande-t-il. Et d'ailleurs, poursuit-il avant de me laisser répondre, à combien de mois en était-elle ?
Je le jauge, me demandant si lui répondre est véritablement nécessaire. Cependant, aussi con fusse-t-il, il était tout de même le géniteur. S'il veut savoir, qu'à cela ne tienne.
Il cille à peine lorsque je lui lance qu'elle en était à son sixième mois de grossesse, de même qu'il plisse à peine le front lorsque je lui fais part de la profonde dépression dans laquelle il l'a plongé avec ses conneries. Je lui narre tout ce qu'elle a enduré par sa faute, tout ce dont il l'a privé, ses peines, son désespoir.
Rien ne vient montrer que cela le touche, cependant il ne me pose plus de questions, ce qui est en soi une victoire.
Enfin, il ne me pose plus de questions sur ELLE. Juste sur moi.
-Et toi, tu as souvent pour principe de b****r ceux qui s'en prennent à ta famille ?
-Heureusement que non, lâché-je. Mes critères sont bien plus élevés d'ordinaire.
-Plutôt dans le genre de l'autre soir ? Il s'appelle « Vincent », c'est ça ?
La question, si innocente qu'on eut cru une discussion légère entre deux amis conversant de la pluie et du beau temps me laisse un instant sans réponse, médusé.
J'hoche la tête, il soupire. Soulagement ? Tristesse ? Satisfaction ? Les trois à la fois ?
-Tu sais, marmonne-t-il, j'ai également des critères plutôt élevés d'habitude. Me faire un mec n'a jamais été dans mes projets, présents comme futurs…
-Te faire un mec ? ironisé-je méchamment. Attention, on pourrait presque croire que tu manœuvrais…
-Et ce n'était pas le cas ?
Je soupire face à la bêtise humaine. J'étais au-dessus, je dirigeais ses mains jusqu'à ses hanches plongées en moi. En excluant ce préjugé obsolète du bout de viande dans un autre, j'étais clairement le winner du jeu.
Mais je ne tiens pas à en discuter davantage. Ses yeux noirs me perturbent bien trop pour ça, de même que ses lèvres entrouvertes d'une manière érotique.
-Ce n'était pas le cas ? insiste-t-il en me voyant remballer mes affaires. Tu vas où ?
Je ne réponds pas, image même du mâle qui délaisse sa jeune vierge défleurée, mais il m'agrippe le poignet.
-Tu n'as pas le droit de faire ça…
Je hausse un sourcil, grimace un sourire sarcastique.
-Pas le droit de faire quoi au juste ?
Jensen regarde alentour, histoire de vérifier que personne ne regarde avant de me bruler par l'intensité de son regard.
-Laisse-moi recommencer, lâche-t-il sérieusement. Je veux réessayer. Hier, tu m'as pris par surprise, ce n'était pas fairplay.
…
Et un hippopotame sur la tête d'une girafe, qui mâchait de l'herbe en volant sur une baleine en tutu dans les airs…
Oui, c'est à peu près l'effet que me produit ce que vient de me dire Jensen. Vous n'avez rien compris ? Faites-vous une raison, parce que moi non plus figurez-vous…
D'une je lui reprends ma main, et de deux je le regarde, conscient qu'il est inutile de cacher l'ahurissement qu'il vient de me causer.
-Jensen, rassure-moi, tu ne crois tout de même pas qu'il s'agit d'un jeu… ? Tu es conscient que je te déteste, n'est-ce pas ?
Il hausse les épaules, ses iris me transpercent toujours.
-Je m'en fous. Tu peux bien me détester, l'effet reste le même. Tu b****s comme une bête, et c'était plutôt divertissant. En revanche, si vraiment tu me hais, alors j'ai d'autant plus de raison de vouloir le refaire… je refuse de perdre.
-Désolé mon pote, mais je n'ai pas coutume de faire de démonstration bonus. Et tu as bel et bien perdu.
Et je quitte la bibliothèque. Je remets en place mon sac de cours, remets une mèche folle derrière l'oreille, réajuste ce string qui me lacère toujours autant le derrière, puis, l'air de rien, je ne peux que toucher mes joues brulantes. Du calme petit Lain, ne te laisse pas séduire par le côté obscur de la force…
Non mais pour qui se prend ce type ? Me proposer des jeux aussi pervers, aussi bizarrement excitants…
Que croit-il faire au juste ?
Je m'assois sur un banc, tente de penser au nuage qui vole paisiblement de ci de là, afin de m'apaiser l'esprit autant que possible. Pour preuve de ma bonne foi, je m'imagine même en innocente et naïve pâquerette des bois, voletant au gré du large, mais rien n'y fait. Ce mec a réussi à m'exciter. Terriblement.
Et merde.
Je tente de repousser les images qui m'assaillent, mais me reviennent les innombrables images de nos ébats d'hier, et j'en salive d'envie.
Soyons franc, j'ai adoré. Cette violence, cette lutte, moi qui le domine, son corps contre le mien, sous moi, en moi, partout…
Pour faire bref, je me suis senti… bien. Entier. Compris.
Jamais je n'aurais cru qu'il voudrait le refaire. Il a tout après tout. Il est beau, intelligent, et par-dessus tout, hétéro. Quel serait donc l'intérêt de se faire un gay, alors qu'il peut se faire toute fille dans ce lycée ?
Hmm, mais peut-être les a-t-il déjà toute faite… si tel est le cas, c'est mon maitre à penser, parce qu'aussi fort que je sois, je doute d'avoir dépassé une bonne grosse centaine, voire un peu plus. Ou un peu moins.
Je ne sais pas, je suis perdu. Et même s'il se les était déjà toutes faites (ce qui m'étonnerait, parce que vu certaines…), même dans ce cas donc, il pourrait malgré toujours se les refaire. Par devant, sur le côté… par derrière même si ça lui chante. Alors pourquoi moi ?
Pourquoi vouloir se taper un gay qui lui a clairement avoué le détester, qui l'a fait galérer comme un chien, qui l'a fait courir en tout sens… il doit forcément me honnir autant que moi à son égard, il ne peut pas en aller autrement… et puis…
Je me stoppe, car j'ai compris.
Il me déteste, c'est évident.
Et je le déteste, n'est- ce pas ?
Où serait le mal dans ce cas ?
Je me lève, et, poussé par le genre de pulsions auxquelles je ne sais jamais résister, je retourne dans cette bibliothèque.
Je retourne près de lui, qui lève des yeux étonnés sur moi. Il semble si sérieux dans cette atmosphère étouffée, avec ses livres de cours attablés tout autour de lui, j'en mourrais s'il avait changé d'avis.
Ce qui n'est pas le cas.
Il comprend de suite ce qui se passe, et de sérieux, son air devient sauvage, de celui qui n'attendait que ça. Le passage au connard power se fait brutal mais c'est ce que je veux, ce que je désire là tout de suite. C'est de sa faute, c'est lui qui m'a excité en premier.
Alors il remballe ses affaires, et nous allons nous réfugier dans une salle de cours du dernier.
Qu'il me montre, qui de nous deux peut bien l'emporter sur l'autre. Et là, il ne pourra plus miser sur une prétendue surprise. Il a toutes les cartes en mains, mais il va perdre, ainsi soit-il.
Lorsqu'il me pousse sur une table pour me dominer de toute sa hauteur, je monte sur la table et l'agrippe pour l'amener sur moi. Son air se fait moins surpris que la veille, et plus bestial. Oh oui, bien plus bestial.
Ses lèvres sur ma gorge se font morsures, ses mains sur ma peau se font blessures, et je lui retourne au centuple ce qu'il me fait. Nos vêtements volent, nos mains attaquent, nos langues digèrent, et c'est dans un dédale de folie furieuse qu'il se met sur moi, qu'il prend ses marques.
Mes doigts ouvrent sa braguette, vont tout naturellement vers la terre promise.
Sauf que Jensen m'en refuse l'accès d'une main, et de l'autre, il m'allonge brutalement sur la table.
Je tente de reprendre le contrôle, mais Jensen en décide autrement et tandis que mon pantalon disparait, je me fais violemment saisir par les hanches, et seule une violente douleur m'avertit qu'il est déjà passé à l'acte. Je frémis malgré moi, déglutis, et tout en plongeant mon regard dans le sien, je tente d'onduler sous lui.
Peine perdu ici aussi, car son va et vient suffit amplement.
Je souffre. J'ai mal.
J'aime ça.
Sa main se promène sur ma gorge, me maintient toujours alors je n'ai d'autres choix que de scruter celui qui se promène en moi.
Et j'aime toujours ça.
Cette braise qui brule sur mon corps au gré de ses grognements, ces gémissements qui m'échappent sans que je parvienne à en contrôler l'intensité, ou même l'extrême plaisir qui m'assaille, autant d'éléments que je découvre, car je me sens bien.
Entier. Compris.
Alors merde, il a gagné, qu'il se montre v*****t, qu'il me fasse souffrir. Car p****n ce que c'est bon.
Amen.