Chapitre 13 : L'invitation
Guillaume me dépose devant mon manoir.
- Puis-je vous laisser ?
- Acceptez de venir boire un café ou un rafraîchissement !
- J'ai encore du travail !
- C'est urgent ?
- Non, ça peut attendre !
- Alors s'il vous plaît ! Je suis seule aujourd'hui et....
- D'accord !
Guillaume entre.
- Que désirez-vous boire !
- Un café ça m'ira !
- Pas de soucis.
Je prépare le café sous les yeux de Guillaume.
- Pourquoi m'observez-vous ainsi !
- Je ne devrais pas, je vous avoue que ce n'est pas convenable. Mais j'avoue que je suis impressionné. Durant ces trois semaines j'ai eu l'occasion malgré moi de voir un peu votre manière de vivre et je constate que vous faites vos repas, votre ménage, beaucoup de choses. Vous avez très peu d'employé finalement !
- Disons que j'estime que ce n'est pas parce que je suis la reine de Badelvie que je dois faire preuve de paresse. Nous sommes en 2043 et j'estime que le moment où des employés, des domestiques comme ils appelaient ça à l'époque, n'ont pas à servir la reine pour tout et n'importe quoi !
- Donc personne ne fait rien pour vous ? Excusez-moi, c'est sans doute indiscret mais ça m'intrigue je l'avoue !
- Ben j'ai une assistante qui gère mes rendez-vous et autre convenance personnelle, des gardes ce qui n'est pas facultatif, même si j'avoue qu'aujourd'hui ils n'ont pas été efficace ! Sinon du personnel qui s'occupe des réceptions.
- D'accord !
- Sinon, je me fais livrer mes courses.
- C'est fou les opinions qu'on peut se faire des familles royales alors que c'est tout autre.
- Ça je vous l'accorde.
Je sers le café et le regarde en souriant. J'avoue qu'à ce moment précis j'y vois enfin une opportunité qui je l'espère il ne pourra pas refuser.
- D'ailleurs, j'aimerais beaucoup vous inviter à dîner afin de vous remercier pour votre intervention.
- C'était normal votre majesté ! Vous ne me devez rien !
- Je sais, mais j'y tiens !
- Alors très bien ! ça sera avec grand plaisir !
- Disons la semaine prochaine ça vous va ! Samedi soir !
- Oui, ça me convient !
- Alors très bien !
- Pourrais-je m'attendre à goûter un de vos bons plats ?
- Absolument !
Nous discutons un moment puis il repart.
Plus tard les enfants rentrent de l'école et je fais tout afin qu'ils n'apprennent pas ce qui s'est passé.
Je retrouve le garde qui a mal agit et le vire sur le champ.
Le lendemain, je revois Guillaume qui continu ses travaux.
- Il va y avoir du bruit aujourd'hui. Je vais devoir percer !
- Faite ce que vous avez à faire !
- Ça va mieux ? Enfin si je peux me permettre.
- Oui, merci !
- J'ai vu Steven quitter sa maison avec ses affaires ce matin !
- Oui, je l'ai viré !
- C'est plutôt radical !
- Me jugez-vous pour ça ?
- Ah non ! Au contraire ! Il vous a certainement mise en danger !
- Puis il m'a avoué qu'il s'est fait corrompre en acceptant une somme d'argent afin de laisser Jonathan s'introduire dans la résidence.
- Oui alors je comprends encore plus.
- Bon il faut que je recherche activement un garde, mais je ne pouvais pas garder un homme en qui je ne peux pas avoir confiance, surtout que c'est lui qui m'accompagnait lors de mes sorties officielles.
Je vois Guillaume réfléchir un court instant.
- Ecoutez, si je peux me permettre, j'ai été agent de police dans une ancienne vie. Je pourrais peut-être vous proposer mes services pour vos sorties.
- Vous feriez ça ?
- Oui bien sûr !
- Mais pourquoi être devenu électricien ?
- Je voulais changer d'air, faire autre chose.
- Je vois !
Je vois encore une opportunité de passer du temps avec lui. Je ne devrais pas m'acharner ainsi surtout vu ma situation personnelle, mais cet homme me plaît vraiment et j'aimerais vraiment apprendre à le connaître.
- Ecoutez, je vous remercie, c'est d'accord, mais ça retardera surement vos travaux et je devrais rallonger votre contrat !
- Si ça ne vous dérange pas, moi non plus.
- Alors c'est parfait !
C'est ainsi que je le laisse poursuivre ses travaux.
Le soir, Guillaume invite son ami colline à diner. Je n'ai toujours pas connaissance de l'existence de cette femme. En effet, je ne connais rien de sa vie, ce qui est bien normal.
- Alors, ça se passe bien ton boulot ?
- Oui, il y a beaucoup de boulot. Je ne comprends pas trop qu'ils ne soient pas encore aux normes.
- Si tu veux aller par là, peu de monde le sont. Ces travaux mise aux normes coûtent un sacré paquet de pognon ! Ma propriétaire s'en est chargé que l'année dernière.
- Après les maisons des salariés sont aux normes mais je pense que la reine Donna s'est juste chargé de ce qui était le plus important pour elle.
- Oui, enfin c'est déjà une bonne chose.
- Oui ! Mais la résidence royale se compose de cinq bâtiments donc une maison de plus de cinq cent mètres carré, une grande salle de réception et l'administration qui est grande aussi. Sans compter l'électricité extérieure. Il y a un sacré boulot !
- Ça vaut ce qu'elle te paye en toute honnêteté ?
- Oui car elle prend en charge le matériel, outils comprit !
- Oui, alors dans ce cas-là, c'est plutôt honnête.
- Oui ! Enfin, j'ai des choses à te confier mais je tiens sur ta discrétion !
- Tu sais qu'on se fait confiance !
- Oui c'est vrai, mais ce qui se passe au sein de cette famille doit rester ultra-confidentiel !
- Je m'en doute !
- En fait, à compter de maintenant, je vais accompagner la reine durant ses sorties.
- Ah bon ! Mais en quel honneur ? Tu n'as pas assez de boulot comme ça ?
- Elle a été agressée par son futur ex-mari, un garde l'a laissé entrer. Elle a besoin de quelqu'un de fiable !
- Ben déjà, ça veut dire qu'elle te fait confiance !
- Oui, sans doute parce que c'est moi qui suis intervenu lorsque cette pourriture... l'a empoigné !
- Je vois !
- Je ne sais pas ce que je dois faire Colline ! Je te jure, j'ai essayé de me raisonner mais cette femme est tellement touchante et elle est tout ce que j'aime, généreuse, gentille et agréable. Puis accessoirement, elle est tellement belle. Je la trouve d'une beauté à couper le souffle.
- Je vois que tu deviens complètement accro !
- Je ne me verrais pas le lui avouer, mais à chaque fois que je la croise, j'ai envie de l'embrasser, de l'avoir dans mes bras et je m'en veux, mais le désir s'installe. Je commence à rêver d'elle, à retenir mes réactions d'homme quand elle me regarde. Enfin tu vois quoi !
- Ecoute, je ne sais pas si tu t'en rends vraiment compte mais je crois que tu es tombé amoureux et c'est dangereux, surtout si tu dois passer plus de temps avec elle.
- Je sais, mais je ne peux pas contrôler ce sentiment !
- Je comprends mais tu devrais peut-être décliner son offre !
- Trop tard, j'ai accepté !
- Guillaume, tu te mets dans une galère là ! Tu vas en être malheureux. Es-tu seulement conscient que cette femme est sans doute inaccessible ?
- Oui, je le sais, mais ça ne m'empêchera pas d'avoir des sentiments.
- Alors fini au plus vite tes travaux et sauve-toi, reprend ta vie et passe à autre chose.
- Tu as l'air tellement persuadé qu'elle ne puisse pas tomber sous mon charme !
- Elle est en instance de divorce, elle a cinq ans de plus que toi et elle a une vie de famille. Penses-tu vraiment qu'un célibataire endurci de 31 ans sans situation familiale à une quelconque place dans sa vie ?
- Tu as sans doute raison ! Je vais devoir me raisonner coûte que coûte !
Sous les conseils de son ami, Guillaume tente de se raisonner, mais ceci n'est pas facile.
À la fin de la semaine suivante, il honore mon invitation à dîner.
A suivre