Chapitre 14 : Le dîner
Le samedi, mes parents sont rentrés chez eux. Je leur ai dit que j'étais en sécurité et que Jonathan ne viendrait plus m'embêter. J'ai embauché un autre garde et Guillaume sera là pour mes sorties officielles. D'ailleurs, il vient dîner ce soir. J'avoue que je ne sais pas vraiment ce qui peut se passer, mais j'espère bien pouvoir mieux le connaître. J'ai confié les enfants à mes parents. J'ai confié à ma mère que j'avais un invité, ce qu'elle a compris.
Guillaume arrive vers dix-neuf heures avec un bouquet de fleur dans la main.
- Tenez, elles sont pour vous. J'espère que vous aimez les fleurs ?
- Oui, j'aime beaucoup. Merci beaucoup, ce bouquet est magnifique.
- J'avoue que je ne savais pas quoi prendre. Offrir des fleurs à la reine n'est pas une mince affaire !
Je comprends à ce moment-là que son intention était d'offrir des fleurs à « la reine » et non à la personne que je suis. Voici la première déception de la soirée. Je ne sais pas vraiment à quoi je m'attends, mais il est clair que ce monsieur veut juste être poli et courtois avec moi, mais qu'il ne ressent rien. Après je peux comprendre ! Il est plus jeune que moi et être la reine peut être un obstacle. D'ailleurs c'est bien pour ça que mes parents ont failli ne jamais être ensemble. Sans parler du fait que physiquement, il ne me trouve peut-être pas à son goût.
Je décide dès lors de passer cette soirée en tout bien, tout honneur sans en espérer quoi que ce soit.
Nous prenons un apéritif, pour l'occasion, j'ai préparé un cocktail maison.
- Ce cocktail est vraiment divin !
- Merci ! Il est fait maison !
- C'est vous qui l'avez fait ?
- Oui, tout à fait !
- Franchement il est vraiment bon et je ne parle pas de vos tapas !
- Merci !
- Si votre repas est aussi bon que votre apéritif, je ne vais me régaler.
- Vous cuisinez vous ?
- Moi ! Un peu mais pas beaucoup ! J'avoue honteusement que je me contente souvent de plat préparé ou de choses faciles à faire.
- Je vois ! Après il n'y a pas de honte à ça ! Vous êtes seul, vous faites ce que vous voulez ! Le célibat est une forme de liberté après tout ! On ne dépend de personne et nous sommes libres de vivre comme on l'entend !
- Vous savez, on peut se sentir vraiment seul aussi par moment.
- C'est votre cas ?
- J'avoue que par moment, j'aimerais avoir une femme et pourquoi pas des enfants pour donner un peu de gaieté dans ma vie.
- Vous savez, vous êtes encore jeune, ce n'est pas trop tard !
- Oui, je sais mais il faut trouver la bonne personne et ça, c'est autre chose. Je ne veux pas me mettre avec une femme juste pour avoir la fierté de dire que je suis en couple pour au final être malheureux !
- Oui, je comprends !
- Et vous, votre divorce vous permet-il de retrouver une forme de liberté ?
- Non, pas vraiment ! Vous savez, j'ai tout de même mes enfants, mon titre de reine, donc d'énormes responsabilités. Je sais qu'en tant que reine, la liberté est un peu compromise. C'est d'ailleurs pour ça que ma sœur Abigail qui est une grande chirurgienne a refusé le titre pour pouvoir garder sa liberté. Puis je ne parle pas de mes autres frères et sœurs qui ne voulaient absolument pas entendre parlé de l'éventualité de devenir roi ou reine !
- C'est pour ça que vous êtes devenue reine ? Vous étiez prête à renoncer à votre liberté ?
- Je l'ai fait parce que j'étais probablement celle qui était la plus prête à devenir reine !
En parlant de cette histoire de liberté compromise, je ne me suis pas rendu compte que je venais tout bêtement de me tirer une balle dans le pied. Dès lors, Guillaume en a conclu que la vie de couple ne m'intéresserait plus du tout et que je serais dévoué uniquement à mon royaume.
- Après, si j'ai divorcé, c'est parce que mon mari n'a pas supporté que je devienne reine, mais de toute façon, ce n'est pas une si mauvaise chose. Mon couple n'a jamais vraiment fonctionné !
- Excusez-moi si je suis indiscret, mais pourquoi vous êtes-vous marié alors ?
- Je ne sais pas trop à vrai dire. Je suis tombé enceinte d'Arthur et il m'a demandé de l'épouser. J'ai accepté pensant que c'était mieux pour ma famille, que j'allais finir par tomber amoureuse.
- Vous savez votre majesté......
- Attendez ! S'il vous plaît ! Pourriez-vous arrêtez de m'appeler « majesté » ? (un peu strict)
- Comment voulez-vous que je vous appelle ! C'est votre titre !
- Oui souat, mais je préfèrerais que vous appelez par mon prénom ! Je m'appelle Emily !
- Je ne sais pas si j'oserai !
- C'est moi qui vous le demande !
- Mais c'est un peu trop familier !
- Et alors ! Appelez-moi « Emily » s'il vous plaît !
- Très bien, je vais essayer !
- Merci ! Vous disiez ? Pardon, je vous ai coupé la parole du coup !
- Je disais qu'épouser quelqu'un ou même se mettre en couple avec lui en espérant tomber amoureux est une grave erreur ! L'amour ne se commande pas, ne s'achète pas ou même ne s'arrange pas. C'est pour ça en partit que j'admire votre mère pour avoir décidé de condamner les mariages de convenance.
- Oui, elle a eu raison ! J'espère que vous ne faites pas partie de ces hommes complètement admiratifs de ma mère !
- Je trouve votre remarque un peu bizarre, mais non, j'ai beaucoup de respect pour votre mère, mais c'était notre reine, rien de plus.
- Très bien ! En fait, j'ai découvert il y a peu que mon ex-mari, c'était mit avec moi dans le but de se rapprocher de ma mère. Il fantasmait beaucoup sur elle.
- C'est immonde !
- Je vous l'accorde.
- Vous méritez mieux qu'une pourriture.. dans son genre si je peux me permettre. Vous pourriez refaire votre vie !
- Vous savez, je ne m'attends pas à des miracles. Je suis quelqu'un de superficiel.
- Ne dites pas ça ! Vous êtes loin d'être superficiel !
- Vous pensez ?
- Bien sûr !
Nous continuons de parler de choses et d'autres puis je serre le repas.
- Ce repas est délicieux.
- Merci !
- Je vous remercie de m'avoir invité.
- Mais c'est avec plaisir ! Puis c'était la moindre des choses !
- Vous savez, j'ai fait ce que j'avais à faire.
- Merci ! (souriant)
Nous passons le reste de la soirée à discuter. Malgré nos petites confidences sur notre célibat en début de soirée, rien de bien important. Je ne pense pas que je puisse attendre qu'il se passe quoi que ce soit avec lui, même si je le trouve séduisant, charmant et gentil, je dois m'enlever cet homme de la tête.
A suivre