Chapitre quatre

2770 Words
Pendant qu’elle est assise en face de son miroir, Sirena scrute son reflet. Mais pourquoi moi ? se demanda-t-elle probablement pour la centième fois en moins d’un instant. Pour elle son visage ne ressemblait à rien, sa silhouette, austère, toujours d’où il émanait un très petit semblant de vie. Elle ne portait aucun dessous qui excite comme comme en porte les filles dans ses endroits de jouissance qu’on connait. Aucn parfum. Elle était juste Sirena Mandy Anshwarz. Une veuve qui n’avait aucun enfant, sans parents, venue dans cet endroit aride avec l’espérance de pouvior trouver ce qu’elle n’avait jamais connu, pas même auprès de ceux qui l’avaient recueillie lorsqu’elle avait dix ans : un foyer. Le bonnet sur sa tête attira son attention et elle le toucha. Elle le portait sur ses cheveux tressés en couronne. Pourquoi elle ? Il avait un physique de géant, ses pommettes saillantes, ses cheveux noirs et ses yeux gris argent, Anicet Randall était un homme terriblement séduisant. Pour toutes les fois où il était apparu quelque part, les femmes n’avaient d’yeux que pour lui. Il ne pouvait que lui être de choisir… Lentement elle dénoua les brides de son bonnet, et le mit sur la coiffeuse, en face d’elle. Ses yeux se posèrent sur la longue tresse maintenue en place et de façon solide par une forêt d’épingles. Tout à coup, elle détestait tout ce que cette coiffure signifiait. La résignation et le conformisme. Pour la nuit qui s’annonçait, elle avait envie de rêvasser, de vivre, enfin d’un peu de folie. Elle voulait être telle que Anicet la désirait : aussi magique et ensorcelante à la ressemblance d’un rayon lunaire. En face de la glace, elle étudiait son visage, le cœur battant. Oui, cette nuit, elle n’allait pas être la veuve sage qu’elle a été jusque-là. Elle n’allait pas non plus être pudique mais une femme libre et gaie. Le jour le plus horrible de sa vie, c’était le jour où le shérif lui avait ramené le corps sans vie de Jonah, elle n’avait cessé de hurler en silence sa douleur et sa révolte. Mais, ce soir, elle allait vivre à nouveau. Il y’avait en elle cette ferme volonté de donner du plaisir à Anicet et — peut-être — en prendre aussi. Aucun engagement, aucune promesse. Juste deux adultes consentants qui s’unissent l’espace d’une nuit. Et, au petit matin, leurs chemins se sépareraient de nouveau. Considérait-on le fait de quêter le bonheur dans les bras d’un homme comme un mauvais acte ? Losrqu’elle se remémora une scène dont elle avait été témoin un matin alors qu’elle priait devant la tombe de Jonah, elle ne put résister à se mordre la lèvre. Ce jour-là, Anicet était apparu à l’entrée du cimetière, silencieux comme un animal sauvage, sa veste en cuir sans manches était ouverte sur son torse massif, tellement impressionnant que tout l’arrière-plan se mettait en gris lorsqu’il était là. La balle de revolver qu’il avait à son cou, pendue à un lien en cuir, parachevait son image de tueur froid. Puis leurs regards s’étaient croisés et, en dépit de la distance, elle fit dans ses yeux la lecture d’une souffrance brute, dure et aiguisée comme un silex. Cela la surprit à un point qu’elle ne put jamais comprendre. Se pourrait-il que ça soit cela même qui les rapproche aujourd’hui : ce désespoir qu’ils gardaient au plus profond de leur cœur, de peur qu’il ne les submerge et ne les consume. Mais, ce soir, ils allaient oublier leur angoisse dans les bras l’un de l’autre. Ce soir, elle prendrait un amant. Un homme qui n’agréait pas une de ses croyances et ne vivait que par la force brute de ses mains. Un homme capable d’une générosité qui faisait oublier qu’il était réputé pour tuer. Un quasi inconnu. Sa bouche dessécha et elle résista à l’envie absurde de remettre sa coiffe et d’aller se terrer dans un trou. Mais, non, elle avait toujours fait face. Dans sa vie elle n’avait jamais eu l’occasion d’être faible. Elle défaisait les boutons de sa robe avec des gestes rapides et tremblants. Elle délaça son corset, le laissa tomber sur le sol puis reboutonna sa robe en évitant de se regarder dans le miroir en face d’elle. Ce corset qu’elle portait lui rappelait durant toute la journée qu’elle devait se tenir droite, quoi qu’il se passe. Dans le genre d’une seconde colonne vertébrale qui prenait la relève à la moindre défaillance. Cependant, pour ce soir, elle irait vers Anicet sans carapace. Elle serait elle-même. Elle regarda l’horloge sur le mur et s’aperçut qu’une heure s’est écoulé depuis qu’elle avait quitté Anicet. Venez à l’heure. Sinon il ferait quoi ? Il partirait ? Il prendra les devants en venait me chercher ? Son cœur battit la chamade à cette pensée. Son retard s’expliquait, c’était la faute de Etan, son pensionnaire. Il avait demandé à manger et n’avait pas arrêté de lui faire des remarques déplacées pendant qu’elle le servait. Grâce au ciel, il n’avait plus besoin qu’elle le soigne et pourrait rentrer chez lui dès demain. Ses regards bizarres et ses énormes mains moites l’indisposaient extrêmement. Elle s’était donné pour mission de soigner tout le monde, sans discrimination, mais Etan faisait partie de ces individus dont on se demandait s’il était bien judicieux de les sauver. Ils incarnaient le mal même. Cette pensée la fit se culpabiliser sur le coup. Tout être humain était susceptible de changer, même Etan. Et si Jonah était encore de ce monde, elle n’allait pas douter de la sorte. Pour lui, l’être humain méritait qu’on croit en lui. Dans le miroir devant elle, son reflet lui affichait ses joues empourprées, ses yeux trop scintillants. Elle entama un geste pour retirer les épingles qui retenaient sa tresse puis se ravisa. Non, elle n’allait pas rejoindre son amant avec les cheveux dénoués. Ce serait indécent. Ce serait comme si elle était nue selon elle. Pour les rougir, elle mordit ses lèvres, lissa sa jupe, descendit les marches de l’escalier et s’en alla honorer son rendez-vous dans la nuit qui s’annonçait douce. * * * Tout juste après qu’elle soit entrée sous le couvert des arbres, Anicet lui saisit le bras et l’attira à lui. — Vous n’êtes pas à l’heure. Il ne lui laissa même pas le temps de répondre avant de lui écraser sa bouche sous la sienne, étouffant son cri de surprise. Elle lui mit ses bras autour de son cou et lui répondit avec la même ardeur, frissonnant en l’entendant gronder. La serrant par la taille grâce ses deux mains, il la plaqua contre un arbre tout en continuant à la dévorer de baisers. Elle ne s’était jamais fait désirée de la sorte. Anicet l’embrassait comme s’il devait mourir demain. Il insinua un genou entre ses jambes, lâcha sa taille et entreprit de déboutonner sa robe. — Vous êtes beaucoup trop vêtue, observa-t-il. — Il m’est impossible faire moins, j’aurais été nue, balbutia-t-elle tandis qu’il laissait sa main impatiente le long de sa jupe et remontait un bon mètre de tissu avec un soupir de frustration. — La nudité vous met-elle mal à l’aise ? Il y’avait cette sensation de faim et de fièvre qui la prit. A cause d’elle ? Un sentiment d’émerveillement se mêla à son désir. — J’aurai pu être vu par quelqu’un. — On s’en moque. — Non. Pas vous. Elle ne savait pas le pourquoi, mais elle en avait la conviction. — C’est vrai. Je veux être le seul à vous voir. Il fraya un chemin avec sa main jusqu’à sa cuisse. Sa chaleur brûla sa peau nue. — Vous ne pouvez rien voir du tout. — Pour l’instant. Tellement de promesses dans ces trois petits mots. L’écorce de l’arbre lui griffa le dos. Il la souleva avec une facilité à en pâlir. Elle sentit ses cuisses dures pressées contre les siennes et frissonna d’excitation. Il était tout en muscles et en lignes sculptées. La tentation devenue humaine. Il pencha son visage vers le sien. Même si elle l’avait voulu, il lui aurait été impossible de lui échapper — et elle n’en avait aucune envie. Elle aimait la façon dont il s’attelait à l’embrasser. Elle aimait la saveur de ses lèvres. Elle voulait le goûter plus intimement, sentir tous ces muscles trembler sous ses caresses. Tenant ses épaules, elle le repoussa. — Lâchez-moi. Il fit un non de la tête. Le bord de son chapeau empêchait de voir l’expression de son regard. — Non. — Si, dit-elle en le repoussant plus fermement. En l’espace d’un instant, elle crut qu’il allait passer outre, puis il obéit. Sa bouche serrée formait une ligne dure. Dans l’ombre de son chapeau, ses yeux étaient deux fentes luisantes. Il ne s’agissait plus de l’homme qu’elle connaissait, mais le dangereux guerrier que les hors-la-loi craignaient et que les femmes désiraient. Pour l’avoir de nouveau dans ses bras, elle le sentait prêt à tuer. — Je m’excuse. Elle s’humecta les lèvres. — Mais pourquoi ? — Je ne suis qu’une brute. Elle dut prendre un moment pour comprendre ce qu’il voulait dire. Il s’imaginait qu’elle avait peur ? La ligne crispée de sa mâchoire l’attirait comme un aimant. Elle la suivit du bout des doigts. Il avait une peau incroyablement douce et lisse. Ils n’avaient pas de poils de barbe les indiens ? — J’aime que vous me désiriez de la sorte. Il happa le bout de ses doigts entre ses lèvres. — Dans ce cas, c’est une chance parce que je suis un bâton de dynamite prêt à exploser. Doucement, elle glissa le long du tronc, l’écorce s’agrippant à ses cheveux, souriant quant il plaça instinctivement la main derrière sa tête pour la protéger. — Je suis peut-être à même de vous soulager. Sa main s’approcha de son entrejambe d’un geste hésitant. Jonah n’aimait pas qu’elle prenne l’initiative. Apparemment, Anicet n’était pas de cet avis car il recula pour lui donner plus d’espace. — Sirena Mandy… Elle sentit son érection palpiter sous sa paume. Il enfouit ses doigts dans ses tresses. C’était pour l’éloigner ou la rapprocher davantage ? — Oui ? — Vous vivez dangereusement. Elle se mit et pressa en souriant ses lèvres sur son s**e tendu à travers le tissu de son jean. — Vous me répétez la même chose depuis des mois. — Vous allez peut-être finir par m’entendre. — Pas ce soir. Elle défit le zip de sa fermeture, cherchant sa chaleur à l’intérieur du vêtement. Elle leva les yeux vers lui sans chercher à cacher ses émotions. — J’aime penser que j’ai du pouvoir sur vous. Son rire sensuel résonna doucement dans l’ombre. — C’est vraiment compliqué pour moi de cacher que tu me fais de l’effet. Le fait qu’il la tutoie l’excita. Elle aima plus encore la façon dont son s**e se nicha dans sa paume. Enorme, merveilleusement chaud et vibrant. Elle le prit entre ses doigts et le caressa lentement dans toute sa longueur. Il ne put bouger pas quand elle pressa avec délicatesse ses bourses au creux de sa main. Lorsqu’elle revit ce qu’elle s’apprêtait à faire cela fit battre son cœur à toute volée. Elle s’apprêtait à coucher avec un homme qui n’était pas son mari. Elle allait le prendre en elle et, ensuite, il n’y aurait plus de retour en arrière possible. Elle sentait qu’elle était au bord d’une falaise. Encore un seul pas et ça pourrait être le désastre — ou ça pourrait la guider vers le salut. Oh ! Seigneur, faites-moi un signe s’il vous plait. Le s**e de Anicet frémit dans sa main, réclamant son attention. Il glissa un doigt sous son menton pour l’obliger à le regarder. — Tu n’as rien à craindre de moi, Rayon de lune. C’était le signe. Ce petit surnom tendre la décida. Il incarnait ce qu’elle voulait être pour lui ce soir. Une femme ensorcelante et câline. — Merci. Sur son visage, elle put lire que sa politesse en cet instant intime l’amusait. Elle effaça son sourire d’une simple caresse sur l’extrémité de son s**e. Il plissa les yeux et ses narines frémirent. Sa bouche forma de nouveau cette ligne dure qui le métamorphosait en tueur. Une boule de désir lui noua le ventre et elle respira plus vite. Oui, c’était ainsi qu’elle le voulait. Dangereux, prêt à bondir comme un fauve. Elle pencha tout doucement le bout de son s**e dans sa direction à elle, faisant durer le plaisir, le taquinant avec le frôlement de sa respiration, lui imposant la douce t*****e de l’attente. Il la rappela à l’ordre d’une pression sur sa nuque. Elle le fit languir encore quelques secondes, mais il était impossible de résister longtemps à Anicet. Il était une force aussi profonde que la nuit, aussi irrésistible que le vent. A l’instant où ses lèvres glissèrent sur l’extrémité gonflée de son s**e, une goutte de sperme glissa sur sa langue. Salée. Musquée. Exquise. Il eut un grondement et resserra l’étreinte de ses doigts sur sa nuque. — Oh mon Dieu. Elle résista à un sourire. Ça ne faisait que commencer. Cette nuit, elle était résolue à lui faire perdre tout contrôle. Dans sa bouche, elle l’avala le plus loin possible, mais dut se résoudre à s’arrêter : il était trop imposant. Un sentiment de frustration l’envahit. Elle aurait tellement voulu lui plaire, lui donner tout ce qu’il n’avait jamais obtenu d’une autre. Elle releva son visag en sentant sa grande main se poser sur sa joue. — Laisse les choses se faire naturellement. Elle n’était pas d’accord. Elle voulait le séduire, ne pas se faire oublier le plus tôt possible. Elle accéléra le rythme tout en caressant ses bourses. Il ne protesta pas mais l’étau de sa main se resserra sur sa nuque. Il lui bascula la tête en arrière, l’obligeant à le lâcher. — A ce rythme là, je ne vais pas pouvoir résister très longtemps. Elle se posa sur ses talons et admira son s**e tendu et gonflé. Une goutte ambrée de plaisir miroitait dans la lumière pâle de la lune. Nacrée, tentante. — Il te faudra combien de temps pour récupérer des forces ? Il fit bouger sa tête en riant, ses cheveux noirs ondoyant sur ses épaules comme ceux d’une idole païenne. Elle frissonnait à l’idée de sentir leur caresse sur son corps. La pointe de ses seins durcit à cette idée. — Tu n’as pas à t’en faire, j’ai des réserves inépuisables. Tu seras probablement la première à crier grâce. — Pour sûr ? Je demande à voir. La passion assombrit son regard et une émotion indéfinissable apparut sur son visage. Ses lèvres serrées remuèrent à peine tandis qu’il grondait : — Déboutonne ta robe. Elle n’avait connu d’ordre plus excitant. Elle s’y résolu avec des gestes que l’impatience rendait maladroits, consciente de son regard brûlant de désir. Elle délaça sa chemise, tirant sur le tissu pour dégager ses seins, puis resta immobile, les pommettes enflammées, incapable de lever les yeux vers lui, minée par le doute. Elle avait ce désir là de lui plaire, mais elle ne savait pas de quelle façon s’y prendre. Il retrouva son souffle, les yeux rivés sur sa poitrine dénudée. Elle l’entendit murmurer son prénom et il la plaqua contre l’arbre, la respiration sifflante. Cette flamme qui étincelait dans ses yeux lui tira un cri. Jonah avait été un amant satisfaisant, mais il n’y avait jamais eu cette sauvagerie entre eux, cette pulsion primitive presque sauvage. De nouveau elle prit son s**e dur dans sa bouche, l’excitant avec sa langue et ses dents, se glorifiant de sentir son grand corps trembler. Quand il se retira, elle poussa un cri de protestation : — Non ! Elle tendit la main mais ne rencontra que les muscles durs de sa cuisse. — Ne bouge pas. En deux caresses qu’il se fit, son sperme chaud éclaboussa ses seins, couvrant ses mamelons d’un glacis érotique. Elle n’avait pas voulu cela. Elle voulait sentir sa chaleur dans sa bouche. Elle reprit son s**e dans sa main, recueillant sur sa langue les dernières gouttes de sa semence. Anicet s’appuya au tronc d’une main, pendant que de l’autre il lui faisait des caresses sur la nuque avec tendresse. Il avait Sirena contre lui comme s’il ne pouvait pas se résoudre à la lâcher. Il glissa sa main jusqu’à sa poitrine, referma sa paume sur l’un de ses seins gonflés. C’était chaud. Il avait de ces sourires dans le visage. — Ça te plaît ? Elle se bougea la tête et il prit du recul sans la lâcher du regard. — Je veux que tu me fasses b****r.
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