Poser mes lèvres sur celles de Sirena était aussi naturel que respirer. Elle entrouvrit ses lèvres docilement sous les siennes, douces, assoiffées d’aventure. Il la serra d’avantage contre lui, prenant goût à la chaleur de sa bouche, à sa saveur, grondant tout doucement tandis que le feu ardent du désir en lui se faisait plus grand et se répandait partout dans ses veines.
Sirena lui mit ses ongles dans ses épaules et lui retourna son b****r. Aucune affectation de pudeur outrée, c’était juste une femme qui ne se mentait pas à elle-même et qui était honnête avec ses choix. Il aimait sa sincérité. Il accueillait si bien cette sensation de ses seins durs contre son torse, le frôlement de ses hanches, le tremblement de son corps contre le sien. Le sang circula plus vite dans ses tempes quand elle s’abandonna avec ce soupir dont il rêvait depuis des mois. Ses lèvres répondaient aux siennes, timides et hardies à la fois. Elle prit du recul pour retrouver son souffle et il fit un tout petit espace entre eux deux, juste un tout petit.
— Vous embrassez comme un ange, murmura-t-elle.
Autour de son index droit, il enroula une mèche dorée qui s’était échappée de son bonnet, il sourit lentement, comme s’il n’était pas envahi de désir. La vérité, c’est qu’il voulait lui arracher sa robe et la prendre ici et tout de suite.
— Et dire que vous n’avez pas vu le démon en action.
— Un homme, une femme, un ange et un démon. Il va avoir du monde dans notre lit cette nuit je pense.
Il ne put retenir le rire qui vint le secouer.
— C’est un effectif non négligeable ça. Je ne suis pas partageur.
— Cela me convient. Pour cette nuit, je ne désire que vous.
Dès qu’il atteint l’âge d’avoir des relations avec le s**e opposé, il avait vite fait de comprendre ce qu’on attendait de lui : une nuit de plaisir sans lendemain. Du fait de sa taille impressionnante et de ses origines indiennes qui donnaient en plus un côté sulfureux à l’aventure, il n’avait jamais été en peine de trouver une partenaire. Mais, depuis son arrivée à Tolva, il y avait de cela un an et demi, aucune femme n’avait couché avec lui car la seule qu’il désirait portait le deuil de son mari. Pourtant, ce soir, les choses semblaient enfin se passer en sa faveur.
Sirena se rapprocha de son visage et toucha le coin de ses lèvres.
— Vous souriez.
Ce petit geste tendre le fit perdre ses moyens en l’espace d’une seconde.
— Ce n’est pas la première fois.
Elle secoua la tête.
— Auparavant, c’était un sourire de façade.
— Je vous ai dans mes bras et la nuit m’appartient. J’ai mille et une raisons d’être en joie.
— Aurez -vous une mauvaise opinion de ma personne si je vous confie que je souris pour les mêmes raisons ?
Il la rapprocha contre lui. Elle se blottit contre sa poitrine et il sentit qu’elle retenait son souffle en sentant l’évidence de son désir.
— Si je réponds oui, vous déploierez tout votre charme pour me séduire ?
— Je pense plutôt que je me mettrai en quête d’un homme moins tatillon.
— Dans ce cas je réponds non. Je vous ai, je ne vous perds pas.
Sa manière de sourire doucement lui apprit qu’elle avait compris qu’il la taquinait.
— Eh bien ! tant mieux, puisque mon cœur a porté son choix sur vous.
L’orchestre fini de jouer. Dans peu de temps, les danseurs allaient sortir prendre l’air et se détendre. Il va falloir qu’ils changent de lieu.
— Vous pensez à quoi ? demanda-t-elle.
— Je recherche dans mes connaissances un endroit où nous pourrions avoir un peu d’intimité.
— Vous êtes en train de me dire que vous n’avez pas déjà tout prévu ?
Cette question qu’elle posa rouvrit une vieille blessure qu’il croyait cicatrisée. Le fait qu’il ait des origines indiennes ne faisait pas de lui une bête à l’affût.
— J’ai été occupé par autres choses, fit-t-il froidement.
Juste après s’être mordu les lèvres, elle posa la main sur son torse en signe de contrition, à côté de la balle de colt qu’il portait autour du cou pour toujours gardé en souvenir le sort qui était réservé aux faibles.
— Il faut que je vous le dise tout de suite, je ne suis pas très douée.
— Vous n’êtes pas très douée pour quoi ?
Elle l’observa entre ses cils.
— Séduire.
— Vous voulez dire un indien ?
Elle lui donna une petite tape mécontente sur l’épaule. Le geste, exempt de toute brutalité, ne réussit qu’à attiser le désir en lui. Il resserra son étreinte, faisant fi de son regard furibond. Elle s’immobilisa quand il la souleva légèrement pour que son s**e se loge dans le V de ses cuisses à elle. Il l’entendit se reprendre en soufflant.
— Les hommes tout simplement, rectifia-t-elle lentement.
— Mais quand même vous voilà, tentant honteusement de charmer ce personnage bestial que j’incarne
Elle fronça les sourcils.
— Votre moi bestial m’agace.
— Cependant il vous désire avec une grande intensité, précisa-t-il en l’attirant plus près.
— J’ai soudain comme un doute sur la réciprocité de cela.
Elle mentait. Il sentait son désir dans sa façon de se coller à lui, à la manière dont elle regardait ses lèvres, comme si elle l’imaginait en train de faire autre chose que de parler.
— Même si je promets que je serai très facile à séduire ?
Elle lui enfonça ses doigts dans ses larges épaules tandis qu’il la broyait contre lui.
— Facile dans quel genre ?
Il fit glissa ses doigts le long de sa joue.
— Jusqu’au point de non-retour.
A nouveau, elle mordit sa lèvre et garda une immobilité de statue pendant qu’il suivait du doigt le dessin du décolleté de sa chemise, sous son corsage.
— J’avais pensé… vous rejoindre dans la grange ?
Elle prononça cet aveu d’une toute petite voix qui l’attendrit, lui rappelant qu’elle était novice à ce petit jeu. Vraisemblablement, elle n’avait jamais fréquenté quelqu’un en dehors du bon docteur. C’était un monde totalement nouveau pour elle. La moindre des choses, c’était de l’aider un peu. Il l’embrassa de nouveau et sentit un arc de désir le parcourir de la tête aux pieds. Le plaisir déroula ses tentacules de velours. Lorsqu’il s’arrêta, sa respiration était tellement saccadée qu’il n’arrivait plus à la contrôler. Dans sa voix, on sentait son impatience.
— La grange est trop visible..
— Je pourrais m’y faufiler sans qu’on ne me remarque.
— La rumeur se sera répandu avant même que vous ayez traversé le jardin.
Pour lui, dormir dans la grange ne posait pas de problème à l’époque où son mari vivait encore. Mais, aujourd’hui, elle était veuve, et il sentait une hostilité grandissante en ville. On lui prêtait des arrière-pensées… Et ce n’était pas totalement injustifié..
Elle haussa les épaules dans un mouvement de dedain.
— Je ne laisserai personne me dicter ma conduite surtout pas par des gens qui n’ont rien d’autre à faire que colporter des on-dit.
Il pressa Sirena un peu plus contre lui. Elle n’avait jamais été mise au ban de la société, sinon elle aurait su que ce genre de ragot pouvait détruire une personne dans toute son entièreté.
— Je pense avoir solution plus sûre, dit-il.
A sa volonté, elle se laissa glisser contre lui lentement. Il retint son souffle quand son ventre frotta son s**e presque dur.
— La nuit est claire. Nous pourrions nous retrouver près de la mare.
— Vous voulez… dehors ?
— Oui.
Il reçu la sensation de ses doigts qui frémissaient d’excitation sur sa nuque. Apparemment, l’idée lui plaisait énormément. Mais, là encore, il était habitué : Elles s’attendaient toujours plus ou moins à ce qu’il se comporte à l’image d’un sauvage.
— Dans ce cas, je serai auprès de vous dans une heure.
Cela le ferait trop patienter. Une heure ? C’est une petite éternité !
— Je n’ai aucune envie de vous laisser partir.
— Mais il faut qu’on me voit retourner chez moi.
Elle sourit puis marqua un temps, comme si elle hésitait.
— Je dois vous demander quelque chose.
— Oui faites !
— Un homme comme vous a probablement une compagne ?
Merde. Il aurait préféré qu’elle lui donne une gifle. Mais pour qui le prenait-elle ?
— Si c’était le cas, vous croyez que je me permettrais de vous embrasser ?
Elle bougea de la tête et le clair de lune fit de la danse sur ses cheveux tressés en couronne. Il avait tellement envie de retirer les épingles qui les retenaient captifs pour les laisser ruisseler sur ses épaules comme une cascade de lumière.
— Ce n’était pas dans mes intentions de vous indisposer. Mais je ne voudrais surtout pas prendre sa place à quelqu’un.
Il avait parfaitement compris ce qu’elle voulait dire, mais ça le rendait fou qu’elle ait si peu d’estime pour lui. Même si pour elle, il n’était qu’un amant d’un soir.
— Soyez rassurée. Personne ne m’attend.
Elle se blottit contre lui.
— Sauf moi.
— Sauf vous.
Il la regarda et sentit son frisson quand ses cheveux effleurèrent sa joue. Elle ressentait trop bien son contact à lui.
— Je serai là, à vous attendre à l’entrée du bois, juste derrière la grange.
— Mais si quelqu’un vous voyait…
Tout doucement, il pressa un doigt sur ses lèvres.
— Il n’y a personne qui puisse me voire à moins que je l’aie voulu. Il est hors de question que je vous laisse aller toute seule dans les bois alors que la nuit tombe.
Elle sourit.
— Vous êtes mon ange gardien.
— Je vous suis redevable.
Elle se figea dans ses bras.
— Vous ne faites pas cela parce que vous vous sentez tenu de le faire ?
Il fallait être une femme pour avoir une idée aussi bizarre. Il s’empêcha de rire.
— Je crains de vous décevoir mais il faut que je vous dise que je ne suis pas aussi héroïque.
Il vit une petite flamme malicieuse danser dans ses yeux à elle.
— Ah, tant mieux…
De la folie pure, voilà ce que c’était. N’importe qui pouvait les surprendre. Mais quand Sirena Mandy le regardait de cette façon — avec cette mixture de défi et de séduction —, il perdait toute raison. Il écrasa sa bouche sous la sienne. Lorrsq’il la libéra, elle vacilla, les joues empourprées. Bordel, ils allaient mettre le feu à la forêt, cette nuit !
Inconsciemment, il suivit le dessin de ses lèvres avec sa langue. C’était à l’apparence d’un fruit. Bientôt, il allait connaitre la saveur de son corps. Après avoir glissé un doigt sous son menton, il leva son visage vers le sien.
— Venez à l’heure.