Manon salua brièvement Louise et sortit les cinq tests de grammaire qu’elle avait préparés : « Nous allons faire ces exercices, d'accord ? »
Pour réduire la réticence des élèves, il est souvent utile d'ajouter un « nous » lors des exercices, afin de diminuer leur sentiment de résistance.
Louise, enveloppée dans le superbe uniforme japonais de son école internationale, avait l'air de presque éclater dans ses vêtements.
Elle était timide et, face à la nouvelle enseignante, baissa les yeux, jetant un regard furtif sans oser en voir davantage.
« Hmm. D'accord. »
Manon expliqua sérieusement : « Ces cinq exercices visent simplement à tester ta grammaire, ce n'est pas un examen. Je veux juste évaluer un peu tes bases. »
Tout en parlant, elle gardait les yeux rivés sur Louise.
Louise, sans lever la tête, saisit rapidement son stylo, nervosa, et termina les exercices rapidement avant de rapporter à l'enseignante : « C'est terminé ! »
En levant les yeux, elle rencontra le sourire doux de l'enseignante, qui restait fixée sur elle.
Louise, face à ce visage avenant, fronça légèrement les sourcils : « Hmm… »
Manon : « Très bien fait, tu as bien répondu à quatre questions sur cinq, ce qui montre que ta grammaire est assez bonne et que tu maîtrises les phrases simples. »
« Ma grammaire est bonne ? Vraiment ? » personne ne lui avait jamais dit cela. Ce que ses enseignants lui disaient le plus souvent, c'était de continuer à faire des efforts, malgré sa fatigue.
« La grammaire au niveau du collège n'est pas très compliquée. Avec ce taux de réussite, tu as presque tout maîtrisé. Et tu as travaillé rapidement, ce qui montre que tu es assez sûre de toi. Tes bases sont solides. »
Louise, timide, détourna le regard et enfouit son visage dans ses bras avec un sourire satisfait.
Les trois heures de cours se terminèrent rapidement. Pendant les pauses, elles partagèrent un dessert et un plateau de fruits.
Comme Camille l’avait décrit, il y avait peu de tâches à accomplir chez Louise.
Camille avait exagéré en disant que Louise était très sympathique. Quand Camille avait l’air épuisée, on lui avait préparé une chambre pour dormir. À la fin, le paiement se faisait sans souci.
Une telle famille était véritablement rare à trouver.
Manon avait précédemment donné des cours d'anglais pour des collégiens et lycéens dans un centre de tutorat, où les commissions étaient élevées et le travail éreintant, avec peu de bénéfices. Dans une famille précédente, le père de l'élève la surveillait constamment, ce qui avait conduit Manon à partir sans recevoir le paiement restant, se réfugiant dans un taxi.
Comme le disait sa camarade, en matière de gains, Manon semblait avoir un peu de malchance.
Plus elle travaillait dur, plus elle semblait déçue.
En revanche, Camille, qui ne préparait jamais ses cours, qui n'avait pas réussi son examen des langues, partageait régulièrement les histoires de ses employeurs dans le dortoir, mais bénéficiait d'une vie de luxe grâce à ses bons contacts.
Lorsque les cours se terminèrent, il faisait déjà nuit. La femme de ménage demanda comment elle allait rentrer.
Manon répondit qu'elle prendrait le bus. Elle avait bien repéré l’itinéraire, la ligne L5 fut à la distance de 700 mètres et se dirigeait vers la porte nord de l’Université S.
En partant, Louise se tenait sur le canapé, la regardant avec soin.
Louise se baissa pour prendre ses chaussures et lui fit un signe de la main.
Louise demanda : « Prof, reviendrez-vous la prochaine fois ? »
La femme de ménage sourit : « Ah, cette prof est-elle si bien ? »
Louise ne comparant pas, ne répondit pas. Ses yeux se firent plus audacieux, fixant la robe blanche de Manon, attendant sa réponse.
« Je sais pas encore. L'agence n'a mentionné que je devais être ici pour une journée seulement. »
La femme de ménage se remit à s'occuper de ses tâches, en marmonnant : « Monsieur a dit qu'il rentrerait pour le dîner ce soir. J'ai préparé son plat préféré, le poulet au pot. »
Une odeur familière et réconfortante se répandit dans la maison.
Manon se dirigea vers la porte et fit un dernier signe de la main à Louise.
La Résidence Albert, illuminée comme un palais dans la nuit, brillait de mille feux, les lumières dissipant l'obscurité et transformant la nuit en une sorte de jour.
Cette zone semblait avoir son propre emploi du temps.
En sortant du bâtiment, Manon monta dans le bus.
Le bus L5 n'était occupé que par deux personnes.
Les passagers, enveloppés dans l'obscurité de la nuit, étaient indiscernables par leur s**e, âge ou richesse. Ils bénéficiaient équitablement de la nuit.
Elle trouva un siège à l'arrière et sortit le reste d'un muffin de l'après-midi de son sac. Se fondant en tant que troisième passager anonyme.
Le muffin était savoureux, la crème fondant en bouche, aussi douce qu'une gentille jeune fille.
Lorsqu'en fin d'après-midi Louise lui demanda si elle allait avoir faim le soir, Manon répondit qu'elle ne mangeait pas beaucoup le soir. Louise, avec regret, lui avait forcé un morceau de muffin, lui conseillant de goûter quelque chose de sucré le soir.
Manon demanda ce que cela faisait de manger le soir. Louise sourit, « Ça rend très heureux ! »
À cet instant, elle savourait le muffin en petites bouchées, le coin de ses lèvres se courbant instinctivement en un sourire.
C'était effectivement très agréable.
Alors que le bus tournait un coin, croisant une voiture noire Cayenne Turbo, Manon aperçut l’ombre fugace, baissa les yeux et consulta l'écran de son téléphone.
Heure : 20h45.