introduction
Dans ce monde, les loups ne sont rien.
La société humaine ne leur a laissé qu’une seule place : celle d’esclaves. Pas même celle de proies, car une proie a le droit de fuir. Nous, non.
Nous n’avons pas notre place dans ce monde. Aux yeux des humains, nous sommes une aberration, une menace qu’ils ont choisi de réduire en esclavage plutôt que d’éliminer. Ils ont tout pris, imposant leurs lois, leurs règles, brisant les instincts et les liens que les loups auraient dû avoir par nature. Ils ont éradiqué l’idée même du lien sacré, le lien d’âme sœur, ce droit nous a été arraché. Car un loup qui aime est un loup qui souhaite se reproduire.
Il n’y a plus de meute.
Ils ont refaçonné leur monde pour nous dominer entièrement. Nous sommes des ombres, des oubliés, des indésirables, des sans-rang voués à devenir des armes vivantes, façonnées par la douleur et la discipline, dressées à tuer sur ordre de l’Alpha de nos terres et de la meute Black Moon : Jasper.
Dans ce royaume, il existe des terres obscures. Oubliées des déesses de la Lune et cachées à leurs yeux, c’est là que se trouve l’enfer.
Ici, la hiérarchie est absolue. Les Alphas dominent, les Bêtas obéissent, et nous, les esclaves, nous saignons.
Les esclaves ne sont pas simplement des prisonniers. Nous sommes les chiens de guerre du royaume, envoyés dans les conflits contre les meutes ennemies et les humains pour verser le sang en leur nom.
Vendus par nos parents trop pauvres pour nous élever ou arrachés de leurs bras pour d’autres raisons… nous ne sommes même plus considérés comme des loups.
Jasper règne sans pitié, consolidant son empire en asservissant les plus faibles pour les humains et toute créature prête à payer pour nos services. Ce système est plus vaste que lui. Il n’en est que l’exécuteur, un rouage dans cette machine brutale qui broie les nôtres sans distinction.
Jasper ne tolère aucune faiblesse parmi ses armes. Ceux qui osent fuir finissent traqués, rattrapés, exécutés devant tous. Leur corps exposé à la vue de chacun est un message clair : personne ne quitte jamais cet enfer.
Nos corps ne nous appartiennent plus. Nos pensées sont conditionnées. Notre destin n’a jamais été entre nos mains.
L’amour est un poison.
La liberté est une illusion.
Mais malgré tout, il y a encore en nous une étincelle, un instinct que même les chaînes ne peuvent briser. Nous sommes peut-être des esclaves, mais quelque part, sous la peur et la soumission, nos loups rêvent encore de liberté.
Nous aspirons à un jour où nous pourrons courir sans entraves, un jour où notre force ne servira plus un Alpha tyrannique, mais notre propre destin.
Un jour, nous briserons ces murs.
Un jour, nous nous souviendrons de ce que signifie être un loup.