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1732 Words
Nous restâmes un moment interdit, essayant de comprendre ce que cela signifiait, Kerim me devança en formulant verbalement ce questionnement. - Qu'est ce que cela signifie? - Oui maman, explique nous car je dois avouer que je me pose la même question. Elle nous regarda tous les deux, puis prenant une grande inspiration, prit place dans le fauteuil qui se trouvait dans le coin de la pièce et entrepris de nous raconter. Pour ma part je pris place sur le rebord du lit, près de Kerim, lui faisant face. - Il y a de cela bien des années, (elle me regarda) ton père et moi avons eut un enfant (elle posa alors son regard sur Kerim), quand cet enfant est venu au monde, la femme qui m'a assisté lors de mon accouchement à eut une vision du futur, de son futur. Elle nous apprit qu'il était une pièce importante dans une quête céleste. Elle m'a dit que ce serait difficile pour nous de l'élever comme il se devait, que pour mener à bien sa mission dans cette quête, il devait acquérir des connaissances que nous ne pourrions lui apporter, et de ce fait, il en perdrait la vie. Une larme coula le long de la joue d'Elfy, elle regarda un instant ses pieds reprenant doucement le contrôle de ses émotions. Moi je ne pouvais m'empêcher de penser que cet enfant, c'était lui, Kerim. D'ailleurs son regard me faisait penser qu'il ressentait la même chose. Elle continua son récit. - Ces connaissances il pouvait les acquérir qu'en étant un Protecteur, et bien entendu il nous était interdit d'entrer en contact avec lui, nous aurions pu compromettre cet entraînement ce qui lui coûterait la vie. (Elle regarda Kerim les yeux pleins de larmes) Nous avons beaucoup hésité avant de faire ce choix, la peine que nous ressentions ne cessait de remettre en question ce choix qui était de te confier à eux. Il était à présent clair que cet enfant était Kerim, et dire que mon père aurait voulu le laisser mourir, quand il saura cela il sera tellement triste d'avoir eu une telle pensée envers lui. Ma mère se leva s'approchant de Kerim prenant ses mains dans les siennes ne pouvant plus retenir le flot de larmes qui inondaient à présent ses joues. - Je suis tellement désolée et j'espère que tu comprends que nous avons pris cette décision pour ton bien, pour ta survie. Si j'avais eu un autre choix je l'aurais pris, mais il n'acceptent que les enfants abandonnés, et nous ne voulions pas que tu ait à craindre pour ta vie, il nous fallait te protéger quoi qu'il nous en coûtait. Kerim commençait lui aussi à être submergé par l'émotion, il regarda en l'air retenant les larmes qui menaçaient de couler également. Ma mère elle avait depuis un moment laissé ces émotions s'exprimer ce qui était une bonne chose, il était clair que ce choix était réfléchi, et fait pour de bonnes raisons. Était- ce la même chose pour moi? Mon propre abandon me saisit alors, mon souffle se coupa l'espace d'un instant. Mes incertitudes, mes démons refirent surface. mon insécurité grandissait, je n'arrivait plus à penser au présent, je restais dans le passé essayant de comprendre pour quelle raison mes parents m'avaient abandonnée, pour quelle raison je ne savais pas qui j'étais en réalité. Il y avait tellement de choses sur moi que je ne connaissais pas et qui n'étaient que pure invention de la part de mes parents adoptifs. Une sensation de picotement se fit sentir sur ma peau, l'électricité parcourait à nouveau mon corps de déesse. Mes sentiments étaient en vrac je n'arrivais plus à gérer ce que je ressentais, ce que je devais faire, rien, tout était sans -dessus dessous dans mon esprit encore bien abîmé par toutes ces années de mensonges et de non dits. Une pression sur mes bras me ramena à la réalité, relevant les yeux, je croisais le regard de Kerim, le seul capable de me faire oublier mes tourments. Il ne parla pas, mais me fit signe de respirer calmement et profondément afin de me calmer et gérer mes émotions au mieux, je ne sais pas où il avait appris cela mais il arrivait à me calmer, rien qu'en le regardant, il était mon ancre ma bouée de sauvetage. Le regard de ma mère me fit peur, étais-je si effrayante que cela quand je perdais le contrôle de mes émotions, elle tremblait, je le vis même si elle cachait ses mains me voyant l'étudier de près. Il me fallut un instant avant de reprendre pleinement les esprits. Je regardais Kerim, il était droit devant moi, toujours torse nu, et je dois avouer que cette vision me fit rapidement oublier où je me trouvais. La porte de ma chambre s'ouvrit, laissant apparaître mon père qui semblait assez mécontent, il s'approcha de nous, nous regardant telle des accusés lors d'un procès. Il regarda alors ma mère, bien plus méchamment qu'il avait pu le faire jusqu'à maintenant. - Je t'avais dit de ne pas intervenir Elfy! - Odon, c'est notre fils! Il regarda ma mère fronçant les sourcils comme il le faisait à chaque fois qu'elle lui disait quelque chose qu'il avait du mal croire, Kerim n'eut pas besoin de mot pour se tourner et ainsi montrer sa marque au regard inquisiteur de mon père. Il sembla se liquéfier sur place n'en croyant pas ses yeux, il aurait vu un fantôme il ne serait pas plus blanc qu'à cet instant. Il tomba à genou, accablé par tout cela. Ma mère s'approcha de lui, inquiète de le voir réagir de la sorte. Il leva les yeux vers Kerim, les larmes aux yeux, jamais je ne l'avais vu dans cet état. - Je suis désolé mon fils! Il fondit en larmes après avoir dit ces mots. Ma mère le prit dans ses bras et tous les deux quittèrent la pièce, Kerim prit place sur mon lit, j'avais du mal à comprendre tout ce qui venait de se passer en un rien de temps, si bien que je me demandais si moi aussi j'avais une marque dans mon dos. Quittant ma veste j'entrepris de retirer mon pull, mais ma modification physique faisait que ce dernier était tellement petit que je peinais à le retirer. Kerim s'approcha de moi, et m'aida, faisant glisser ses mains de long de mon buste, puis le long de mes bras, à son contact j'eus la chair de poule. Il plongea son regard dans le mien, une lueur inconnue brillait dans ses yeux. - Que fais-tu? Me demanda t'il quelque peu surpris par mes agissements, il faut avouer que cela m'avait pris d'un coup de me déshabiller oubliant presque qu'il était là. - Je veux voir si j'ai une marque moi aussi! Il sourit, puis il me fit signe de me retourner, ce que je fis, il passa sa main sous mon top, le relevant délicatement, remontant le long de mon dos. Ses mains chaudes me firent presque oublier pour quelle raison nous en étions là. Il sembla dessiner quelque chose dans mon dos, mais ne disait rien. - alors? Lui demandais-je avec impatience de savoir, de comprendre et peut être apprendre quelque chose sur moi, sur mon passé tellement flou qu'il en est inexistant. Il soupira, puis me répondit, tentant de me décrire ce qu'il voyait. - Il y a une rune, puis un triquetra ainsi que des points. je n'ai jamais vu une telle marque, elle est vraiment unique. - As-tu déjà vu cette marque? Il s'éloigna de moi, son contact en moins, j'avais l'impression d'avoir froid. Repassant mon pull, je me tournais vers lui, attendant sa réponse. Il avait repris place sur le lit. - Non, comme je viens de le dire, ta marque est unique, une sorte de mélange de culture, c'est perturbant. La rune montre que tu es une personne qui a une famille qui n'est pas divine, humaine peut être je ne saurais te dire, tu as une part de divin en toi c'est indéniable, mais tu n'est pas "pure". Il leva les yeux vers moi après avoir prononcé ce dernier mot. Je le pris comme une insulte, en fin de compte je n'appartiens à aucune espèce connue. Ni déesse, ni humaine, ni surnaturelle. Je n'étais qu'une moitié, une moitié de dieu et de rien du tout visiblement. Voyant ma tristesse je présume, il essaya tant bien que mal de me redonner un semblant de morale. - Cela n'est pas forcément une mauvaise chose, tu as des dons extraordinaires, tu es issu a n'en pas douter d'une famille vraiment supérieure, ce qui expliquerait ton abandon. - ouais, qui voudrait d'un demi dieu! Les mots étaient partis de ma bouche bien plus vite que je l'aurais voulu, mais la déception et la colère parlaient à ma place. Qui aurait voulu d'un enfant qui n'était qu'à moitié, surtout dans la haute société divine, c'était un affront qui ne pouvait être toléré, du moins je le présume. - Je n'ai pas dit cela ... commença Kerim, cherchant ses mots. Je pense que ta famille à voulu te protéger, comme mes parents avec moi, je pense que ton abandon est lié à quelque chose de plus compliqué, au vu de tes dons et de ta marque qui est quand même soyons honnête gigantesque .... - Quoi? Je dois avouer que je ne comprenais pas en quoi la taille de ma marque avait une telle importance dans cette discussion. Il me regarda en souriant puis se tourna à nouveau, me montrant sa marque à lui qui partait de ses épaules à son milieu du dos. Je levais les sourcils ne comprenant pas ou il voulait en venir. - Je ne comprends pas .. - Ma marque est moins imposante que la tienne, logique, je suis d'une famille moins importante qui semble être la tienne même si Odon a une place très importante dans la hiérarchie, toi ta marque prend l'intégralité de ton dos, elle descend jusqu'à ton bassin. Visiblement il trouvait quelque chose d'intéressant là dedans, me retournant vers ma coiffeuse, je soulevais un peu mon pull afin de voir ladite marque. En effet, elle descendait bien plus bas et était bien plus épaisse que la sienne. - Qu'est ce que cela veut dire? - Cela veut dire que tu es la fille d'un des fondateurs. Après reste à savoir lequel. ...
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