CHAPITRE 6.1 MISE EN SCENE

1200 Words
- Déjà ? demandais-je. Je pensais que je devais avoir un peu plus de temps pour m’y faire - Demain soir. Je suis invité à une soirée de bien faisence.il y aura la crème de florence, les influenceuses et les paparazzis pour que l’annonce soit rendue public et viral. Et nous, on sera beaux. Puissants, parfaits. Il s’approcha. Tu as peur ? - Terriblement. Je ne sais pas si je serai à la hauteur. Il caressa une mèche de mes cheveux, juste un instant. - Parfait. Et il sortit de la pièce. Me laissant là, avec un contrat signé, un avenir factice, et un cœur qui battait bien trop fort pour une femme censée jouer un rôle. Je lui dis que j’ai peur et il me dit parfait ?, c'est parfait que j’ai peur ? pourquoi ? ma peur est-elle devenue redbull et elle lui donne des ailes ? je rigolai à ma propre blague débile avant de partir à mon tour chercher la chambre dans la quel, je vais devais me coucher. Je ne savais pas ce que je m’attendais à trouver en acceptant son contrat. Peut-être un document froid, des clauses nettes, une signature au bas d’une page et basta. Mais ce que je n’avais pas prévu, c’était tout le théâtre qui l’accompagnait. Le lendemain, Alessandro est revenu, ponctuel comme une tempête. Il déposa le contrat qui avait été modifié dans la table basse du salon il y avait inclus mes conditions alors, j'ai signé de nouveau le cœur en paix. Il était complet Quarante-sept pages. Claires, nettes. Mes droits, mes devoirs. Les apparitions publiques obligatoires, les déclarations coordonnées à la presse, les gestes d’affection dosés mais « convaincants ». Tout y était, certaines fois, je devrais même l’embrasser en public. Embrasser un homme comme Alessandro, je ne pourrais pas dire non à ça il avait le style de lèvre qui donnait envie, d’abord que son s*x appeal dépassait les normes. La presse le qualifiait même des fois de « s*x symbol » je sais de source sûre qu’il me sera difficile de le résister dans cette maison et que cette colocation sera tout sauf facile. Quelques heures plus tard, dans la voiture noire aux vitres teintées, alors que mon reflet tremblait dans la vitre, maquillée par une équipe professionnelle, habillée d’une robe sur mesure censée sublimer mes formes généreuses. Des formes extra généreuse, je devrais dire. Quand je me suis retrouvé en face de lui, j’ai hésité, je me suis attendu à des remarques sur mes hanches beaucoup trop grosses ou mon bassin larges ou encore ma forte poitrine. Mais rien, je me suis fait la réflexion que j’aurais préféré une remarque négative au néant qui s’est lu dans ses yeux. Il m’a regardé comme s’il ne m’avait pas vue et s’est juste contenté d’un « on y va ». D’un autre côté, je me trouvais ridicule. Pas parce que j’étais grosse, ni parce que mes bras débordaient légèrement des manches satinées, non. Mais parce que tout ceci ne m’appartenait pas. Ce luxe, cette mascarade, cette aura qu’on me prêtait, ce fantasme qu’on vendait. Alessandro, lui, incarnait la perfection en costume trois-pièces installé à côté de moi. Toujours silencieux, toujours impeccable. Il sentait le cèdre et la domination tranquil. Dans la voiture, il avait tapé distraitement sur son téléphone. Moi, je serrais les mains sur mes genoux. On ne s’était presque pas adressé la parole. Depuis qu’on avait quitté la maison. - Prête ? demanda-t-il soudain, quand nous arrivâmes devant la villa où se tenait la fameuse soirée de bienfaisance. - Je ne sais pas, répondis-je. Il eut un demi-sourire, un éclair de malice, puis descendit sans m’attendre. Les portières s’ouvrirent. Et tout bascula. Des flashs, des cris, des journalistes et les caméras. On aurait dit un tapis rouge. Sauf que ce n’était pas pour un film, mais pour nous. Pour moi. Valentina Pasolini, l’oubliée, de l’empire Pasolini la fille honteuse du grand Pasolini, celle qu’on avait humiliée publiquement. Me voilà au bras d’un PDG en vogue, plus beau que les dieux grecs, entrant dans une soirée sous les acclamations. Il posa une main sur le bas de mon dos. Je sursautai presque, prise de court. Sa chaleur, son assurance, sa proximité calculée. Il savait exactement ce qu’il faisait contrairement à moi qui ne savait ni où me mettre ni que faire. Les regards ne voyaient que nous, lui surtout. Moi j’étais l’intrigue, le mystère, le point d’interrogation. Qui était cette femme ? Pourquoi elle ? - Souris, murmura-t-il à mon oreille. Ou du moins… essaie. Dit-il en déposant un b****r mouillé dans mon cou, un b****r aussi délicat qu’une plume. Je levai les yeux vers lui. Il fixait droit devant, avec quelques mèches de ses cheveux qui retombaient sur son visage lui donnant cet air de ténébreux dangereusement séduisant, les mâchoires serrées, magnifique et inaccessible. Alors, je pris une grande inspiration, et je souris. Faux, un peu crispée. Mais ça fonctionna et les flashs redoublèrent. On marcha l’un près de l’autre et sa main posée sur ma taille était la seule chose qui me permutait de garder les pieds sur terre ou plutôt ne pas faire un malaise. Jamais au grand jamais de toute ma vie, je n’avais attiré autant d’attention sur moi. À l’intérieur, le décor était à couper le souffle. Lustres en cristal, serveurs gantés, politiciens en tenue de gala. Et nous, la nouvelle attraction. Les murmures suivaient notre passage. On me saluait poliment, certains me souriaient avec chaleur, d’autres avec pitié ou moquerie à peine masquée. Mais parmi tous ces regards et ces faux sourires, je ne pus louper ces regards de haines d’envies et de jalousie que me lançaient certains ou plus précisément certaines. Il eut une femme à la silhouette longiligne qui me scruta de la tête aux pieds. Elle sourit à Alessandro d’un sourire charmeur et un air possessif - Je croyais que tu étais venu seul, lança-t-elle. En balayant un grain de poussière fantôme sur son épaule. Attardant inutilement ses doigts sur lui les trainants le long de son torse avant de les ramener élégamment sur elle. Je la regardais la bouche presque bâillant face à tant de grâce et d’élégance. Je n’aurais jamais une telle grâce encore moins une telle élégance. - Je ne le suis plus, alors dorénavant, je serais toujours accompagné. Répondit-il avec un sourire entendu en passant le bras autour de ma taille. Voici Valentina, ma fiancée. « Fiancée » Le mot me heurta. Un choc sourd sous la peau. Il n’y avait ni bague, ni promesse, ni amour. Et pourtant, il le disait avec une telle aisance que tout le monde y croirait. Sauf moi, moi, je me sentais encore un peu floue. Encore un peu étrangère dans mon propre corps. - Fiancée ? demanda la femme en regardant mes doigts. Mais elle n’a pas d’alliance. - Je comptais justement le faire, dit-il en plongeant la main dans la poche intérieure de sa veste. Mon cœur se figea. - — Ici ? Maintenant ?, soufflai-je, prise de court. Il se tourna vers moi, le regard brillant, plus intense que jamais. Autour de nous, les conversations s’étaient tues, suspendues dans une attente silencieuse.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD