Le lendemain, le ciel était couvert, et la ville semblait baigner dans un gris presque métallique.
Nora, Ă©lĂ©gante comme toujours, montait les marches du siĂšge dâune entreprise de construction internationale : Moretti & Co.
Un nouveau contrat, un client rĂ©putĂ© imprĂ©visible â et surtout difficile Ă convaincre.
Elle avait passé la nuit à relire le dossier, à anticiper ses objections.
Ce matin-là , tout était millimétré : son maquillage, son parfum, la coupe légÚrement ajustée de sa jupe, la brillance subtile de ses lÚvres.
Rien nâĂ©tait laissĂ© au hasard.
En arrivant Ă la rĂ©ception, elle glissa son badge, puis salua dâune voix douce :
â Bonjour, Nora Morel pour monsieur Moretti.
Le réceptionniste, rougissant, pianota nerveusement sur son clavier.
â Euh⊠Oui, madame, il vous attend au dernier Ă©tage.
Nora esquissa un sourire.
â Parfait. Merci, Paul, câest bien votre prĂ©nom ?
Le jeune homme hocha la tĂȘte, les joues rouges.
Elle sâĂ©loigna lentement vers lâascenseur, consciente de lâeffet quâelle laissait derriĂšre elle.
Ce pouvoir, elle le maĂźtrisait Ă la perfection.
Le bureau de Massimo Moretti donnait sur la ville.
CâĂ©tait un homme massif, la cinquantaine, regard perçant, costume impeccable.
Le genre de requin qui avalait ses concurrents sans remords.
Quand elle entra, il posa ses lunettes et la détailla longuement.
â Vous ĂȘtes plus impressionnante que dans les rapports, mademoiselle Morel.
â Et vous plus direct que ce quâon mâavait dit, rĂ©pondit-elle en souriant.
Il rit fort, le regard lourd.
â Ici, je ne tourne pas autour du pot. Installez-vous.
Elle sâassit, croisa les jambes avec Ă©lĂ©gance.
â Je suis ici pour conclure un partenariat qui pourrait ĂȘtre trĂšs rentable pour vos deux sociĂ©tĂ©s. Vous savez dĂ©jĂ ce que vous y gagnez, monsieur Moretti : de nouveaux marchĂ©s publics, une image plus souple, et une collaboratrice capable de rendre tout possible.
Il arqua un sourcil.
â Vous ĂȘtes sĂ»re de pouvoir me convaincre ? Je ne signe pas facilement.
Nora pencha la tĂȘte, le regard pĂ©tillant.
â Les hommes disent souvent ça⊠au dĂ©but.
Un silence sâinstalla.
Il la scrutait, intrigué, comme un joueur devant une adversaire inattendue.
Elle savait quâil aimait le dĂ©fi ; câĂ©tait Ă©crit sur son visage.
Alors elle sortit lentement le dossier, le posa sur son bureau, et effleura du bout des doigts la couverture avant de relever les yeux.
â Et si on jouait cartes sur table ? Vous me dites ce qui vous freine, et je vous montre pourquoi vous nâaurez aucune raison de refuser.
Il laissa échapper un petit rire.
â Vous ĂȘtes une nĂ©gociatrice ou une magicienne ?
â Un peu des deux, murmura-t-elle.
â Mademoiselle Morel ne tournons pas autour du pot vous savez exactement ce que je veux comment comptez vous me satisfaire?
â Nora dĂ©boutena sa chemise de deux boutons laissant une meilleure vu sur sa poitrine ce qui ravie Moretti, il ne tarda pas Ă se lever pour s'approcher d'elle il tourna sa chaise pour s'agripper sur les supports et la regarder droit dans les yeux.
â Vous pouvez continer avec le 3e bouton dit elle l'air tentente. Il passa ses doigts sur son ventre pour remonter sur sa poitrine et s'empressa de la presser. Nora ne ressenti que du dĂ©goĂ»t c'Ă©tait lĂ sa limite elle lacha en sourire sans essayer de retirer sa main elle attrapa sa tĂȘte et l'approcha de sa poitrine en lui murmurant Ă l'oreille vous pouvez avoir plus... son doux parfun le charma il posa une main sur sa cuisse pour remonter doucement jusqu'Ă son entre jambe mais au moment oĂč il y arrivait Nora tira le dossier et la dĂ©posa sur ses jambe et lui dit en le regardant droit dans les yeux "Voici votre 1er pass pour le niveau 2"
Il soupira.
â Vous ĂȘtes redoutable, mademoiselle Morel. Jâai lâimpression que vous voulez me faire signer un contrat que je nâai mĂȘme pas encore lu.
Elle glissa le stylo vers lui, sans le quitter des yeux.
â Alors, signez-le avant de changer dâavis.
Il la fixa longuement, puis apposa sa signature dâun geste vif.
â VoilĂ . Vous avez gagnĂ©.
Nora rangea le dossier, se leva, tendit la main.
â Toujours un plaisir de faire affaire avec un homme dâinfluence.
Mais son regard à lui avait changé.
Plus lourd, plus insistant.
â Attendez, dit-il doucement.
Elle sâimmobilisa, polie.
â Oui ?
â Permettez-moi de vous raccompagner. Câest la moindre des choses.
Il prit sa veste et la suivit jusquâau parking privĂ©.
Elle hésita à refuser, mais son sourire reprit le dessus.
â Si vous insistez, monsieur Moretti.
Ă peine installĂ©e dans la voiture, Nora sentit quelque chose dâĂ©trange : une tension nouvelle, un silence pesant.
Il ne roulait pas vers la sortie de la ville.
Elle fronça les sourcils.
â Vous prenez un raccourci ?
â Disons que jâaimerais fĂȘter ce contrat autrement quâavec une simple poignĂ©e de main.
Son ton avait changé.
Moins professionnel.
Plus⊠glacial.
Elle força un rire léger.
â JâespĂšre au moins quâil y aura du champagne, alors.
â Du vin, rĂ©pondit-il. Chez moi.
Elle sentit une vague de panique monter, mais la dissimula sous un calme parfait.
Pas de peur. Pas maintenant.
Nora savait que dans son monde, le sang-froid était la meilleure arme.
La villa de Moretti se dressait au bout dâune allĂ©e bordĂ©e dâarbres.
Un luxe presque ostentatoire.
Ă lâintĂ©rieur, lâair sentait le cuir et le pouvoir.
Il posa sa veste, se servit un verre.
â DĂ©tendez-vous, dit-il. Vous avez gagnĂ©. Vous mĂ©ritez de cĂ©lĂ©brer.
â Alors faisons ça convenablement, rĂ©pondit-elle dâune voix douce.
Elle sâapprocha du bar, saisit une bouteille de vin rouge et deux verres.
â Vous aimez le vin corsĂ© ?
â Jâaime ce qui a du caractĂšre, rĂ©pliqua-t-il avec un sourire carnassier.
Elle versa le vin, lentement, prenant soin dâoccuper son attention.
Pendant quâil parlait, elle glissa discrĂštement une petite dose de somnifĂšre dans son verre.
Son cĆur battait vite, mais son visage restait impassible.
Ils trinquĂšrent.
â Ă nos affaires, monsieur Moretti.
â Et Ă votre beautĂ©, mademoiselle Morel.
Elle but une gorgée, le regard fixé sur lui.
Le temps semblait sâĂ©tirer.
Le produit mettrait quelques minutes Ă agir.
Mais Moretti était massif, et le vin semblait le galvaniser.
â Vous savez, Nora, dit-il en sâapprochant, peu de femmes mâimpressionnent. Vous⊠vous ĂȘtes diffĂ©rente.
Il avança encore.
Elle posa calmement son verre.
â Vous devriez peut-ĂȘtre vous asseoir, non ? Vous avez beaucoup bu.
â Pas assez, pour vous oublier, rĂ©pondit-il dans un souffle.
Son cĆur accĂ©lĂ©ra.
Un pas de trop.
Elle recula lĂ©gĂšrement, sourit â puis, dans un mouvement rapide, repoussa sa main.
â Doucement, monsieur Moretti. Vous ne voudriez pas faire mauvaise impression Ă votre nouvelle associĂ©e.
Il chancela.
â Quâest-ce queâŠ
Ses yeux se voilĂšrent.
Le somnifĂšre faisait enfin effet.
Il sâĂ©croula lourdement sur le fauteuil.
Nora inspira profondément.
â Merci, mon ange gardien, murmura-t-elle.
Elle prit le temps de couvrir le corps endormi dâune couette trouvĂ©e dans la chambre attenante.
Un instant, elle resta Ă le regarder dormir, un mĂ©lange de colĂšre et de soulagement dans le cĆur.
â VoilĂ le vrai visage du pouvoir, souffla-t-elle.
Puis elle sortit calmement du salon.
Dans le couloir, elle croisa deux gardes.
â Monsieur Moretti sâest assoupi, dit-elle avec un sourire complice. Il a beaucoup travaillĂ© aujourdâhui. Laissez-le se reposer.
Les hommes hochĂšrent la tĂȘte, un peu confus.
Nora passa devant eux, toujours droite, toujours impeccable.
Une fois dehors, elle inspira lâair frais et appela un taxi.
Sa voiture Ă©tait restĂ©e dans le parking de lâentreprise, mais peu importait.
Elle était sauf.
Quand elle entra chez elle, la lumiÚre du salon était allumée.
Sur le canapĂ©, Ălina dormait, recroquevillĂ©e sous une couverture.
Nora posa sa mallette, enleva ses talons et étouffa un soupir.
â MĂȘme les dĂ©esses ont besoin de toilettes, pensa-t-elle avec un rire silencieux.
AprĂšs un passage express par la salle dâeau, elle revint couvrir sa sĆur dâune couverture supplĂ©mentaire, lui caressa doucement les cheveux.
â Dors bien, petit ange.
Puis elle sâĂ©tendit dans son lit, le regard perdu au plafond.
« Quelle journée⊠heureusement que mon ange gardien veille toujours. »
Et elle sâendormit, enfin, bercĂ©e par la fatigue et la peur retombĂ©e.
Le lendemain matin, une douce odeur de pain grillé et de chocolat chaud la tira du sommeil.
Nora se leva en pyjama, les cheveux en bataille, un sourire au coin des lĂšvres.
â Mmmh, ça sent le bonheur ici !
Ălina riait dans la cuisine.
â Debout, paresseuse ! Jâai prĂ©parĂ© ton petit-dĂ©jeuner.
â Tu veux me rendre dĂ©pendante, câest ça ? dit Nora en lâenlaçant.
â Si câest ça, tu es dĂ©jĂ fichue.
Elles rirent, complices, dans la lumiĂšre du matin.
Ce dimanche, aucun contrat, aucune pression.
Juste deux sĆurs, unies par la douleur et la tendresse.
Alors quâelles prenaient leur cafĂ©, le tĂ©lĂ©phone vibra.
Un appel du docteur Meunier, lâophtalmologue dâĂlina.
Nora décrocha, intriguée.
â AllĂŽ, docteur ?
â Bonjour, mademoiselle Morel. Jâai une bonne nouvelle. Nous avons enfin trouvĂ© un protocole expĂ©rimental qui pourrait restaurer partiellement la vue de votre sĆur.
Nora sentit son cĆur sâarrĂȘter une seconde.
â Vous⊠vous ĂȘtes sĂ©rieux ?
â Tout Ă fait. Mais il faut agir vite. Le traitement est coĂ»teux, mais les rĂ©sultats sont prometteurs.
Elle remercia dâune voix tremblante, raccrocha, les larmes aux yeux.
Elle voulait hurler de joie, mais se retint.
Pas encore.
Il fallait dâabord trouver lâargent.
â Qui câĂ©tait ? demanda Ălina.
â Rien dâurgent, rĂ©pondit Nora avec un sourire tendre. Juste⊠une bonne nouvelle Ă venir.
Elle but une gorgĂ©e de cafĂ©, observa sa sĆur rire en Ă©talant la confiture sur le pain.
â Dis-moi, lança Ălina en riant, pourquoi les hommes sont-ils si compliquĂ©s ?
â C'est quoi cette question oĂč as tu rencontrer des hommes pour constater ça? tu sors en douce!?
-Eh bien sûre que non que dis tu là je veux juste savoir les gens en parle sur internet au moins je peux entendre.
- Les hommes croient toujours quâils dirigent le jeu, rĂ©pondit Nora.
â Et toi, tu les laisses croire ça ?
â Toujours. Câest la clĂ©. Laisse-les croire quâils mĂšnent⊠pendant que tu gagnes la partie.
Ălina Ă©clata de rire.
â Tu devrais Ă©crire un livre : Psychologie appliquĂ©e du cerveau masculin.
â Oh non, rĂ©pondit Nora, malicieuse. Ce serait trop court.
Elles rirent encore, insouciantes pour quelques heures.
Mais, au fond, Nora savait quâune nouvelle bataille commençait.
Pas pour un contrat cette fois â
mais pour le plus grand combat de sa vie :
redonner la lumiĂšre Ă sa sĆur.