💋 Chapitre 2 — Le prix du pouvoir

1750 Words
Le lendemain, le ciel Ă©tait couvert, et la ville semblait baigner dans un gris presque mĂ©tallique. Nora, Ă©lĂ©gante comme toujours, montait les marches du siĂšge d’une entreprise de construction internationale : Moretti & Co. Un nouveau contrat, un client rĂ©putĂ© imprĂ©visible — et surtout difficile Ă  convaincre. Elle avait passĂ© la nuit Ă  relire le dossier, Ă  anticiper ses objections. Ce matin-lĂ , tout Ă©tait millimĂ©trĂ© : son maquillage, son parfum, la coupe lĂ©gĂšrement ajustĂ©e de sa jupe, la brillance subtile de ses lĂšvres. Rien n’était laissĂ© au hasard. En arrivant Ă  la rĂ©ception, elle glissa son badge, puis salua d’une voix douce : — Bonjour, Nora Morel pour monsieur Moretti. Le rĂ©ceptionniste, rougissant, pianota nerveusement sur son clavier. — Euh
 Oui, madame, il vous attend au dernier Ă©tage. Nora esquissa un sourire. — Parfait. Merci, Paul, c’est bien votre prĂ©nom ? Le jeune homme hocha la tĂȘte, les joues rouges. Elle s’éloigna lentement vers l’ascenseur, consciente de l’effet qu’elle laissait derriĂšre elle. Ce pouvoir, elle le maĂźtrisait Ă  la perfection. Le bureau de Massimo Moretti donnait sur la ville. C’était un homme massif, la cinquantaine, regard perçant, costume impeccable. Le genre de requin qui avalait ses concurrents sans remords. Quand elle entra, il posa ses lunettes et la dĂ©tailla longuement. — Vous ĂȘtes plus impressionnante que dans les rapports, mademoiselle Morel. — Et vous plus direct que ce qu’on m’avait dit, rĂ©pondit-elle en souriant. Il rit fort, le regard lourd. — Ici, je ne tourne pas autour du pot. Installez-vous. Elle s’assit, croisa les jambes avec Ă©lĂ©gance. — Je suis ici pour conclure un partenariat qui pourrait ĂȘtre trĂšs rentable pour vos deux sociĂ©tĂ©s. Vous savez dĂ©jĂ  ce que vous y gagnez, monsieur Moretti : de nouveaux marchĂ©s publics, une image plus souple, et une collaboratrice capable de rendre tout possible. Il arqua un sourcil. — Vous ĂȘtes sĂ»re de pouvoir me convaincre ? Je ne signe pas facilement. Nora pencha la tĂȘte, le regard pĂ©tillant. — Les hommes disent souvent ça
 au dĂ©but. Un silence s’installa. Il la scrutait, intriguĂ©, comme un joueur devant une adversaire inattendue. Elle savait qu’il aimait le dĂ©fi ; c’était Ă©crit sur son visage. Alors elle sortit lentement le dossier, le posa sur son bureau, et effleura du bout des doigts la couverture avant de relever les yeux. — Et si on jouait cartes sur table ? Vous me dites ce qui vous freine, et je vous montre pourquoi vous n’aurez aucune raison de refuser. Il laissa Ă©chapper un petit rire. — Vous ĂȘtes une nĂ©gociatrice ou une magicienne ? — Un peu des deux, murmura-t-elle. — Mademoiselle Morel ne tournons pas autour du pot vous savez exactement ce que je veux comment comptez vous me satisfaire? — Nora dĂ©boutena sa chemise de deux boutons laissant une meilleure vu sur sa poitrine ce qui ravie Moretti, il ne tarda pas Ă  se lever pour s'approcher d'elle il tourna sa chaise pour s'agripper sur les supports et la regarder droit dans les yeux. — Vous pouvez continer avec le 3e bouton dit elle l'air tentente. Il passa ses doigts sur son ventre pour remonter sur sa poitrine et s'empressa de la presser. Nora ne ressenti que du dĂ©goĂ»t c'Ă©tait lĂ  sa limite elle lacha en sourire sans essayer de retirer sa main elle attrapa sa tĂȘte et l'approcha de sa poitrine en lui murmurant Ă  l'oreille vous pouvez avoir plus... son doux parfun le charma il posa une main sur sa cuisse pour remonter doucement jusqu'Ă  son entre jambe mais au moment oĂč il y arrivait Nora tira le dossier et la dĂ©posa sur ses jambe et lui dit en le regardant droit dans les yeux "Voici votre 1er pass pour le niveau 2" Il soupira. — Vous ĂȘtes redoutable, mademoiselle Morel. J’ai l’impression que vous voulez me faire signer un contrat que je n’ai mĂȘme pas encore lu. Elle glissa le stylo vers lui, sans le quitter des yeux. — Alors, signez-le avant de changer d’avis. Il la fixa longuement, puis apposa sa signature d’un geste vif. — VoilĂ . Vous avez gagnĂ©. Nora rangea le dossier, se leva, tendit la main. — Toujours un plaisir de faire affaire avec un homme d’influence. Mais son regard Ă  lui avait changĂ©. Plus lourd, plus insistant. — Attendez, dit-il doucement. Elle s’immobilisa, polie. — Oui ? — Permettez-moi de vous raccompagner. C’est la moindre des choses. Il prit sa veste et la suivit jusqu’au parking privĂ©. Elle hĂ©sita Ă  refuser, mais son sourire reprit le dessus. — Si vous insistez, monsieur Moretti. À peine installĂ©e dans la voiture, Nora sentit quelque chose d’étrange : une tension nouvelle, un silence pesant. Il ne roulait pas vers la sortie de la ville. Elle fronça les sourcils. — Vous prenez un raccourci ? — Disons que j’aimerais fĂȘter ce contrat autrement qu’avec une simple poignĂ©e de main. Son ton avait changĂ©. Moins professionnel. Plus
 glacial. Elle força un rire lĂ©ger. — J’espĂšre au moins qu’il y aura du champagne, alors. — Du vin, rĂ©pondit-il. Chez moi. Elle sentit une vague de panique monter, mais la dissimula sous un calme parfait. Pas de peur. Pas maintenant. Nora savait que dans son monde, le sang-froid Ă©tait la meilleure arme. La villa de Moretti se dressait au bout d’une allĂ©e bordĂ©e d’arbres. Un luxe presque ostentatoire. À l’intĂ©rieur, l’air sentait le cuir et le pouvoir. Il posa sa veste, se servit un verre. — DĂ©tendez-vous, dit-il. Vous avez gagnĂ©. Vous mĂ©ritez de cĂ©lĂ©brer. — Alors faisons ça convenablement, rĂ©pondit-elle d’une voix douce. Elle s’approcha du bar, saisit une bouteille de vin rouge et deux verres. — Vous aimez le vin corsĂ© ? — J’aime ce qui a du caractĂšre, rĂ©pliqua-t-il avec un sourire carnassier. Elle versa le vin, lentement, prenant soin d’occuper son attention. Pendant qu’il parlait, elle glissa discrĂštement une petite dose de somnifĂšre dans son verre. Son cƓur battait vite, mais son visage restait impassible. Ils trinquĂšrent. — À nos affaires, monsieur Moretti. — Et Ă  votre beautĂ©, mademoiselle Morel. Elle but une gorgĂ©e, le regard fixĂ© sur lui. Le temps semblait s’étirer. Le produit mettrait quelques minutes Ă  agir. Mais Moretti Ă©tait massif, et le vin semblait le galvaniser. — Vous savez, Nora, dit-il en s’approchant, peu de femmes m’impressionnent. Vous
 vous ĂȘtes diffĂ©rente. Il avança encore. Elle posa calmement son verre. — Vous devriez peut-ĂȘtre vous asseoir, non ? Vous avez beaucoup bu. — Pas assez, pour vous oublier, rĂ©pondit-il dans un souffle. Son cƓur accĂ©lĂ©ra. Un pas de trop. Elle recula lĂ©gĂšrement, sourit — puis, dans un mouvement rapide, repoussa sa main. — Doucement, monsieur Moretti. Vous ne voudriez pas faire mauvaise impression Ă  votre nouvelle associĂ©e. Il chancela. — Qu’est-ce que
 Ses yeux se voilĂšrent. Le somnifĂšre faisait enfin effet. Il s’écroula lourdement sur le fauteuil. Nora inspira profondĂ©ment. — Merci, mon ange gardien, murmura-t-elle. Elle prit le temps de couvrir le corps endormi d’une couette trouvĂ©e dans la chambre attenante. Un instant, elle resta Ă  le regarder dormir, un mĂ©lange de colĂšre et de soulagement dans le cƓur. — VoilĂ  le vrai visage du pouvoir, souffla-t-elle. Puis elle sortit calmement du salon. Dans le couloir, elle croisa deux gardes. — Monsieur Moretti s’est assoupi, dit-elle avec un sourire complice. Il a beaucoup travaillĂ© aujourd’hui. Laissez-le se reposer. Les hommes hochĂšrent la tĂȘte, un peu confus. Nora passa devant eux, toujours droite, toujours impeccable. Une fois dehors, elle inspira l’air frais et appela un taxi. Sa voiture Ă©tait restĂ©e dans le parking de l’entreprise, mais peu importait. Elle Ă©tait sauf. Quand elle entra chez elle, la lumiĂšre du salon Ă©tait allumĂ©e. Sur le canapĂ©, Élina dormait, recroquevillĂ©e sous une couverture. Nora posa sa mallette, enleva ses talons et Ă©touffa un soupir. — MĂȘme les dĂ©esses ont besoin de toilettes, pensa-t-elle avec un rire silencieux. AprĂšs un passage express par la salle d’eau, elle revint couvrir sa sƓur d’une couverture supplĂ©mentaire, lui caressa doucement les cheveux. — Dors bien, petit ange. Puis elle s’étendit dans son lit, le regard perdu au plafond. « Quelle journĂ©e
 heureusement que mon ange gardien veille toujours. » Et elle s’endormit, enfin, bercĂ©e par la fatigue et la peur retombĂ©e. Le lendemain matin, une douce odeur de pain grillĂ© et de chocolat chaud la tira du sommeil. Nora se leva en pyjama, les cheveux en bataille, un sourire au coin des lĂšvres. — Mmmh, ça sent le bonheur ici ! Élina riait dans la cuisine. — Debout, paresseuse ! J’ai prĂ©parĂ© ton petit-dĂ©jeuner. — Tu veux me rendre dĂ©pendante, c’est ça ? dit Nora en l’enlaçant. — Si c’est ça, tu es dĂ©jĂ  fichue. Elles rirent, complices, dans la lumiĂšre du matin. Ce dimanche, aucun contrat, aucune pression. Juste deux sƓurs, unies par la douleur et la tendresse. Alors qu’elles prenaient leur cafĂ©, le tĂ©lĂ©phone vibra. Un appel du docteur Meunier, l’ophtalmologue d’Élina. Nora dĂ©crocha, intriguĂ©e. — AllĂŽ, docteur ? — Bonjour, mademoiselle Morel. J’ai une bonne nouvelle. Nous avons enfin trouvĂ© un protocole expĂ©rimental qui pourrait restaurer partiellement la vue de votre sƓur. Nora sentit son cƓur s’arrĂȘter une seconde. — Vous
 vous ĂȘtes sĂ©rieux ? — Tout Ă  fait. Mais il faut agir vite. Le traitement est coĂ»teux, mais les rĂ©sultats sont prometteurs. Elle remercia d’une voix tremblante, raccrocha, les larmes aux yeux. Elle voulait hurler de joie, mais se retint. Pas encore. Il fallait d’abord trouver l’argent. — Qui c’était ? demanda Élina. — Rien d’urgent, rĂ©pondit Nora avec un sourire tendre. Juste
 une bonne nouvelle Ă  venir. Elle but une gorgĂ©e de cafĂ©, observa sa sƓur rire en Ă©talant la confiture sur le pain. — Dis-moi, lança Élina en riant, pourquoi les hommes sont-ils si compliquĂ©s ? — C'est quoi cette question oĂč as tu rencontrer des hommes pour constater ça? tu sors en douce!? -Eh bien sĂ»re que non que dis tu lĂ  je veux juste savoir les gens en parle sur internet au moins je peux entendre. - Les hommes croient toujours qu’ils dirigent le jeu, rĂ©pondit Nora. — Et toi, tu les laisses croire ça ? — Toujours. C’est la clĂ©. Laisse-les croire qu’ils mĂšnent
 pendant que tu gagnes la partie. Élina Ă©clata de rire. — Tu devrais Ă©crire un livre : Psychologie appliquĂ©e du cerveau masculin. — Oh non, rĂ©pondit Nora, malicieuse. Ce serait trop court. Elles rirent encore, insouciantes pour quelques heures. Mais, au fond, Nora savait qu’une nouvelle bataille commençait. Pas pour un contrat cette fois — mais pour le plus grand combat de sa vie : redonner la lumiĂšre Ă  sa sƓur.
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