I L’ORPHELIN-2

2638 Words
« Chelsea ! –Jérémie ? –Oui, fais-moi entrer ! –Que veux-tu ? –Il se passe quelque chose de grave. Jérémie perçut quelques rires. –Entre, c’est ouvert. Elle se tenait assise sur son lit, vêtue en chemise de nuit. –Tu ne dors pas poltron ? Le garçonnet s’énerva. Il détestait qu’une fille le traite de poltron. –J’entends des bruits au plafond dans ma chambre, je veux aller voir ce que c’est. Chelsea eut un sourire malicieux. –Et tu veux que je vienne avec toi ? –Oui, et tout de suite ! –Ok. Elle sauta du lit et enfila sa robe de chambre. –Ces bruits, je les ai entendus aussi, ajouta-t-elle, j’espère que ça vaut le coup ! » Elle se passa un coup de peigne dans ses longs cheveux soyeux et brillants. Elle était vraiment jolie et il adorait la regarder. Ils montèrent l’escalier en bois, Jérémie en tête. Il réussit même, malgré sa trouille, à ouvrir la très vieille porte en chêne armée de grosses ferrures noires. Il y eut un long grincement. Comme il hésitait à entrer, Chelsea le poussa, puis entra à son tour et fronça les sourcils. Il faisait froid car le chauffage électrique était coupé la nuit. « Eh bien ?! Il n’y a rien crapaud. –Je te le jure, j’ai entendu du bruit ! –Mais tu es complètement idiot mon pauvre cousin ! –Mais tu m’as dit que toi aussi tu les avais entendus. Un éclair malicieux traversa les jolis yeux de sa cousine. –Je t’ai menti, je suis venue pour ça ! Elle lui sauta au cou et l’embrassa sur la bouche. Jérémie se débattit et il réussit à la repousser. –Tu es folle ?! » Elle allait répondre quand des bruits sourds retentirent derrière eux. Un brouillard froid envahissait la pièce. On aurait cru du givre et les deux enfants claquèrent des dents. Chelsea poussa un cri. Il y avait un piano dans la salle de jeux or celui-ci volait et flottait dans la pièce ! Il tournoya sur lui-même et s’écrasa sur la moquette. Des éclats volèrent partout, il était en miettes, et pourtant il n’était pas tombé de haut, de deux mètres pas plus ! Chelsea poussa Jérémie pour qu’il sorte de la pièce. « Bravo pour ton tour de magie ! –Je n’y suis pour rien, protesta le garçon en claquant la lourde porte. Moi aussi j’ai eu peur. –Menteur ! J’en parlerai à mon père. Quand il saura que tu es un sorcier il te chassera. –Tu me prends pour Harry Potter !? Elle regagna sa chambre et s’assit sur son lit. –Jure-moi que tu n’es pas un sorcier ! –Je le jure ! –Si tu mens tu vas en enfer. À cet instant Jérémie la détestait, mais qu’est-ce qu’elle était jolie… –Le piano que m’a offert maman est foutu ! –De plus ça a fait un boucan terrible et personne n’a été réveillé… Chelsea ricana : –Les vieux c’est à moitié sourd, ne t’inquiète pas. Mais comment vais-je expliquer à papa que mon piano est en miettes ? se lamenta la petite fille. Son regard s’éclaircit soudain d’un air de défi. –Je dirai que c’est toi, c’est toi qui as cassé le piano par jalousie ! –Sale menteuse ! » Il se jeta sur elle. Tous deux roulèrent sur le lit mais sa cousine était la plus forte. Prenant appui sur le mur, elle expulsa son cousin avec ses jambes, ce qui la fit éclater de rire. Fortement vexé, Jérémie se releva quand une rumeur retentit d’en bas. C’était la voix caractéristique de la gouvernante. « Sauve qui peut, voici la passe-boules ! Fiche le camp ! Jérémie hésita puis partit à regret. « Les enfants, vous ne dormez pas ?! –Si si, répondit Chelsea en se glissant sous sa couette. La gouvernante montait l’escalier. Elle était en robe de chambre rose. –J’ai entendu du bruit dans la salle de jeux. –Je n’ai rien entendu mademoiselle, se risqua Chelsea qui venait d’éteindre la lumière in extremis. La gouvernante entra dans la chambre de Jérémie. Apparemment, il dormait. C’était bizarre. Elle revint alors vers Chelsea. –Dormez Chelsea, il est très tard. La gouvernante étouffa un bâillement et fit le tour de la chambre : –Vous me cachez quelque chose. –Oh non mademoiselle, répondit Chelsea le visage presque enfoui sous la couette. –Si ! Vous étiez dans la salle de jeux et quelque chose de lourd est tombé. Chelsea inclina ses longs cils. Que répondre à ça ? La gouvernante alla sortir Jérémie du lit. –Je sais que vous ne dormez pas, vous avez cassé un objet là-haut !? –Non mademoiselle, mentit ouvertement Jérémie en se frottant les yeux, il n’y a rien de cassé là-haut. La gouvernante observait le garçon d’un air soupçonneux. –Votre nez s’allonge comme celui de Pinocchio jeune homme ! À cet instant Chelsea trépigna. –Si, il a cassé mon piano quart de queue ! Il l’a cassé par jalousie par un tour de magie car c’est un sorcier ! Là-dessus elle éclata en sanglots. Aah, elle savait s’y prendre… Jérémie en resta pétrifié. Puis il contre-attaqua : –Sale menteuse ! Elle ment ! La gouvernante intervint. –Il suffit. Je monte voir au grenier ! Si l’un de vous a menti il sera puni. » Sans perdre de temps elle monta l’escalier en bois de chêne ciré. Ils l’entendirent ouvrir la lourde porte et pénétrer dans la salle de jeux. « La passe-boules va trouver mon piano neuf foutu, ricana Chelsea, mon père te chassera car tu n’es qu’un sorcier ! » Jérémie ne répondit pas. La petite peste pourrait bien avoir raison. En ce cas il partirait loin, très loin. Il volerait de l’argent et il prendrait l’avion pour l’Afrique. Oui c’est ça, il partira en Afrique… À ces pensées, sa peur s’envola aussitôt. La gouvernante redescendit au bout de quelques minutes. Son expression était sombre et elle dévisageait Chelsea, l’air en colère. Debout dans un coin Jérémie respirait mieux. Adieu l’Afrique ! « J’ignore à quel jeu vous jouez en accusant votre frère, mais je n’aime pas ça… Jérémie buvait du petit-lait ! –Comment est le piano ? bredouilla Chelsea. –Il est intact. Oui, vous m’avez menti. Vous serez privée de télé pendant quinze jours ! » La fillette pâlit, sa frimousse se décomposa et elle trembla nerveusement. Elle se cacha sous ses deux couettes, rouge de confusion. Quant à Jérémie, partagé entre fou rire et peur intense il se recoucha, anéanti… Toute cette affaire l’avait épuisé. En dehors de l’école Jérémie passait des heures entières enfermé dans sa chambre. Chelsea, privée de télé et d’ordinateur, purgeait sa peine – que son père avait ramené à huit jours – en se rabattant sur sa musique « de fille » qu’elle écoutait à fond la caisse pour l’embêter. Jérémie s’ennuyait ferme mais il préférait se pendre plutôt que de frapper à la porte de Chelsea. Quelle solitude quand même… Une chose énorme le turlupinait. Lui et Chelsea avaient vu et bien vu le piano voler et se fracasser en mille morceaux sur la moquette… Or la « passe-boules » avait clairement affirmé que le piano était intact. Quel était ce mystère ? Depuis huit jours il ne pensait qu’à ça, il fallait l’éclaircir à tout prix. Était-ce un rêve, une hallucination ? Quittant son bureau, il regarda par la fenêtre. Par un temps pareil, aucun de ses copains ne viendrait. Il pleuvait dru et les arbres du parc, bouleaux et saules pleureurs, pliaient sous les rafales de vent. La balançoire avait effectué le tour du portique. Il soufflait une sacrée tempête. La nuit tombait. Il n’était pas descendu goûter aujourd’hui et bientôt Passe-Boules les appellerait pour le bain, le pyjama et le dîner. Il pensa à ses parents, morts dans un naufrage en mer Egée et surtout à sa mère, Clémence, dont il avait hérité les immenses yeux bleu clair. Il rêva encore longtemps. Orphelin : il comprenait la signification de ce mot à présent. Certes, son oncle l’aimait sincèrement mais il n’était pas son père. En fait M. Hollbrook, « maître Hollbrook » comme l’appelaient ses étudiants, n’aimait pas grand-chose dans la vie si ce n’était son métier : il avait obtenu le prix de Rome de peinture, un master à Harvard, et il enseignait l’histoire de l’art à l’université ainsi que dans des écoles et des lycées. Jérémie repensait sans cesse à cette histoire de piano. Si seulement il pouvait retourner dans la salle de jeux mais voilà, la gouvernante avait fermé le grenier à double-tours. Chose curieuse, les bruits avaient cessé. Sur la pointe des pieds il tendit l’oreille derrière la porte de la chambre de sa cousine. Il n’y avait pas de musique ce soir. Il soupira : « Pourquoi me déteste-t-elle ?! Ce n’est pas de ma faute si elle a été punie… » Allongé dans son lit, Jérémie ne dormait pas. Le dîner avait été pesant. Seul son oncle, enthousiaste car annonçant de nouvelles idées de tableaux, avait parlé à en saouler son monde. Cette histoire de piano le hantait toujours. Il aurait payé cher pour voir au grenier le piano intact. Jérémie sentait ses yeux se fermer et son corps s’alourdir. Il avait bien chaud sous la couette, et oubliait le mauvais temps à l’extérieur. À quelques jours d’Halloween, les éléments se déchaînaient. Finalement il s’endormit, il ronflait même. Oui, il ronflait vraiment. Ça alors ! C’était risible, il n’avait jamais ronflé. Il se réveilla en sursaut. Son cœur s’emballa. Ses sens se tendaient à l’extrême. Un frisson glacial le parcourut, le même qu’il avait ressenti dans le grenier il y a quelques jours. Il sentait une présence, comme si un homme dormait à ses côtés… Il percevait, non sans effroi, sa lente respiration. Dans l’obscurité absolue il ne voyait rien. Qui dormait à côté de lui ? Mais dormait-il vraiment ? Tétanisé, il demeura paralysé. Un long moment s’écoula et il essaya à tâtons de « toucher la créature ». Rien, du vide. N’y tenant plus il tourna à nouveau la tête en tentant d’attraper quelque chose. La respiration avait cessé, et il n’y avait rien naturellement. Ouf ! Mais, si « la chose » était cachée dans la chambre ? Allait-elle l’assassiner ? Il n’osait ni allumer la lumière ni bouger ni appeler. La terreur totale. Ciel, il était seulement 1 heure du matin ! C’était affreux. Mais le sommeil arriva malgré tout. Un sommeil qui fut anormal… Jérémie voyait un long tunnel noir s’ouvrir devant lui, puis s’illuminer en son centre. Il distinguait nettement des anges tournoyer à présent… Ils étaient beaux. Des dizaines de soleils éclatants et d’arcs-en-ciel multicolores entraînaient les angelots dans une ronde spectaculaire. Ils riaient en tapant dans leurs mains. Un trône majestueux couleur or et orné de jaspes, de rubis, de diamants, d’émeraudes et de topazes s’approcha de lui. Un vieillard trônait dessus. Son visage creusé de rides semblait apaisé, confiant. Ses cheveux rappelaient la neige des sommets montagneux, sa barbe ressemblait à une chute de glacier et ses yeux à des flammes brûlantes. Il tendit la main vers Jérémie qui, trempé de sueur, tremblait dans son lit. La voix du vieil homme roulait en grondant, comme grondent et roulent les rochers à flanc de montagne. « Viens, petit d’homme… Tu es l’Élu. » Jérémie cria en tombant de son lit. Depuis plusieurs jours, Jérémie avait repris sa vie routinière à l’école. L’histoire du « piano volant » lui semblait lointaine. La punition avait été levée et effectivement le piano qu’il avait vu se fracasser devant lui était bel et bien intact. Mystère et boule de gomme ! En attendant il s’était fait de nouveaux amis. Son meilleur ami s’appelait Étienne, il avait 12 ans comme lui et était débrouillard comme pas deux, inventif, et heureux de vivre. C’était exactement le camarade dont il avait besoin. Sa tignasse, châtain, n’était jamais coiffée et ses vêtements étaient souvent d’aspect douteux, mais cela importait peu à Jérémie et ils devinrent inséparables. Avec Alex, c’était autre chose. Il s’affichait ouvertement comme étant le copain de Chelsea et à ce titre, Jérémie s’en méfiait. Un peu « bouboule », il ne parlait que de foot et de gâteaux. Un mec nul. Jérémie n’avait jamais parlé à Étienne de ses cauchemars, bien qu’il y pensait toujours. Qui était ce vieux fou ? Que voulait-il entendre par « tu es l’élu » ? Devenait-il fou lui aussi ? Une nuit, alors qu’il dormait profondément, un « truc » le réveilla en sursaut et il se dressa dans son lit. La lassitude commençait sérieusement à lui peser, il en avait marre ! Il devait pourtant se lever. Oui, il ressentait en lui l’impérative obligation de se rendre à la salle de jeux. Une force le poussait dans ce sens. Le problème c’est qu’il était minuit et à cette heure-ci le grenier était fermé à clé. Il enfila sa robe de chambre et s’empara de sa lampe de poche. Pas question de jouer à Indiana Jones ou à Harry Potter avec des bougies. Cette fois-ci, Chelsea dormait vraiment, il l’entendait respirer calmement. Veinarde, elle n’avait donc rien entendu. Le vieil escalier en bois craquait malgré le poids léger de Jérémie. Mince, la porte était ouverte, ça alors ! Il éclaira l’intérieur de la pièce. Plusieurs cartons remplis de BD gisaient empilés dans un coin. C’était le désordre habituel. On y trouvait la vieille mappemonde, les longues-vues, les cartes et les livres de pirates. Le piano était à sa place, à côté du baby-foot. Un coffre attira l’attention de Jérémie. Il lui semblait ne l’avoir jamais vu. Il l’ouvrit. Surprise ! À l’intérieur reposait sur un coussinet rouge brodé de fil d’or une imposante boule de cristal opaque, couleur bleu nuit. Elle était superbe. Ses yeux s’agrandirent comme des soucoupes. La boule paraissait prendre vie. Elle s’illumina d’une clarté semblable à celle du soleil. Jérémie, ébloui, poussa une exclamation et tomba sur le dos. Mais voici qu’une sorte de flash en jaillit… « Oh non, se lamenta l’enfant, pas lui ! L’homme barbu ! C’était le vieillard à barbe blanche ! Il commença à tournoyer autour du garçonnet, riant et clignant de l’œil. –Ah ah ah ! Je savais que je te retrouverais petit garçon ! –Allez-vous-en, cria Jérémie. Vous ne me faites pas peur ! –Ah ? Je ne te fais pas peur ?! Sache enfant que désormais on ne se quittera plus. Jérémie éteignit sa lampe. –Que me voulez-vous ?! –Je souhaite me mesurer à toi. » Le spectre de l’homme tournoyait autour du garçonnet, le frôlant, se faufilant entre ses jambes, traversant sa robe de chambre, l’entourant comme une ceinture… Jérémie tapait avec ses poings en vain. Le spectre riait, riait ! « Tu te fiches de moi vieux machin !? –Insolence et courage vont bien ensemble et apprends ceci : je ne suis pas un spectre mais un ange chérubin… –Je m’en fiche ! Va-t’en ! –Tu oses me tutoyer ? Magnifique… Nous ferons de grandes choses ! » L’ange chérubin souleva Jérémie du sol et le fit tournoyer, sautiller sur la tête, puis chevaucher le piano, couché sur le ventre et les jambes écartelées. Il perdit sa robe de chambre et se retrouva en pyjama. Il s’agrippait au clavier de l’instrument qui effectuait… Des loopings ! L’enfant fut désarçonné et partit en roulé-boulé sur la moquette où il percuta une pile de vieux cartons remplis de tissus, de livres, de vaisselle et autres poupées Barbie. Il se releva aussitôt, couvert de poussière mais le cœur rempli d’un ardent désir. Debout, solide sur ses jambes, il lança un ultime défi : « Eh bien ! battons-nous ! Bats-toi chérubin ! Bats-toi, viens ! –Ô enfant merveilleux, petit garçon de sucre et de miel, je savais que je pourrais compter sur toi. Un choc terrible le catapulta sur le dos. Un peu groggy, il se releva en hurlant : –Tu as gagné une manche mais tu ne les gagneras pas toutes ! » Il s’empara d’une queue de billard et frappa à chaque fois que l’ange se matérialisait à ses côtés. La plupart du temps, Jérémie brassait de l’air. C’était un combat trop inégal, perdu d’avance, mais l’ange testait la détermination du garçonnet. Celui-ci d’ailleurs lui décocha quelques coups très forts. L’ange comprit qu’il avait face à lui un rude adversaire. La lutte serait sans merci. « Souviens-toi bien de ceci, avertit l’ange, il te faudra vaincre… 42 + 42 + 42 font combien ? –126, vieil imbécile ! Le chérubin ne releva pas l’insulte car il connaissait l’insolence naturelle chez les enfants, il répéta d’autres nombres : –1 x 2 x 6 ? –12 ! criait Jérémie tout en combattant, se surprenant lui-même sur ses facultés en calcul mental. –12 x 3 ? poursuivit l’ange. –36 ! répondit l’enfant, je me fiche de tes chiffres, je n’y comprends rien ! –Tu comprendras bientôt », répondit l’ange. Du même coup il assomma Jérémie qui s’écroula sur la moquette. Quand il se réveilla, il se frotta le crâne et, s’emparant de son « bâton », exécuta des moulinets au-dessus de sa tête. « Tu m’as mis KO vieux machin, mais tu ne perds rien pour attendre ! –De ma vie entière je n’ai jamais connu un garçon aussi valeureux… 3 x 3 ? –9 ! –x 3 ? –27 vieux débris ! –27, 27, 27 ! jura l’ange. 27, 27, 27 ! Le nombre que tout humain se doit de ne jamais oublier… –Je m’en fiche », hurla Jérémie tout en repoussant les assauts du chérubin. Jérémie se battit toute la nuit, démontrant un courage hors du commun. Aux premières lueurs de l’aube, qui colorièrent d’un beau rose-orangé les carreaux du chien-assis, Jérémie s’effondra de fatigue. Le dos et la tête appuyés contre un mur, sa queue de billard reposant sur ses cuisses, il ferma les yeux, totalement anéanti certes, mais non vaincu. Fortement ému, l’ange s’agenouilla face à l’enfant endormi. Il n’avait encore jamais eu l’occasion de l’admirer. Son physique était aussi pur que son âme, et quel visage ! Il était d’une telle perfection, d’une grâce presque divine… « Oh enfant merveilleux ! Tu as combattu l’ange chérubin toute la nuit ! Dors à présent et que le sommeil ne te fasse point défaut. Rappelle-toi, 27, 27, 27 ; 42, 42, 42… Grande sera ta mission. Désormais, “Hogmanay” sera ton nom ; Hogmanay, qui veut dire “la fête de celui sur qui on peut compter”. Ce que tu as vécu cette nuit, jamais tu n’en parleras. » Il disparut et dans la même seconde, Jérémie se retrouva dans son lit, dormant paisiblement. Son réveille-matin indiquait toujours minuit…
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