XXI Le crépuscule envahissait le tranquille enclos du béguinage quand Lia, près d’en franchir le seuil, s’arrêta un instant pour contempler la scène toute nouvelle et singulièrement paisible qui l’entourait : les murs vénérables et massifs, le vieux pont, les nénufars sur l’eau presque immobile, la masse un peu lourde de l’église, dont la cloche à ce moment sonnait l’Angelus. Il y avait encore dans le ciel des reflets éblouissants, des nappes d’or s’étendant à l’ouest parmi les nuages d’un violet pourpre. Mais l’ombre envahissait l’enclos, au milieu duquel trois ou quatre béguines se promenaient lentement. Tout, à cette heure surtout, y respirait un calme inexprimable. Chacune des petites maisons semblait un asile de paix, avec ses rideaux de neige légèrement soulevés par la brise ; les

