XXII Ce ne fut qu’à l’aube que Lia ferma les yeux, et cependant la cloche matinale l’éveilla bientôt après. Les oiseaux chantaient dans les vieux arbres ; les béguines, traversant l’enclos, se pressaient vers l’église, et Lia vit passer sa tante, qui, ayant jeté un regard vers la fenêtre, lui adressa en se hâtant un signe d’amitié. La jeune fille s’habilla promptement, but, sans s’asseoir, la tasse de chocolat que Gudule avait préparée pour elle, et se dirigea vers l’église, où les béguines, couvertes de leurs voiles blancs, avaient commencé d’une voix douce à psalmodier l’office sacré. Le soleil matinal entrait à flots dans la nef, étendant sur les dalles de larges b****s irisées, et baignant dans sa lumière toutes ces pieuses femmes, immobiles dans leurs stalles. Lia contemplait ce s

