chapitre 38:

980 Words
Après lui venait le troisième d’entre eux, un jeune homme qui ne s’était jamais marié. Il ne s’agissait de personne d’autre que du brigadier général Abuhaisam. Il était le seul à être venu de Jos, accompagné uniquement de son service de sécurité. Ce sont eux qui avaient réussi à arriver à temps pour l’accueil de leur père ; les autres étaient encore en route. J’espère vraiment que vous retiendrez bien le nom de chacun d’eux, car lorsque l’histoire commencera, cela nous évitera bien des difficultés. Dans le grand salon principal, tout le monde était réuni. C’était d’ailleurs l’endroit le plus approprié vu sa grandeur et son élégance. Deux ensembles de canapés royaux y étaient disposés côte à côte. Hajiya Azeema était assise sur un fauteuil deux places. Elle portait une luxueuse robe boubou en dentelle française, de couleur gris cendré, d’une élégance remarquable. Elle avait noué son foulard à la manière dite ture gaka tsiya, mais contrairement à ce style, elle n’était pas chauve : elle avait une chevelure abondante et soyeuse, attachée avec un ruban et retombant le long de son dos. À ses doigts, elle portait trois bagues en diamant à chaque main, chacune valant 1,5 million. Le collier fin autour de son cou et ses boucles d’oreilles étaient estimés à environ 200 millions. La montre en diamant à son poignet, un modèle Graff Diamonds, n’avait même pas besoin de prix annoncé : ce sont des milliards qui parlent à sa place. Elle ne se gênait jamais pour dépenser de l’argent pour elle-même, comme si l’argent tombait du ciel ou poussait sur les arbres. Même ses chaussures coûtaient de quoi faire vivre un pauvre pendant longtemps… moi y compris. Aunty Babba, quant à elle, portait une robe tout aussi élégante. Une tenue d’inspiration arabe à col rond, de couleur jaune, qui faisait ressortir son teint clair, la rendant semblable à une hourie. Elle portait des talons hauts très coûteux, assortis à sa robe. Son voile était délicatement enroulé autour de son cou et retombait sur son épaule, sans toutefois cacher sa longue chevelure. Elle était assise sur un canapé trois places, aux côtés de son mari Ishaq, vêtu de riches habits traditionnels haoussa. Hafsa était assise seule sur un fauteuil une place. Elle portait une robe kimono légère, longue, de couleur marron, serrée sous la poitrine. Elle n’avait rien sur la tête, laissant apparaître ses grosses tresses soigneusement coiffées qui descendaient jusqu’au bas de son dos. Son visage était maquillé légèrement. Depuis leur arrivée, tout le monde discutait avec tout le monde, sauf elle. Car elle était très arrogante, hautaine, impolie, insolente, provocatrice et effrontée comme une enfant mal élevée. Elle tenait un iPhone 13 Pro en main, qu’elle ne cessait de manipuler. Amani était assise à côté de son mari, partageant le même siège. Abuhaisam était assis en ligne avec le colonel Yusif et le capitaine Najeeb sur un canapé trois places. Talal occupait le siège suivant. Les discussions allaient bon train, chacun partageant les nouvelles. Les salutations se multipliaient, et la maison était désormais pleine de vie. Certains étaient absorbés par leur téléphone, tandis que d’autres participaient activement aux conversations. Puis Khaled et les autres firent leur entrée, tous vêtus de shadda Gezna somptueuses, de la même couleur bleu ciel, avec chemise et pantalon assortis. La tenue leur allait à merveille, mettant en valeur leur teint chocolat. Les embrassades commencèrent aussitôt, chacun affichant joie et bonheur. Tout le monde était présent… sauf une seule personne : Junaid. Tout le monde brûlait d’envie de le voir. À chaque discussion, son nom revenait : « Où est Junaid ? Il n’est pas encore là ? » Azmi entra alors avec Chef Ummu, portant des plateaux remplis de boissons servies dans de tasses élégantes. Elles commencèrent à les distribuer une à une. Chacun prit sa boisson et but. Hajiya Azeema dit : « J’espère qu’on a bien prévu de quoi nous restaurer, car je n’ai même pas pris le temps de prendre le petit-déjeuner avant de prendre la route. » Elle parlait en prenant une tasse que Azmi lui tendait. Avec un sourire, Azmi répondit : « Tout est prêt, nous avons préparé plusieurs plats. Il ne vous reste qu’à choisir. » Général Abbas regarda sa femme à côté de lui et dit : « Qu’est-ce que je t’avais dit ? Depuis la maison, je disais que je ne mangerais rien ailleurs. Je suis venu ici uniquement pour profiter de la cuisine d’Azmi. Je n’ai jamais oublié ce riz parfumé qui rend fou tellement il est délicieux. » Tout le monde éclata de rire, surtout Azmi, ravie des compliments sur sa cuisine. Aunty Babba ajouta : « Moi aussi, je suis toujours impatiente de goûter à la cuisine d’Azmi. » D’une voix douce et enjôleuse, Amani dit : « Aunty Azmi, je viendrai chez toi pour que tu m’apprennes, s’il te plaît, comment préparer ce riz épicé. Mon bébé l’adore vraiment. » La façon charmante dont elle parlait fit rire l’assemblée. Aunty Azeema lança : « Mais Amani, tu n’as vraiment aucune gêne ! Regarde ton mari, tu le mets mal à l’aise. Devant ses petits frères, tu l’appelles “bébé” malgré son âge. » Amani baissa la tête en souriant. Abbas, lui, baissa aussi la tête, les yeux fixés sur l’écran de son téléphone. Le colonel Yusif se contentait de sourire. Azmi et Chef Ummu, ayant terminé de servir les boissons, retournèrent à la cuisine pour préparer le repas qui serait servi dans la salle à manger. — Est-ce vrai que le grand frère va revenir demain ? demanda le capitaine Najeeb. À l’instant où son nom fut prononcé, Hafsa s’étouffa avec la gorgée de boisson qu’elle buvait et se mit à tousser… Non pas pour rien, mais simplement parce qu’elle venait d’entendre son nom, celui dont elle avait déjà goûté à l’amertume brûlante de la colère…
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