chapitre 40:

763 Words
C’est ainsi que tout arriva. À l’arrivée d’Abba (U.S), une jeune femme éblouissante, d’une beauté rare, posa les yeux sur lui… et en une fraction de seconde, elle sut qu’il était l’unique homme que son cœur accepterait désormais. Pour elle, plus aucun autre n’existait au monde. Cette Américaine s’appelait Alexandra. Elle était la fille du Commander in Chief des forces armées. Femme au caractère trempé, farouchement indépendante, elle avait bâti toute sa vie sur une conviction : aucun homme ne devait jamais lui être supérieur. Quand on lui parlait de mariage, elle riait et répondait qu’elle se sentait plus homme que femme, et qu’elle n’était pas faite pour vivre sous l’autorité de qui que ce soit. Quant aux enfants, elle rejetait catégoriquement l’idée, affirmant que son chien Tony — un énorme molosse qu’elle élevait depuis qu’il était chiot — lui suffisait amplement. Abba fut le premier homme à briser ce serment. Dès le premier regard, elle tomba amoureuse. Un amour fulgurant. Inévitable. Love at first sight. Très vite, Alexandra sut qu’elle voulait l’épouser. Ses parents tentèrent de s’y opposer, mais dans leur pays, toute personne ayant dépassé dix-huit ans est libre de ses choix. Forcer un enfant majeur pouvait même mener à des poursuites judiciaires. Ils durent donc céder. Alexandra épousa Abba sans même connaître sa famille. Quant à lui, aveuglé par l’amour, il ne voyait plus que cette femme. Après tout, ils savaient tous deux user de charme, de douceur et de séduction. Ils vivaient à Los Angeles, en Californie, dans la somptueuse villa personnelle d’Alexandra. Issue d’une grande famille et femme accomplie, elle avait bâti sa propre fortune. Elle était elle-même militaire, détentrice du grade de Major Général. Leur amour était passionné, intense, presque légendaire — comme Roméo et Juliette. Pendant ce temps, au Nigeria, l’étonnement était total. Tous les soldats envoyés aux États-Unis étaient revenus… sauf Abba. Et Maryam, enceinte de quelques mois, vivait dans une angoisse permanente, le cœur serré par l’inquiétude pour son mari. Lorsqu’Abba annonça enfin son retour au pays, il dut longuement lutter avant qu’Alexandra n’accepte de l’accompagner, même pour un court séjour. Et là… le chaos éclata. Voir Abba revenir avec une femme blanche provoqua un véritable scandale. Leur mère fut profondément blessée et en colère, car elle détestait les femmes occidentales, qu’elle considérait comme impudiques et sans retenue. La famille entière s’opposa violemment à Alexandra. Mais contre toute attente, leur père, Salahudeen, donna son accord. Il défendit Abba avec fermeté, interdisant à quiconque d’intervenir dans son mariage. Même l’oncle maternel, Modibbo, fit taire leur mère et lui ordonna de garder le silence. Ainsi, tous durent s’en remettre au destin voulu par Allah. Ils s’installèrent dans la grande villa d’Abba à Abuja. Il attribua une aile entière à Alexandra, et une autre à Maryam et à ses enfants. Chacun vivait dans son espace, sans interférence. Maryam ne ressentait aucune jalousie envers Alexandra. Elle ne désirait qu’une chose : la paix et l’harmonie. Mais Alexandra, elle, éprouvait une jalousie profonde envers Maryam. Non par méchanceté, mais parce que dans sa culture, on ne partage pas un mari. La polygamie lui était étrangère. Un jour, contre toute attente, Alexandra découvrit qu’elle était enceinte. Ce fut pour elle un choc terrible. Elle prenait pourtant des contraceptifs, car elle ne voulait pas d’enfants. Elle envisagea aussitôt d’avorter. Le cœur d’Abba fut bouleversé. Une violente dispute éclata entre eux. Il souffrit énormément. À bout, il alla jusqu’à s’agenouiller devant elle, la suppliant, les larmes aux yeux, de ne pas tuer cet enfant — leur enfant. Finalement, elle accepta… mais sous conditions : – Elle n’allait pas allaiter le bébé. – L’enfant ne naîtrait pas au Nigeria. Elle voulait accoucher aux États-Unis, où elle faisait confiance aux médecins, hantée par la peur de mourir. Peu à peu, Alexandra transforma Abba en exécutant docile. Malgré son rang et son statut, il obéissait à chacun de ses désirs, accomplissant tout ce qu’elle exigeait. Maryam, elle, observait en silence. Son cœur restait pourtant apaisé. Abba continuait à l’aimer profondément, sans jamais la négliger ni la mépriser, contrairement à certains hommes qui, une fois une nouvelle épouse arrivée, traitent l’ancienne comme un produit périmé. Un jour, Abba était assis dans sa chambre lorsque Alexandra entra, exhibant fièrement son ventre arrondi. Dans sa main, une feuille blanche couverte d’un texte écrit en espagnol. Elle la lui tendit avec un stylo et lui demanda de signer. Pressé d’éviter un conflit, Abba ne posa aucune question. Il signa. Sans savoir… Sans se douter… Que cette signature allait changer sa vie à jamais. Alexandra sourit en récupérant la feuille.
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