Réceptionniste : « ah non ! Il vaudrait mieux que vous n’excédiez pas 22h00. La règle de la maison est de ne plus laisser entrer qui que ce soit après cette heure-là, peu importe qu’il s’agisse d’un client ou non »
Lindsay : « mais… nous avons pourtant payé »
Réceptionniste : « vous avez payé, mais l’hôtel dispose d’un règlement. Il n’est pas question que l’hôtel soit pointé du doigt s’il vous arrive quelque chose à l’extérieur. Sachez que si vous restez à plus de 22h00, vous n’entrerez que demain et l’hôtel déclinera toute
responsabilité s’il vous arrive quelque chose »
Kim et Lindsay sont ainsi averties. Mais elles n’ont pas l’intention de se laisser freiner par ce règlement, surtout lorsqu’elles sont en mission très urgente. Elles montent rapidement dans leur chambre et prennent quelques minutes pour se reposer, elles en profitent pour planifier leur sortie de ce soir.
Kim : « c’est à croire que cette ville est devenue très dangereuse. On dirait que tout le monde est sur le qui-vive, c’est bizarre »
Lindsay : « nous n’avons pas le temps de réfléchir à cela, nous sommes venues pour remplir une mission. Nous avons besoin de Cornelius et je compte bien le retrouver, crois-moi »
Kim : « moi aussi »
Lindsay : « dans ce cas, nous allons sortir aux environs de 20h00. Préparons-nous à rentrer demain, j’ai l’impression que la nuit va être longue »
Soudain, le téléphone de Lindsay se met à sonner. Elle le saisit et se rend compte que l’émetteur c’est Casanova, elle s’empresse de décrocher.
Lindsay : « allô Casanova »
Casanova : « vous êtes bien arrivées, j’espère ? »
Lindsay : « le voyage a été un peu long »
Casanova : « ce doit être bon de retourner dans cette ville n’est-il pas ? »
Lindsay : « c’est sûr que c’est un plaisir d’être là. Mais nous ne sommes pas là pour une balade. On doit rencontrer Cornelius »
Casanova : « justement, à propos de cela. Je souhaiterai que vous vous pressiez un peu. Nous venons d’échanger des coups avec des créatures assez étranges »
Lindsay : « comment cela ? »
Casanova : « on dirait des vampires ou un truc dans ce genre-là. Ils sont sacrément rapides, très forts physiquement et très difficiles à battre »
Lindsay : « vous êtes encore vivants pour en parler, c’est plutôt bon signe »
Casanova : « ça sent quelque chose de bizarre à plein nez. Je vous appellerai demain pour savoir où vous en êtes »
Lindsay : « d’accord. Tâchez de ne pas crever avant qu’on ne rentre, ok ? »
Casanova éclate de rire et raccroche brusquement. Yanou trouve sa réaction assez inhabituelle, il s’enquiert donc de la raison de ce rire.
Yanou : « toi, tu es bizarre. D’habitude, tu n’es pas jovial au point de rire de cette
manière. Qu’est-ce qui t’arrive ? »
Casanova : « Lindsay nous demande de ne pas crever avant qu’elle ne rentre »
Yanou : « elle doit vraiment nous prendre pour des mollusques pour dire ce genre de chose »
Casanova : « ou alors elle est inquiète »
Yanou : « mais non, ce n’est pas son genre d’être inquiète »
Casanova : « cette fille est amoureuse de toi et cela saute même aux yeux. Elle n’est pas juste douée pour exprimer ce qu’elle ressent, c’est tout »
Yanou : « ah…lâche-moi avec ça, tu veux ? »
Casanova : « si ça se trouve, vous finirez ensemble »
Yanou : « tu es un vrai abruti quand tu veux. On a croisé le fer avec des mi-hommes, mi je-ne-sais-quoi et toi tu trouves le moyen de rigoler »
Casanova : « détends-toi, Yanou. On aura rarement l’occasion de rire comme ça. Je t’assure que tu as intérêt à en profiter »
Yanou : « en attendant, il faut qu’on trouve ce qui va nous aider à renvoyer ces choses vivantes là d’où elles viennent »
Ursula : « bien parlé »
Casanova (à Ursula) : « tiens… vous êtes là. J’ai cru qu’on vous avait oublié là-bas »
Yanou : « très drôle »
Quelques minutes plus tard, le petit groupe finit par arriver au domicile de Casanova. C’est une grande maison précédée d’une grande cour et d’un portail. Yanou est complètement
surpris par le luxe dégagé par la résidence de son ami. Et que dire d’Ursula et d’Atticus qui restent sans voix. C’est avec une immense fierté que Casanova ouvre son grand portail.
Casanova : « bienvenu chez moi. Faites comme chez vous, mon majordome, Socrate, est à l’intérieur. Il se fera un plaisir de vous recevoir puisque vous êtes mes invités »
Yanou : « la vache !!! »
Ursula : « c’est sûr que vous êtes nantis à la police »
Casanova (sourit) : « à votre place, j’éviterai de croire à ce genre de baliverne »
Ils entrent, traversent la cour et, au moment d’ouvrir la porte d’entrée, Casanova frappe. Quelques secondes plus tard, quelqu’un ouvre. C’est un homme assez robuste, vêtu d’un
costume trois pièces de couleur noire et d’une paire de chaussures de couleur blanche.
Casanova : « bien le bonsoir, Socrate »
Socrate : « bonsoir monsieur. Je vois que vous avez des invités »
Casanova : « Ursula et Atticus sont des personnes à protéger. Je me suis personnellement engagé à protéger leurs vies. Je t’assure qu’ils sont poursuivis par des individus pas très normaux »
Socrate : « bien monsieur. Dans ce cas, je leur montrerai leurs appartements »
Yanou (chuchote à l’oreille de Casanova) : « tu peux me dire comment tu as fait pour te dégoter un appart comme celui-ci ? »
Casanova (à Socrate) : « quant à ce garçon, c’est Yanou. Un inspecteur de police et c’est un ami mais aussi un frère d’armes. Tu peux lui faire confiance »
Socrate : « bien monsieur »
Alors, après cette brève série de présentations, tout le monde entre dans la grande maison et se laisse servir et guider par le majordome Socrate. La journée passe très vite, si bien que la
nuit tombée, même Yanou ne se rend pas compte que le soleil a terminé sa course et laissé place à la lune.
Du côté de Saint-Louis, il est 20h et quelques minutes lorsque Lindsay et sa sœur descendent les marches qui mènent vers la sortie de l’hôtel. Une fois à l’extérieur, elles ont une brève discussion.
Kim : « comment va-t-on sy prendre ? »
Lindsay : « honnêtement, je l’ignore. C’est une grande ville »
Kim : « on ignore même s’il se trouve encore ici. Si ça se trouve, il est parti sans crier gare »
Lindsay : « ne sois pas aussi pessimiste. Il doit être ici. Casanova ne se trompe pas souvent »
Kim : « ah bon ? Tu crois ça ? »
Pendant qu’elles discutaient encore, un grand cri se fait entendre à quelques pas de là. Lindsay et Kim sont immédiatement alertées. Mais la réceptionniste de l’hôtel referme la porte d’entrée.
Kim (à la jeune dame) : « hé ! Mais il n’est pas encore 22h00 »
Réceptionniste : « je le sais, mais vous l’avez entendu comme moi, il y a quelque chose de dangereux pas loin d’ici. Alors, je vous conseille d’entrer, ça vaut mieux »
Lindsay : « non, merci. Refermez bien et n’oubliez pas de verrouiller »
Kim (à Lindsay) : « tu penses qu’on devrait y aller n’est-ce pas ? »
Lindsay : « exactement »
Lindsay et Kim avancent donc d’un pas assuré vers le lieu de provenance du cri. Kim, qui semble pressée, porte soudain sa grande sœur.
Lindsay : « mais, que fais-tu ? »
Kim : « il faut qu’on y aille vite »
Puis, Kim se met à courir si vite que Lindsay, dans ses bras, à l’impression d’être sur le dos d’une fusée. En quelques secondes, elles arrivent dans la zone concernée. Kim repose sa sœur par terre et elles avancent toutes les deux en regardant attentivement les alentours. Elles ne tardent pas à apercevoir la situation originelle du cri. Trois brigands (nous allons les baptiser B1, B2 et B3), sans doute en quête de pitance, viennent d’assassiner un homme sous les yeux
de sa femme, d’où le cri. Mais ils ne comptent pas s’arrêter là, puisqu’ils ont en projet d’abuser sexuellement de la dame avant de mettre fin à ses jours. Ils sont encore en train de la dépouiller
et de lui ôter ses vêtements. Elle a beau se débattre mais face à trois hommes, elle n’est vraiment pas en position de force. Lindsay, indignée par ce qu’elle voit, perd le contrôle d’elle-même.
Elle ramasse une pierre et la lance en direction de l’un des agresseurs. Le projectile atteint l’un des gars à la tête, mais fait bien plus que le heurter. La pierre lui transperce le crâne, le tuant
sur le coup. A la vue cela, Kim regarde sa sœur avec effroi.
Kim pense : (mince ! Quand elle est en colère, elle a une force terrible).
Les deux autres se retournent et regardent brusquement les deux sœurs. B1 est armé d’une machette et B2 d’un révolver. Ils avancent vers les deux filles.
Lindsay : « vous allez regretter d’avoir répandu le malheur ici »
B2 (pointe son arme en direction de Lindsay) : « je crois que je vais tuer celle-ci »
B1 se précipite en courant vers Kim qui l’attend de pied ferme. Pendant ce temps, B2 tient Lindsay en joue, la main prête à presser la détente au moindre éternuement. B1 arrive très vite près de Kim et l’attaque avec sa machette, mais Kim esquive le premier coup, puis le
deuxième et le troisième.
Kim : « tu es trop lent »
B1 : « je vais te montrer, moi, du trop lent »
Après avoir dit cela, il lance brusquement la machette sur la jeune fille. A sa grande surprise, la machette arrive peut-être à une vitesse fulgurante, mais Kim l’attrape avec assez de facilité et regarde B1 avec le sourire aux lèvres.
B1 (surpris) : « comment… ? »
Kim : « je te l’ai dit, tu es trop lent »
Au même moment, B2, qui tient en joue Lindsay, se rend compte que son acolyte est en mauvaise posture et décide donc de l’aider. Tout à coup, il dirige son arme sur Kim et tire. Lindsay a à peine le temps de s’en apercevoir et de crier « Kim », mais le coup est déjà parti.
Sans sourciller, Kim esquive la balle et la frappe même avec la machette. Ensuite, elle se déplace à une vitesse phénoménale et arrive en un clignement d’œil devant B2 qui tire par réflexe sur Kim qui se trouvait déjà à quelques millimètres de lui, donc à bout portant. Lindsay panique, elle a peur pour sa sœur. B2 et Kim se regardent droit dans les yeux. Lentement, Kim s’effondre, Lindsay observe attentivement sa sœur et se prépare à se battre contre B1 et B2. Mais, Kim est en train de sourire, ce qui la rend perplexe. C’est alors qu’elle pose ses yeux sur B2 et se rend compte qu’il est mortellement touché à l’abdomen. Il s’effondre lui aussi, sauf
qu’il expire quelques secondes après. En réalité, voilà ce qui s’est passé ; Kim use de son potentiel de vélocité et arrive en quelques nanosecondes devant B2. Intentionnellement, elle freine à quelques centimètres de lui, de manière à ce qu’il puisse réagir. Et son plan marche,
car B2 réagit presqu’immédiatement et tire droit devant lui, sûr de toucher la jeune femme.
Mais, d’une rapidité extraordinaire, Kim a juste le temps de mettre la machette à l’endroit où la balle est sensée l’atteindre. La balle vient ricocher sur la machette et retourne à l’expéditeur comme un boomerang. C’est ainsi que Kim vient à bout de B2.