Kim : « qui ça ? »
Cornelius éclate à nouveau de rire, mais ne dit plus un mot. Les portes du train se
referment et le véhicule plein de passagers commence à s’éloigner de la gare.
Après une demi-heure de route, Casanova reçoit un appel. Il décroche son téléphone
tout en continuant de conduire. Mais Yanou s’empresse de le sensibiliser par rapport aux règles
de conduite à adopter en voiture.
Casanova (à Yanou) : « c’est Ping »
Yanou : « tu ferais mieux de garer avant de décrocher cet appel »
Casanova arrête la voiture, puis décroche l’appel téléphonique.
Casanova : « hé ! Ping »
Ping : « bonjour Casanova »
Casanova : « je ne m’attendais pas à ce que tu appelles aussi tôt »
Ping : « oh…excusez-moi, si je dérange, je peux vous rappeler plus tard »
Casanova : « mais non, tu ne me déranges pas »
Ping : « d’accord. Je voudrai vous parler »
Casanova : « très bien, je t’écoute »
Ping : « je voulais vous dire que je pensais que cette page était tournée, mais il semblerait
que vous revoir m’a rappelé que les choses sont loin d’être aussi simples »
Casanova : « si tu veux mon avis, elles ne le sont jamais assez pour nous permettre d’être
tranquilles »
Ping (sourit) : « je serai ravi de rencontrer les autres. Serait-il possible que je puisse vous
rejoindre après ma journée de travail ? »
Casanova : « bien entendu, je peux t’envoyer l’adresse. Tu y trouveras Yanou et
Lindsay »
Ping : « d’accord »
Casanova : « bien »
Casanova raccroche et redémarre la voiture. Le groupe se met de nouveau en route pour
leur destination. Lindsay comprend vite que Ping a accepté de se joindre à eux et s’en réjouis
déjà.
Lindsay (jubile dans la voiture) : « Ping a accepté. Je suis trop impatiente de le revoir »
Casanova : « en voilà une qui ne cache pas ses sentiments »
Yanou : « c’est plutôt une bonne nouvelle »
Lindsay (à Yanou) : « toi, tu ne vas pas me casser le moral. Je m’attendais à ce que tu
sois plus heureux que cela »
Yanou : « je ne vois pas ce que tu attends de moi, à part le fait de trouver que c’est une
bonne nouvelle »
Lindsay : « rabat-joie »
Une heure plus tard, le domaine privé de Casanova reçoit des visiteurs, en l’occurrence
Pierre. Il prend le temps de regarder autour de lui. Puis, il se rend compte qu’il n’y a plus
personne. Cependant, il n’est pas le seul à être venu. Lorsqu’il se rapproche de la porte, il
constate qu’elle a été forcée et il aperçoit des marques de griffes. Il ne met pas de temps à
comprendre quel genre d’individu a pu faire cela. Il disparaît soudain.
De leur côté, Casanova et les autres sont déjà arrivés à destination. Il s’agit d’une maison
situé dans un terrain désert. Une fois à l’intérieur de la demeure, Ursula et Atticus déballent
leurs affaires dans une pièce tandis que Yanou et Casanova se rendent à l’extérieur pour établir
un périmètre de contrôle. Quant à Lindsay, elle reste à l’intérieur pour faire le tour du
propriétaire.
Casanova : « il faut qu’on soit préparés à recevoir n’importe qui à n’importe quel
moment pour éviter d’avoir de mauvaises surprises »
Yanou : « je suis du même avis que toi »
Casanova : « dans ce cas, on peut construire des pièges »
Yanou : « d’accord, j’adhère à cette idée »
Les deux hommes se mettent alors au travail.
Pendant ce temps, de l’autre côté de la ville, Pierre s’est empressé d’actualiser les
informations chez Eugène. Au lieu de se mettre en colère, celui-ci se met à rire.
Eugène : « très bien. Cela m’intéresse beaucoup »
Pierre : « mais nous les avons perdus, Eugène »
Eugène : « pas pour longtemps. Ils ont besoin de se sentir en sécurité pour mettre au
point la nouvelle amélioration du COVID. C’est celle-là qui va nous permettre d’atteindre nos
objectifs. Mon plan a marché comme sur des roulettes »
Pierre : « quoi ? De quoi est-ce que tu parles, Eugène ? »
Eugène : « j’ai dû faire croire à ce flic, Casanova est son nom, que j’allais le tuer.
Résultat, il a décidé de faire quelque chose pour mettre ses protégés en sûreté. Peut-être que là,
ils vont terminer de mettre sur pied la nouvelle substance COVID. Et là, nous interviendrons
pour mettre en place notre plan »
Pierre : « tu es machiavélique, mec »
Eugène : « nous ne sommes pas ici pour nous amuser. Nous sommes en mission, ne
l’oublie pas, Pierre »
Pierre : « je ne l’oublierai pas, Eugène »
L’après-midi arrive, Ursula et Lindsay ont préparé le déjeuner. Casanova, Atticus,
Yanou et les deux femmes sont en train de manger. C’est alors qu’une sonnerie se fait entendre.
Il ne s’agit pas d’un appel cette fois, mais d’une alarme. C’est le bipeur d’Ursula qui résonne
ainsi. Elle le retire de sa poche et l’arrête. A la grande surprise générale, elle se lève et laisse
son assiette sur la table. Atticus est le premier à lui poser la question de savoir ce qui se passe.
Atticus : « quelque chose ne va pas ? »
Ursula : « je dois y aller »
Casanova : « où allez-vous ? »
Ursula : « j’ai un patient que je suis personnellement. C’est aujourd’hui que je devrais
lui administrer le traitement qui va lui permettre de tenir encore quelques mois. Il est à l’hôpital
régional, je ne peux pas le laisser ainsi »
Atticus (se lève et la retient) : « attendez »
Casanova : « merci beaucoup, Atticus »
Atticus : « pourquoi ne pas essayer sur lui la nouvelle substance ? »
Casanova : « quoi ? »
Ursula : « la nouvelle amélioration ? Tu crois que ce sera possible ? »
Atticus : « j’avais déjà préparé une fiole au cas où… vous pouvez l’introduire
immédiatement dans une seringue. De quoi souffre-t-il au fait ? »
Ursula : « d’une leucémie au stade chronique, j’essaie juste de le maintenir en vie le plus
longtemps possible. Ses parents lui rendent visite tous les deux jours »
Casanova : « êtes-vous sûre de votre plan ? Cette substance est encore expérimentale et
vous voulez prendre le risque de la tester sur un patient ? »
Lindsay : « vous comptez risquer sa vie ainsi, madame Ill ? »
Ursula : « je suis à 100% convaincue de cette amélioration. Vous pouvez me croire, le
COVID-X est meilleur que le COVID. Il est plus rapide et plus efficace »
Casanova : « quels sont les risques pour que le patient meure ? »
Ursula : « les risques sont nuls »
Casanova : « quoi ? »
Yanou : « vous croyez, madame ? »
Ursula : « je peux vous l’assurer. Il n’y a aucun risque »
Lindsay et Yanou se regardent.
Yanou réfléchit : (si nous acceptons qu’elle se rende à ce rendez-vous avec son patient,
il va falloir la surveiller. Eugène ne sera peut-être pas loin. Sans parler des loups garous. Il
faudra avoir des yeux partout pour que la situation n’échappe pas à notre contrôle. Si seulement
nous étions déjà au complet, mince !)
Casanova (à Yanou) : « tu penses à quelque chose, Yanou ? »
Yanou : « non, rien. Je propose que nous y allions avec elle. Mais, cette maison doit être
gardée, elle aussi »
Casanova : « très bien, dans ce cas… »
Atticus se lève de la table pour rejoindre Ursula, mais il est stoppé dans son élan par
Casanova.
Casanova : « Atticus, vous restez ici »
Atticus : « je veux y aller, je suis libre »
Ursula (à Atticus avec un ton sévère) : « ha ! Atticus, vous allez arrêter de contredire le
commissaire. Il ne fait que veiller sur nous et vous ne lui facilitez pas la tâche. Vous allez rester
ici, est-ce clair ? »
Atticus (vexé) : « mais…bon…c’est d’accord »
Il s’assied de nouveau en silence. Casanova continue d’organiser son équipe.
Casanova : « Yanou, tu y vas avec Lindsay. Je compte sur vous »
Lindsay : « mais…tu ne viens pas, Casanova ? »
Casanova : « non. J’attendrai Ping ici »
Lindsay : « je préfère que tu y ailles, moi je vais attendre Ping »
Casanova : « non »
Lindsay : « écoute, Casanova, il vaut mieux que tu y ailles. J’irai une autre fois. Ne
t’inquiète pas, je veillerai sur la maison »
Ursula (à Lindsay) : « gardez un œil sur Atticus, je vous prie »
Lindsay : « ne vous en faites pas pour lui, madame Ill »
Casanova : « je crois que je n’ai pas de choix. Dans ce cas, allons-y »
C’est ainsi que Casanova, Yanou et Ursula sortent de la maison et montent en voiture.
Atticus regarde la voiture s’éloigner, il est furieux, il aurait bien voulu accompagner Ursula,
mais elle-même n’a pas voulu de lui.
De son côté, Ping a terminé sa journée de travail. Il se rend à l’extérieur du bâtiment
abritant l’institut et saisit son téléphone pour appeler Casanova. Cette fois-ci, ce n’est pas Casanova qui se trouve au volant du véhicule, mais Yanou.
Alors, lorsque le téléphone de Casanova se met à sonner, celui-ci le décroche sans avoir à
stresser.
Casanova : « allô, Ping ? »
Ping : « je me mets en route pour l’adresse que vous m’avez envoyée »
Casanova : « d’accord Ping. Tu trouveras Lindsay à ladite adresse. Elle t’attend avec
impatience. J’ai une petite urgence, mais je serai de retour d’ici peu »
Ping : « d’accord, très bien »
Ping raccroche et commence à marcher. Mais, à un moment donné, alors qu’il entre dans
une rue isolée, il prend l’adresse de la destination donnée par Casanova. Il la lit à travers l’écran
de son portable et récite une incantation. Puis, au fur et à mesure qu’il marche, son corps
disparaît et se transforme en fumée, comme s’il se désintégrait. C’est ainsi que Ping se déplace.
Quelques minutes plus tard, Casanova, Yanou et Ursula arrivent à l’hôpital régional.
Ursula descend du véhicule en vitesse et entre dans le bâtiment. Elle est immédiatement suivie
par Casanova. Yanou décide de rester au volant.
Casanova : « j’y vais »
Yanou : « je reste pour garder un œil aux alentours »
Ursula se précipite dans un ascenseur. L’appareil se referme sous le nez de Casanova
qui n’arrive pas à temps pour rejoindre la chercheuse. Il regarde à quel étage l’ascenseur
s’arrête, le troisième étage. Il emprunte les escaliers juste à côté de l’ascenseur. Ursula sort de
l’ascenseur lorsque ses portes s’ouvrent et marche aussi vite qu’elle le peut jusqu’à ce qu’elle
arrive dans la chambre du patient à soigner. Elle ouvre lentement la porte de la chambre et entre.
Elle trouve le jeune homme, endormi.
De son côté, Yanou descend de voiture pour pouvoir regarder autour de lui. Il surveille
tous ceux qui entrent dans l’enceinte de l’hôpital. Ursula prend quelques secondes pour observer
son patient. Elle prend une bonne dose d’oxygène à travers une inspiration profonde. Puis, elle
retire la fiole de sa sacoche, l’introduit dans une seringue. Ensuite, elle saisit l’intraveineuse
afin d’y insérer le contenu de la seringue. Mais, ce qu’elle était loin de prévoir, c’est que
quelqu’un se trouverait également dans la chambre : un des associés d’Eugène. Ce n’est pas
Pierre, car celui-ci est parfaitement visible. Il porte une grosse cape se terminant par un chapeau,
comme un ancien mage. Autour de son cou, il porte un pendentif en forme d’étoile, mais il ne
s’agit pas de n’importe quelle étoile, c’est un pendentif étoile de David (personnage biblique).
Il est assis sur une chaise dans un coin. Il observait calmement Ursula jusqu’à ce que celle-ci
cherche à insérer le COVID-X dans l’intraveineuse du jeune patient.
??? : « Eugène avait raison décidément, vous êtes ici aujourd’hui »