IV. Première lettre

521 Words
« Je suis allongée sur le lit dans lequel nous dormions hier soir toi et moi. J'essaye de trouver ton odeur entre les draps et les coussins désespérément mais mon propre parfum m'empêche de sentir le tiens. Cette odeur rassurante qui me fait me sentir à l'aise a complètement disparue et mon cœur s'emballe et se sert en même temps quand je me dis que tu n'es plus là près de moi et que je ne te reverrai pas avant longtemps. Les larmes dans mes yeux s'accumulent et pourtant je refuse d'en faire tomber une, je ne sais pas, peut être que c'est parce que je me sens ridicule au fond. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser à toi, à cette nuit où ma tête reposait sur ta poitrine et ma main caressait ton cou pour redescendre jusqu'à ton épaule. A ce moment ci tu dormais encore et la lumière qui passait entre les volets que tu avais mal fermés, venait de me réveiller. Ma jambe sur la tienne, j'avais chaud, mais je ne voulais pas bouger. Mon corps contre le tien, je me sentais bien, même si la position dans laquelle j'étais me faisait mal au dos je refusais de faire tout mouvement par peur que tu t'éloigne de moi. Je me rappelle m'être dit « respire un bon coup et profite de l'instant présent de ce moment précieux. » je savais pertinemment qu'il ne durerait pas éternellement, malheureusement. Je te regardais dormir en levant légèrement mon visage vers le tiens, ton expression était paisible pour une fois et tu ne souriais plus. Tu avais collé ta tête sur la mienne et je crois que je ne m'étais jamais sentie aussi proche de toi jusqu'à ce moment là. Nos deux corps ne faisaient qu'un, collés l'un à l'autre, je refusais de me rendormir pour ne pas oublier cet instant qui était tellement important pour moi. Ton parfum venait chatouiller mes narines, mon cœur était tout léger mais mon corps était lourd, comme si il ne voulait simplement plus bouger. Je suis restée comme ça une bonne heure à me dire que ces moments passés avec toi se faisaient de plus en plus rares. Je me sentais bien, je me sentais en sécurité, je me sentais aimé alors qu'il n'y avait aucun contexte qui représentait ces émotions. Tes yeux vert ont fini par s'ouvrir petit à petit, un léger sourire était apparu au coin de tes lèvres, ton bras était venu entourer ma taille pour me coller encore un peu plus à toi. Tu ne disais rien, je ne disais rien. Mon visage s'était tout doucement niché dans ton cou tandis que ta main passait dans mes cheveux emmêlés et je sentais toujours ton parfum. A l'heure où j'écris ça, tu es loin et mon cœur semble être parti avec toi puisque je ne le sens plus. Je suis toujours à ta place, dans ce même lit où nous avons dormi ensemble tant de fois, je renifle toujours les draps sans cesse pour essayer de retrouver ton odeur qui disparaît petit à petit comme l'image de ton visage. »
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD