Chapitre 5

896 Words
Chapitre 5Longtemps. Ça fait à peu près une éternité qu’une aussi belle et douce femme que Constance n’a pas passé ses mains dans mon boxer comme elle est en train de le faire. Il y a bien eu Monsieur Spenola, mon dermatologue, vendredi dernier. Mais c’était seulement pour vérifier le grain de beauté logé tout en haut de ma fesse droite. Du coup, ça ne compte pas... Nous ne nous laissons pas le temps de penser, de respirer ou même d’admirer nos corps en totale excitation l’un pour l’autre. À quoi bon ? Si je me mets à réfléchir, je vais voir la tronche de Matt à la place des lèvres pulpeuses de ma voisine... Alors, je préfère me concentrer sur les caresses agiles qu’elle entreprend sous le fin tissu de mon vêtement. Il faut dompter la bête avant de pouvoir la monter. Ses mains sont fines, mais d’une incroyable expertise quand il s’agit de faire monter la température. Dans la chambre, il fait au moins trente degrés. Dans mon slip, il en fait dix de plus. Elle s’accroupit face à moi avant de découvrir mon intimité. S’il ne tenait qu’à moi, je l’attraperais immédiatement pour l’allonger sur le lit. Cependant, elle est bouleversée et je suis sa bouée de sauvetage. Elle n’a pas conscience de ce qu’elle est en train de faire, elle agit pour oublier. Rien de plus, rien de moins. Alors, je la laisse seule guide de nos ébats. Sa bouche, aussi délicate que le reste de son corps, entreprend de goûter chaque parcelle de ma virilité. Tout mon être se met à trembler sous les coups d’électricité que me procure sa langue. Je ne peux réprimer les murmures de plaisir qui sortent de ma gorge. Elle-même se met à gémir, mon sexe entre ses lèvres. Je ne tiens plus en place, si bien que je l’agrippe par les épaules pour qu’elle se relève. Ses seins claquent contre mon torse et elle recule lorsque je m’empare de sa bouche encore juteuse de mon plaisir. Mes doigts tracent un chemin habile jusqu’à ses cuisses, ses ongles se plantent dans la chair de mon dos au moment où je pénètre dans son intimité. Ici, c’est cinquante degrés qu’il fait ! On se croirait à Marrakech en plein mois d’août, en plus humide. Constance me pousse avec douceur afin que je tombe sur le lit. Nos sexes se frottent l’un contre l’autre, puis se rejoignent dans un enchaînement à la fois sauvage et respectueux. Elle ferme les yeux comme si elle ne voulait pas me voir ni même entendre que l’homme qui lui fait l’amour n’est pas celui à qui son cœur est dévoué. Elle ferme les yeux pour ne pas avoir de remords. Et je fais pareil. Va-t-elle seulement assumer cet acte une fois que son esprit ne sera plus embué par le chagrin ? Comme moi, elle s’autorise à imaginer une autre personne à ma place. Cependant, au contraire de moi, cette personne l’aime encore, elle aussi. J’ai beau m’inventer des souvenirs d’Alison, l’imaginer se mouvoir à la place de Constance, il n’y a aucune chance qu’elle revienne un jour. Alison est morte. Ça a brisé mon âme. Depuis, plus aucune autre femme n’arrive à l’effacer de ma mémoire. Je vis de cauchemars et d’amertume. — Je ne comprends pas ! déclare ma voisine, maintenant allongée sur le dos. Moi non plus, chérie. Constance lorgne le plafond, tandis que je fixe le mur, situé en face du lit. Alors qu’elle reformule cette question en boucle depuis que nous nous sommes détachés l’un de l’autre, moi, je me demande dans quel merdier je me suis foutu. J’ai tenu des mois sans toucher la moindre parcelle de chair féminine. Certes, j’ai fui les femmes comme la peste, mais ce soir, j’ai craqué beaucoup plus rapidement que je m’en croyais capable. Après Betty, je pensais que ma machine était cassée. Disons qu’avec ma collaboratrice, du point de vue sexuel, c’était assez complexe. Betty est une très jolie fille, cependant, elle est tout aussi abîmée que moi. C’est à celui qui fera le plus de connerie pour essayer de se réparer... — Pourquoi est-ce que c’est toi que Matt a fait venir ? reprend Constance. Un soupir s’échappe de mes lèvres. Je ne devrais pas dire ce que je m’apprête à révéler, pourtant, ce soir, je me moque de foutre en l’air ma couverture. En tout état de cause, j’ai déjà failli à ma mission. Le dossier vert s’est transformé en rouge. Je mériterais d’être mis à pied. But, I am the boss. — Je tiens une agence de séparation. Ma voisine glousse. Au début, elle ne comprend pas. Je crois même qu’elle pense que c’est une blague. Puis, lorsqu’elle se rend compte du sérieux de mes propos, elle se redresse. — Comment ça ? Vous ne supportez plus votre compagnon ? Mais vous n’osez pas le quitter ? SEPARAGENCE s’occupe de tout ! Maudite publicité. — Matt est venu me voir parce que je m’occupe de rompre à la place des gens, je déclare en me levant du lit pour me rhabiller. — Tu veux dire qu’il t’a donné de l’argent pour que tu me délivres le message ? Tu n’as aucun tact aujourd’hui, Corentin Connard. Un nœud amer se forme dans ma gorge. Ne dit-on pas « moins on en dit, mieux on se porte » ? Je crois que ce dicton aurait pu me servir si je ne me sentais pas épuisé au point de lâcher toutes mes pensées à voix haute... — Je... en quelque sorte... Je me gratte la nuque tout en observant le visage de ma voisine s’empourprer. Elle se lève aussi vite que possible, puis se plante à poil devant moi, les poings serrés sur ses hanches. Le point positif, c’est que maintenant, elle me paraît beaucoup plus en colère que bouleversée. Finalement, je n’ai peut-être pas tout à fait échoué la mission dans son intégralité...
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