IIIToutes les ambassades avaient été, plusieurs jours à l’avance, conviées à cette réception de gala. Il est de tradition qu’elles en profitent pour apporter au Souverain les vœux des gouvernements qu’elles représentent. Nous étions donc réunis, ce samedi 9 avril 1904, dès dix heures du matin, dans l’immense salle à trois travées, dite de « Adérache », que Ménélik a fait construire pour communier avec ses chefs et ses soldats dans la largesse des repas dominicaux que l’on nomme « guébeur ». Le jour où cette halle immense a été inaugurée, le Négus réussit à y faire entrer dix mille hommes. Il est facile, en tous cas, d’y asseoir quatre mille convives, autour de ces corbeilles multicolores dont se servent comme de tables cinq ou six soldats accroupis en tailleurs, sur leurs jambes croisées

