IVUne curieuse figure, cet « Aboun Mathéos » qui dans sa personne exotique, incarne ici une tradition vieille de seize cents ans. C’est, en effet, vers l’an 350 du Christ, que l’Abyssinie, nouvellement conquise au Christianisme, emprunta à un couvent alexandrin, son premier évêque. Depuis lors, la succession des évêques égyptiens n’a pas été interrompue sur la chaise patriarcale d’Éthiopie. Celui-ci évoquait pour moi la chère figure d’Alphonse Daudet. Même profil ; même port de barbe, légère et bien distribuée, même reflet d’or pâle sur le visage et sur les mains. L’Aboun Mathéos était coiffé d’une sorte de turban noir, discret, gonflé comme un bourrelet que recouvrait, en chute de mantille, un pan d’étoffe violette. La verdeur décolorée du jonc de Pâques faisait un liseré fin entre cet

