IIJe revins au feu que nous avions allumé, malgré la date printanière, afin de réparer les injures que, sur la route du Zouaï, nous avait imposées la saison des petites pluies. Et je dis à mon compagnon : – Ces contours d’Addis-Ababâ me sont si familiers qu’après leur évanouissement dans la nuit ma pensée les ressuscite jusqu’à les colorer des alternances d’ombre et de lumière dont les baignent, en plein jour, les heures du soleil. Mais, depuis qu’au-delà des apparences actuelles de cette ville, au-delà des mouvements et des gestes de ses habitants, j’entrevois le secret des origines de ce peuple, il me semble que, pour la première fois, les raisons de sa survie me sont révélées. Sous les légères racines de ce grand camp d’Addis-Ababâ j’aperçois les imposantes fondations du Temple. Elles

