Le silence qui suivit la confrontation était lourd, presque insupportable. Les paroles de Martine avaient retenti comme une bombe dans la pièce. Elle avait avoué son amour pour Karma, et pour la première fois, elle avait pris une décision claire : elle ne voulait pas le laisser tomber.
Mais la réalité était implacable.
L’homme en uniforme ne bougea pas. Il garda son fusil pointé vers eux, comme si le moindre mouvement pouvait déclencher une tragédie.
Karma, lui, avait le regard fixe, la mâchoire serrée. Il savait que la situation était critique. Il savait qu’ils étaient encerclés.
Très bien, dit l’homme d’une voix froide. Vous allez tous les deux venir avec nous.
On ne va nulle part, répondit Karma.
Martine le regarda, effrayée.
Karma…
Ne dis rien.
L’homme s’approcha.
Tu es en état d’arrestation, inspectrice Delcourt.
Je ne suis plus inspectrice, répéta Martine.
Vous êtes quand même sous notre responsabilité.
Karma fit un pas vers l’homme, menaçant.
Recule, dit l’homme.
Ne me dis pas ce que je dois faire.
Martine sentit la tension monter. Elle ne voulait pas voir un affrontement, mais elle savait que Karma ne reculerait pas.
Puis, sans prévenir, l’homme fit un geste vers l’un de ses collègues derrière lui. Un autre homme apparut, une arme à la main.
Martine comprit : ils étaient piégés.
Elle posa les mains en l’air.
Arrêtez ! dit-elle.
Tais-toi ! ordonna l’homme.
Karma prit une décision rapide. Il se jeta sur l’homme le plus proche, le désarma, et le plaqua au sol. Le fusil tomba. L’autre homme tira. Un bruit sec.
Martine sentit une douleur à l’épaule. Elle tomba au sol, le sang coulant.
Karma se retourna, le visage figé.
Martine ! cria-t-il.
Il se précipita vers elle, mais l’homme en uniforme le tira par le bras.
C’est fini, Karma.
Karma se débattit.
Non ! dit-il.
Tu vas nous suivre, ordonna l’homme.
Martine se releva avec difficulté, le regard fixé sur Karma. Elle voulait l’aider, mais elle était blessée. Elle voulait l’arrêter, mais son cœur refusait.
Karma fut emmené. Martine sentit son âme se briser.
Elle tenta de le suivre, mais les agents la bloquèrent.
Lâchez-moi ! hurla-t-elle.
Tu es blessée, inspectrice. Nous allons te soigner, dit l’homme.
Martine regarda Karma disparaître. Elle comprit alors que la capture était réelle.
Ils les emmenèrent dans un bâtiment discret, loin des regards. Un endroit où la lumière était faible, où les couloirs semblaient sans fin. Martine était en sang, mais elle ne ressentait plus la douleur. Elle était dans un état de choc.
Karma, lui, était menotté. Il marchait avec dignité, comme si la prison était un simple décor. Mais ses yeux brûlaient. Ses yeux brûlaient de colère, de frustration, et surtout de peur.
Ils arrivèrent dans une salle. Martine fut installée sur une chaise, ses mains attachées. Karma fut placé de l’autre côté de la pièce, également menotté.
L’homme en uniforme entra.
Vous allez être séparés, dit-il.
Pourquoi ? demanda Martine.
Parce que vous êtes dangereux ensemble.
Nous ne sommes pas dangereux, répondit Karma.
Vous êtes dangereux parce que vous êtes ensemble.
Martine le regarda.
Il n’y a rien entre nous, dit-elle.
Ne mens pas, inspectrice.
Karma se mit à rire, mais son rire était amer.
Tu as vu ? dit-il à Martine.
Oui.
L’homme s’approcha.
Karma, vous allez être interrogé.
Interrogé pour quoi ?
Pour tout.
Martine sentit une rage monter. Elle voulait se lever, mais ses mains étaient attachées. Elle voulait crier, mais sa voix était faible.
Puis l’homme sortit, laissant la porte ouverte. Martine regarda Karma.
Ils vont te tuer, murmura-t-elle.
Ils ne peuvent pas, répondit-il.
Tu ne sais pas.
Oui.
Martine le fixa.
Tu as un plan, n’est-ce pas ?
Toujours.
Alors fais-le.
Karma sourit, mais c’était un sourire triste.
Ne t’inquiète pas pour moi, dit-il.
Je m’inquiète pour toi, répondit-elle.
Pendant ce temps, dans le couloir, une silhouette observait la scène. Une femme, en tenue civile, avec un badge discret. Elle semblait calme, presque froide.
Elle s’approcha d’un agent.
Le plan se déroule comme prévu ? demanda-t-elle.
Oui, répondit l’agent.
Parfait.
Elle entra dans la salle, et Martine la reconnut immédiatement.
C’est vous ! s’écria Martine.
La femme sourit.
Inspectrice Delcourt, n’est-ce pas ?
Vous êtes…
Je suis celle qui vous a envoyée sur cette piste, dit-elle.
Pourquoi ?
Parce que Karma est plus important que vous ne le pensez.
Martine se figea.
Comment ça ?
Karma n’est pas seulement un criminel. Il est un témoin.
Un témoin de quoi ?
D’un réseau.
Martine sentit une sueur froide parcourir son dos.
Un réseau ?
Oui. Un réseau qui implique des gens très puissants.
Et vous… vous travaillez pour eux ?
Non. Je travaille contre eux.
Martine la regarda, perplexe.
Alors pourquoi m’avoir trahie ?
Parce que vous étiez trop proche, dit la femme.
De qui ?
De Karma.
Martine serra les dents.
Je ne comprends pas.
Vous comprendrez bientôt.
La femme s’approcha de Karma.
Karma, dit-elle.
Qui êtes-vous ?
Je suis celle qui peut vous aider.
Karma la fixa.
Pourquoi ?
Parce que je veux que ce réseau tombe.
Et moi ?
Vous êtes la clé.
Karma se leva, malgré les menottes.
Je ne vous fais pas confiance.
Vous n’avez pas le choix.
Martine regarda la scène, choquée.
La femme sortit, et quelques minutes plus tard, des bruits se firent entendre dans le couloir. Des agents parlaient, des portes s’ouvraient. Puis, soudain, un bruit sec : une explosion.
La salle trembla. La lumière vacilla. Un nuage de fumée entra.
Karma se retourna vers Martine.
Maintenant, dit-il.
Il se précipita vers la porte, la renversa, et courut dans le couloir. Martine tenta de le suivre, mais un agent la bloqua. Karma se retourna.
Va ! hurla-t-il.
Martine, malgré ses blessures, se dégagea et courut derrière lui. Les couloirs étaient chaotiques, remplis de fumée et de cris. Des agents couraient dans tous les sens. L’explosion avait créé une confusion parfaite.
Karma et Martine coururent, évitant les tirs, les obstacles, les hommes. Ils se retrouvèrent dans une zone extérieure, une cour. Une voiture les attendait.
Karma se précipita vers la voiture. Martine monta à l’arrière, haletante. Karma démarra.
La voiture s’élança dans la nuit, à toute vitesse.
Martine regarda Karma.
C’est toi qui as provoqué l’explosion ? demanda-t-elle.
Non, répondit-il.
Alors qui ?
Celle qui m’a aidé.
Martine comprit alors que la femme était en réalité un agent double. Une personne qui jouait un jeu dangereux.
Nous ne sommes pas en sécurité, dit Martine.
Non.
Ils roulèrent, encore, encore, encore.
Puis, dans un virage, une voiture les suivit. Une voiture noire.
Karma la regarda dans le rétroviseur.
Ils nous ont retrouvés, murmura-t-il.
On va mourir, dit Martine.
Karma se pencha.
Non, répondit-il.
Alors quoi ?
On va retourner la situation.
Il prit un virage brusque, entra dans une ruelle étroite, et freina. La voiture derrière lui ne put pas s’arrêter à temps. Elle percuta un mur.
Karma redémarra, et la voiture noire explosa.
Martine hurla.
Karma !
C’est fini, dit-il.
Martine était sous le choc.
Comment ?
Ils ne s’attendaient pas à ça.
Martine le regarda, ses yeux remplis de peur et d’admiration.
Tu es un génie, dit-elle.
Non, répondit-il.
Quoi alors ?
Je suis juste quelqu’un qui ne veut pas mourir.
Martine se rapprocha de lui.
Et moi ?
Toi… tu es la raison pour laquelle je veux vivre.
Leur fuite continua, mais quelque chose avait changé.
Martine avait compris que Karma n’était pas seulement un criminel. Il était aussi une pièce d’un puzzle beaucoup plus grand.
Et elle avait compris qu’elle n’était plus seulement une inspectrice en fuite.
Elle était maintenant une femme en danger, amoureuse d’un homme qu’elle devait arrêter… ou protéger.