CHAPITRE TROISIÈMERestés seuls dans le bureau du procureur, les deux hommes n’évoquèrent plus l’affaire. En échange des livres de Jules Verne, Stanislas remit au magistrat le chèque convenu ainsi que les volumes de La Pléiade, puis il l’interrogea sur ses projets immédiats: — Vous êtes libre ce midi? J’ai rendez-vous à Bruxelles à seize heures. Je vous invite à déjeuner si vous choisissez le restaurant. En souriant, Lambermont fit mine d’hésiter quelques secondes. — J’accepte, mais ça risque de vous coûter cher. Les deux hommes quittèrent le palais de justice, désert à cette heure, et gagnèrent un restaurant proche où le procureur avait ses habitudes. Il conseilla à Stanislas une daurade royale en croûte de sel qui se révéla somptueuse. Bien que le ton de la conversation fut badin,

